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Non, taper votre code de carte bancaire à l’envers ne vous sauvera pas en cas de braquage

La légende urbaine a la vie dure.

On la reçoit encore régulièrement d’un proche bien intentionné : entrer son code PIN à l’envers au distributeur permettrait de prévenir discrètement la police en cas d’agression. Une astuce séduisante, mais totalement fausse.

Une légende urbaine bien ancrée

On la croisait déjà sur Facebook en 2018, et sur les chaînes de mail envoyées à toute sa liste de contacts. À l’époque, le blog spécialisé de Kaspersky s’était penché sur l’origine de cette croyance, avant de conclure qu’aucun distributeur au monde n’a jamais intégré ce dispositif. En 2026, le message continue de circuler, cette fois par l’intermédiaire des réseaux sociaux.

Comme beaucoup de légendes urbaines et de fake news, l’idée n’est pas sortie de nulle part. Elle repose sur un fait réel, mal compris et déformé au fil des partages. En 1994, l’avocat américain Joseph Zingher dépose une demande de brevet pour un système baptisé PIN d’urgence inversé. Le principe : un client tapant son code à l’envers déclencherait un signal silencieux transmis par la banque directement aux forces de l’ordre, pendant que le distributeur continuerait de délivrer de l’argent normalement pour ne pas éveiller les soupçons de l’agresseur. Sur le papier, l’idée a de quoi séduire. Le brevet est d’ailleurs accordé.

Mais entre une invention brevetée et un système réellement déployé, il y a un monde. Dans les années 2000, des élus américains tentent de pousser une législation qui obligerait les banques à équiper leurs distributeurs de cette fonctionnalité. C’est précisément à cette période que les premiers messages en chaîne commencent à circuler en ligne, décrivant le dispositif comme s’il était déjà opérationnel.

Pourquoi les banques n’y ont jamais cru ?

Le secteur bancaire et les régulateurs américains n’ont, eux, jamais été convaincus. En cause, un coût de déploiement jugé trop élevé, une efficacité impossible à garantir sur le terrain, et surtout un risque bien réel de saturer les standards de police avec de fausses alertes. Le stress en cas de danger, les oublis du quotidien, mais aussi le cas particulier des codes symétriques, comme 1221 ou 2332, achève de démonter la mécanique de la fake news.

Aujourd’hui, plus de trente ans après le dépôt du brevet de Joseph Zingher, aucune banque, nulle part dans le monde, n’a intégré ce système à ses distributeurs. L’inventeur n’a jamais touché le moindre centime sur une idée restée lettre morte, et taper son code à l’envers ne fait rien d’autre que refuser la transaction, comme n’importe quel code erroné.

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