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PlayStation Classic : notre test de cette console séduisante mais dispensable

Jeux Vidéo

Par Camille Suard le

Pour les fêtes de fin d’année, Sony commercialise une version compacte de sa première PlayStation. Jouant sur la fibre nostalgique, elle embarque un émulateur avec 20 jeux et deux manettes pour une centaine d’euros.

Après la NES Classic Mini, la SNES Classic Mini, la Neo Geo Mini et en attendant la Mega Drive Mini de Sega dont la sortie a été repoussée, c’est au tour de Sony de ressortir une version miniature de celle par qui tout a commencé : la PlayStation. Sortie en 1995 en Europe, elle a marqué l’histoire du jeu vidéo avec l’arrivée du CD-ROM et de la 3D. Sa ludothèque généreuse, variée et pour tous les âges lui a permis de rayonner dans le monde entier. L’aura de la PlayStation a perduré dans le temps grâce à ses successeurs, parfois rétrocompatibles, ses versions différentes comme la petite PS One, et les très nombreuses rééditions de ses jeux cultes sur le PS Store. Du coup, quel est l’intérêt de proposer une PlayStation Classic en 2018 à 100 euros, si ce n’est surfer sur la vague du rétrogaming ? Peut-être que la ludothèque nous réserve quelques surprises. Peut-être que la machine est un véritable bijou. Peut-être que c’est le cadeau à avoir sous le sapin pour cette fin d’année. Réponse dans notre test !

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[nextpage title= »Design « ]Comme à chaque fois, quand j’ouvre un paquet comme celui-ci, ma première réaction est la suivante : « Trop mignonne ! ». La PlayStation Classic est une (presque) parfaite réplique de l’originale, dans un format très compact. Voyez par vous-même, Sony nous a concocté un joli produit avec de belles finitions.

Nous retrouvons sa belle robe grise, les classiques boutons reset, power, open mais également le couvercle abritant le CD de jeu, estampillé des marques Sony et PlayStation ainsi que son logo. L’illusion est totale. Bien évidemment, le couvercle est factice et ne peut accueillir aucun CD, tout comme les deux ports pour cartes mémoires ne sont là que pour faire jolis. En dessous de celles-ci, on note la présence de ports USB pour brancher deux manettes.

À l’arrière, les branchements ont eux aussi évolué : un port HDMI pour lier la machine à votre téléviseur ou moniteur et un autre en micro USB pour la brancher sur secteur. D’ailleurs de ce côté-là, Sony fourni avec la mini Play presque tout qu’il faut pour une installation et mise en tension rapide. Enfin, il manque tout de même un adaptateur secteur, obligatoire, mais que vous devriez avoir chez vous : celui de votre smartphone, par exemple.

Nous trouvons également dans le packaging deux manettes de toute première génération, autrement dit, sans les sticks analogiques. Je n’ai noté aucune différence avec l’originale, même finitions, même poids, mêmes boutons, mêmes gâchettes.

 

Le plastique ça ne vieillit jamais très bien.

Notons enfin qu’à l’intérieur de la bête on retrouve un SoC MediaTek MT8167A quad-core 1.5 Ghz couplé à un GPU PowerVR GE8300, le tout avec 1 Go de RAM et une capacité de 16 Go.

[nextpage title= »Interface et jeux »]Quand on allume la bête, c’est le frisson garanti. Le son d’introduction réussi encore plus de vingt ans plus tard à faire son petit effet. L’interface n’a rien de très sexy et ne présente que trop peu d’options, mais elle a au moins le mérite de nous replonger dans les années 90. On remarque cependant une nouveauté bienvenue : le système de sauvegarde. Chaque jeu propose sa propre carte mémoire virtuelle et peut être quitté à n’importe quel moment de la partie pour sauvegarder ou simplement mettre en pause et changer de titre.

20 jeux, seulement. Pour rappel, la Neo Geo Mini en compte 40 et 48 dans sa version spéciale Christmas, la NES Classic Mini en propose 30 et la SNES Classic Mini 21. Mais bon comme on dit, la qualité avant la quantité. Sur ce point, on ne peut pas dire que Sony ait réussi à nous éblouir. On retrouve certes avec joie quelques cultissimes titres comme Rayman, Resident Evil Director’s Cut, Metal Gear Solid, Final Fantasy VII, GTA et beaucoup de titres jouables à deux comme Tekken 3, Oddworld: L’Odyssée d’Abe, Destruction Derby, Battle Arena… Mais où sont les Tomb Raider, Gran Turismo, Crash Bandicoot, Spyro, MediEvil, Silent Hill, Wipeout ?

 

On a seulement deux jeux en français. Donc bon, avec des titres comme Tekken 3, pas de souci, mais se complique avec Final Fantasy VII, Wild Arms ou même Metal Gear Solid. Ça peut vite refroidir ! Je ne parle même pas du jeune public, qui pourrait justement être une cible potentielle de ce type de produit, désireux de découvrir les jeux qui ont fait l’histoire vidéoludique et occupés des heures durant leurs aînés. Si on a tous joué étant gamin à des jeux sur NES ou SNES en anglais, c’est quand même affolant de voir en 2018 des jeux qu’on avait eus pour la plupart en français, dans la langue de Shakespeare.

[nextpage title= »Expérience »]Avant toute chose, sachez que la PlayStation c’est ma console de prédilection. J’ai été initiée très tôt avec la NES de ma grande soeur, mais celle de Sony est la première machine que j’ai demandée à mes parents. Depuis mes 9 ans, impossible de m’en séparer. Autant dire que j’en attendais beaucoup. Malheureusement, trop de déceptions et d’incompréhensions m’ont gâché un peu l’expérience.

Comme je le mentionnais un peu plus haut, la plupart des jeux sont en anglais et si, personnellement ça ne me gêne pas trop, je comprends que ça puisse rebuter un paquet de joueurs. D’autant plus que ces titres existaient en français dans les années 90 et 2000 ! Mais le pire reste à venir. Il s’agit, pour presque la moitié d’entre eux, de jeux en versions PAL et non NTSC. Ce qui veut dire qu’ils tournent avec une vitesse de rafraîchissement de 50Hz et non 60Hz, soit, au ralenti. Sur nos téléviseurs modernes, ça pique, surtout qu’il faut se coltiner ces bandes noires qu’on aurait aimé ne jamais revoir. Ça ne gênera pas tout le monde, nous Européens on a eu l’habitude de subir de mauvaises conversions à l’époque. Mais on peut pointer du doigt ce choix paresseux, ces versions inférieures, dont on se serait bien passé en 2018.

C’est bien mignon de nous ressortir les toutes premières manettes de la machine, mais si par la suite elles ont été rapidement remplacées par la Dual Analog puis la série des DualShock, ce n’est pas pour rien. Elles avaient l’avantage de proposer deux sticks analogiques qui permettaient de jouer aux jeux 3D dans de meilleures conditions : l’un pour se déplacer dans l’environnement, l’autre pour contrôler la caméra. Si Sony avait fait le choix de ces manettes de seconde génération, on aurait aussi pu avoir un catalogue de jeux plus appétissants et variés.

[nextpage title= »Où l’acheter et Galerie Photos »]La PlayStation Classic est disponible à partir du 3 décembre 2018 au prix de 99,99 euros sur la plupart des boutiques en lignes ainsi que dans les magasins physiques spécialisés. Son tarif se situe en celui des NES et SNES Classic Mini (60 euros) et de la Neo Geo Mini (130 euros).

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Notre avis

Avec la PlayStation Classic, je me suis amusée le temps d’une soirée avec une amie. Mais je crois que j’ai passé plus de temps à rigoler en constatant ses imperfections, qu’à prendre réellement mon pied. À moins de vouloir s’offrir un joli objet, d’être collectionneur ou d’assumer de lui prédire qu’un ou deux allumages histoire de voir un peu, elle ne présente pas un très grand intérêt. La faute à un line-up en demi-teinte et les versions sélectionnées. Personnellement, je possède déjà quelques rééditions de jeux PS1 sur ma PS4 et malgré mes nombreux déménagements, j’ai toujours avec moi ma bonne vieille PlayStation.

Les plus
Les moins
  • Trop mignonne
  • La présence de certains titres qui font plaisir...
  • Deux manettes
  • Un grand bol de nostalgie
  • Un peu chère
  • ... mais de grands absents
  • Seulement deux jeux en français
  • Les versions PAL qui tournent au ralenti