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Test de God of War : Valhalla que c’est bon !

Notre avis
9 / 10
Jeux-Video

Par Mathieu le

On s’en souvient encore. Il y a huit ans, lorsque Kratos en avait terminé de sa quête vengeresse face à son impitoyable père Zeus. Restait alors du sang, des souvenirs douloureux et quelques larmes. La fin d’une époque, d’une histoire et d’une aventure unique, emplie de morts et de rage. Puis, dans un dernier coup d’éclat, le corps de ce Dieu au visage peu commun disparaissait, laissant planer un mystère aussi grand que la mythologie qu’il se faisait un plaisir de conter. Oui, mais voilà, Kratos n’est pas mort, et ses parents, Sony et Santa Monica, ont pour ferme intention de le réveiller une fois encore. Pour un résultat divin ?

Il est de retour

Cinq années de développement. Voilà déjà un chiffre important qui peut dénoter avec les productions réalisées, parfois à la va-vite qui s’enchaînent impitoyablement sur nos consoles. God of War, qui a décidé d’oublier, à juste titre, le chiffre 4, se présente alors à nous avec le but de raviver une flamme qu’on pensait presque éteinte. Son héros de toujours est bien là, âgé, mais arborant encore un teint plus que pâle, des tatouages rouge hémoglobine et une musculature impressionnante. Kratos veut fuir son passé et a quitté la Grèce qui l’a fait devenir un monstre pour tenter de se reconstruire dans des terres nordiques, loin de ceux qui pourraient le reconnaître. Oui, mais voilà, rien ne va se dérouler comme prévu.

Froid comme l’hiver

C’est dans un climat tendu où la peine rencontre la douleur que débute la partie. On y fait la connaissance d’Atreus, le fils de Kratos, qui tente de faire le deuil de sa mère en même temps que de prouver sa valeur à son père. Ils partent alors dans une quête initiatique et spirituelle, forcés par un destin qui les rattrape inéluctablement. Nous ne vous révèlerons rien de plus de l’histoire de cet épisode, qui réserve son lot de très belles surprises. Il faut néanmoins noter tout de suite que l’aventure de God of War est habilement narrée et sublimement mise en scène. Rares sont les jeux vidéo qui offrent un tel scénario, aussi intelligemment écrit et qui fascinent rapidement le joueur. La mythologie nordique, et ses différents Dieux (Odin, Thor ou Baldr, par exemple) est fidèlement représentée avec une écriture et des décors qui devraient enchanter les puristes.

La direction artistique du jeu présente dans ce sens une maîtrise rare, oscillant entre décors enchanteurs et intérieurs plus froids. On voyage avec les yeux remplis d’étoiles, parcourant ces terres souvent hostiles avec une vigueur rare, en s’empressant de découvrir quelle suite le titre nous réserve. Tout a été réalisé avec un soin inouï et on ressent, à chacun des pas de nos héros, la volonté des studios de dépeindre une mythologie et une culture avec une grande sincérité.

Quant à la partie technique, autant le dire tout de suite, il se pourrait bien que God of War soit le jeu le plus beau jamais réalisé, en tout cas le plus abouti sorti à ce jour sur PS4. Les visages des différents protagonistes sont subtilement modélisés et un vrai travail a été réalisé pour rendre leurs émotions aussi pures que possible à l’écran. Les textures sont d’une grande finesse, à la limite du photoréalisme, et on est parfois abasourdi devant la beauté des paysages qui se dressent devant nous. Les équipes de Santa Monica ont réussi le pari de rendre incroyablement beau des lieux habituellement austères et le périple qui attend le joueur, aussi onirique soit-il, gagne en consistance au fil des heures.

Le jeu est beau de la première à la dernière minute

Une autre guerre

Côté gameplay, God of War abandonne son style Beat them all pour prôner une aventure orientée action, bien plus centrée sur les personnages. La caméra ne trompe pas puisqu’elle se positionne derrière Kratos, presque collée à lui, pour immerger encore plus le joueur dans les différents combats qui l’attendent. Ces derniers sont d’ailleurs très intéressants. Si les affrontements nous ont paru plus durs que d’accoutumée, c’est aussi parce que les ennemis sont plus intelligents qu’auparavant, notamment en ce qui concerne leur agressivité. Il est donc primordial de rapidement maîtriser les différentes alternatives d’attaque de Kratos (mains nues, hache, bouclier), mais surtout se servir de l’aide apportée par Atreus. Le jeune garçon est précieux dans bien des situations et il est capital de faire appel à lui et ses flèches autant que cela se peut.

Au fur et à mesure que le joueur avance, il peut ainsi faire appel à son instinct pour changer de type d’attaque et prendre le dessus sur des ennemis qui font parfois 10 fois sa taille. Point intéressant, le côté RPG de cet épisode est encore plus poussé que dans les précédents opus. Ainsi, il faut bien souvent récolter des ressources, dispersées dans des coffres secrets, afin de faire fabriquer des armures ou pour améliorer les armes. A tout cela s’ajoute la présence de runes et de talismans, qui viennent habilement diversifier la façon d’aborder les combats et qui apportent un côté stratégique habile tout comme la possibilité d’augmenter attaque, défense, vie et d’autres caractéristiques de Kratos. Les mécaniques du jeu sont en tout cas très intuitives, mais suffisamment vastes pour offrir une expérience intelligente et dure à totalement maîtriser.

Duo de choc

Comme nous le suggérions dans notre preview du mois dernier, God of War s’inspire beaucoup de The Last of Us dans sa narration et plus particulièrement dans la relation entre Kratos et Atreus. Le duo père/fils fait irrémédiablement penser à Joël et Ellie et rend l’aventure encore plus séduisante. Cet épisode est par ailleurs unique dans le sens où il propose un faux open-world dans lequel il est possible d’aller et revenir avec une histoire principale certes, mais aussi des quêtes secondaires. Si l’on ose parler de faux open-world, c’est surtout parce que la map est assez vaste, mais ne laisse pas autant de liberté au joueur que cela peut-être le cas pour un Assassin’s Creed par exemple. Néanmoins, cette aventure propose une quête de base qui nécessite au moins 25 heures pour être bouclée, ce qui est une belle surprise. À cela s’ajoute plusieurs missions alternatives qui peuvent aider le joueur dans sa mission. En clair, pour finir à 100 % le jeu, comptez près de cinquante heures. Une durée de vie conséquente qui tranche avec ses ainés et qui ne peut que ravir les joueurs en recherche de défis et d’un titre plutôt long.

Des défauts, God of War en a-t-il ? Oui, mais finalement, très peu. Nous chipoterons en évoquant un framerate pas toujours constant sur PS4 Pro (avec le mode 4K), un système de craft un peu étrange, un bestiaire qui manque vraiment de variété et quelques allers-retours redondants. Rien qui n’entache l’expérience globale ou qui ne gâche une aventure extraordinaire et ponctuée par une fin incroyable.

Notre avis

C'est le 20 avril 2018 que la PS4 se dotera d’un de ses meilleurs jeux jamais créés. God of War est la quintessence du plaisir vidéoludique, mélangeant avec une élégance rare tous les aspects qui nous font aimer le jeu vidéo. Contant une histoire subtile et d’une grande intelligence, le titre réussit aussi à nous faire apprécier ses mécaniques et à nous bluffer face à des panoramas d’une beauté sans nom. La dernière guerre de Kratos n’aura jamais été aussi belle.

9 / 10
Les plus
Les moins
  • Divinement beau
  • Durée de vie conséquente
  • Une narration sublime
  • Le duo Kratos/Atreus
  • La mythologie nordique savamment représentée
  • Une prise en main maligne
  • Des combats haletants
  • Une gestion de l'armurerie pas au top
  • Un framerate qui connait quelques baisses, mais très peu dérangeant