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[Test] NieR : Automata – La baston sauce automate [PS4, PC]

Notre avis
8 / 10
Jeux-Video

Par Kocobe le

NieR : Automata est le nouvel épisode d’une série méconnue dont le seul épisode est sorti en 2010. Vous voulez encore plus snob ? Très bien. La série NieR est elle-même un spin off d’une des différentes fins du premier opus d’une autre saga obscure : Drakengard. Alors, autant vous dire que si vous y avez pas été plongé dedans dès le début, ce n’est pas vraiment la peine d’essayer de prendre ce nouveau jeu comme une pièce unique d’un grand puzzle narratif à reconstituer. D’ailleurs, ça tombe bien, ce NieR : Automata peut et devrait être pris comme il est : une chimère unique aux implications scénaristiques très intéressantes.

Confier la licence aux maîtres du beat’em up à la japonaise Platinum Games est la meilleure chose qui pouvait arriver à la licence NieR. Rien de tel pour attirer les adeptes de Bayonetta et de Metal Gear Rising vers un jeu sur lequel ils n’auraient peut-être pas posé les yeux autrement. D’ailleurs pour être tout à fait franc, c’est bien pour cette raison que ce jeu m’intéressait autant à la base : pour son univers frais, ses personnages clinquants et son gameplay qui me rappelait les meilleures heures passées avec la sorcière aux pistolets.

Dans un futur très lointain, vers l’année 10 000 quelque chose, la Terre est dévastée suite à une invasion extraterrestre, à la tête d’un armée de robots. Seuls restent les vestiges de ce qui fut la civilisation humaine : barres d’immeubles, bretelles d’autoroute et autres environnements urbains envahis par la végétation et quelques animaux. Une poignée d’hommes qui ont trouvé refuge sur la Lune tentent de lutter contre la menace mécanique de leur planète d’origine grâce à une armée d’androïdes à leur image. Si certains sont envoyés à la surface pour organiser la résistance, une unité d’élite de combattants, le groupe YoHRa, s’organise depuis une base orbitale et procède régulièrement à des missions et autres raids pour accomplir différents objectifs dans l’espoir de reprendre le contrôle de la planète. Le joueur est invité à suivre un duo d’androïdes issu de cette unité, 2B et 9S, qui passeront le plus clair de leur temps à la surface pour remplir différentes missions dictées par la base.

Roboto ergo sum

Voilà ce qu’on peut révéler du scénario de NieR : Automata sans en dévoiler trop sur les différentes révélations qui seront égrenées tout le long de l’aventure qui dure une vingtaine d’heures. Ce qu’on peut dire en tout cas, c’est qu’un vrai travail a été fait sur le rythme des péripéties. On en apprend régulièrement sur les implications de nos actions et les informations sont savamment distillées pour conserver un intérêt narratif intact à tous les instants. Notre curiosité, déjà bouillonnante devant cet univers baroque et déprimant, est sans cesse titillée par une nouvelle situation, une nouvelle bizarrerie, un truchement dont les implications peuvent remettre en cause tous les fondements de ce qu’on savait déjà du monde dans lequel on évolue.

Le résultat est sans appel, on ne cherche pas à avancer pour faire progresser une barre d’expérience, ou pour un morceau d’équipement puissant que l’on cherche à obtenir, mais bien pour savoir ce qui va arriver à la froide 2B et au candide 9S. Les deux, avec le temps, finissent par développer une relation face à laquelle il est très difficile de rester de marbre. Les deux combattants se quittent rarement, et quand ils sont séparés, c’est uniquement dans des moments où ils essayent désespérément de se retrouver. Du point de vue du joueur, cette intimité compliquée parait comme une bouée de sauvetage pour ces deux combattants perdus dans un monde qui ne semble plus avoir aucune forme de sens. Un monde où on croise des robots aux formes grossières, possédant la psyché d’enfants de 5 ans, qui forniquent ensemble, qui s’inventent des rois imaginaires et qui développent même des cultes qui les poussent au suicide.

Il y a une folie latente dans NieR: Automata à laquelle il est impossible d’échapper. Les humains ne sont plus là depuis des millénaires, mais ces formes de vies mécaniques essayent à tout prix de les imiter, au point qu’il soit dérangeant de les regarder faire. Chaque situation à laquelle sont confrontés 2B et 9S ne sont finalement que de gauches mascarades créant un malaise puissant chez le joueur. Elles posent une multitude de questions fortes comme celle de la nature de la conscience, du libre arbitre, de l’obéissance, de la société et, mises bout à bout, de l’humanité. NieR: Automata a une appétence puissante pour montrer un monde qui évolue sans les hommes et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est diablement efficace.