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[Test] The Witcher 3 Switch : la casse sauvage

Notre avis
6 / 10
Jeux-Video

Par killy le

Parmi les RPG les plus réussis de ces dix dernières années, The Witcher 3 a imposé son style. D’une ambition démesurée, il a longtemps été maître dans le domaine du monde ouvert organique et cohérent, sans oublier de proposer une écriture au-dessus de la mêlée. 5 ans plus tard, arrivant sur Switch, il revient comme un amour oublié dont le coeur est intact mais les contours flous.

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Vous l’avez sûrement lu dans ces colonnes il y a maintenant quelques temps, The Witcher 3 : Wild Hunt est l’un des meilleurs RPG sortis ces dernières années, si ce n’est le meilleur. Sentiment vérifié par le biais de ses deux DLC, aventures de taille plus que correctes et tout aussi réussies que le jeu original sans rogner sur le contenu et l’écriture. Sans invoquer à nouveau les qualités de la production de CD Projekt depuis les tréfonds du passé, sachez simplement que sa structure narrative est une merveille de construction et que le jeu sait manier à la perfection les changements de ton pour une collection de moments mémorables. Seul le système de combat pêche par un manque de possibilités et un feeling des coups pas assez travaillé.

Cela mis à part Witcher 3 reste une aventure exaltante, qu’il est difficile de lâcher en cours de route, doté de dernières heures à la fois émouvantes et épiques. Bref c’est de la bonne et c’est donc auréolé de son statut de titre “culte” qu’il débarque sur Switch. Devant tant de contenu disséminé dans un monde ouvert grouillant de vie et d’interactions, tirant vers un certain sens du réalisme, il est difficile de prime abord d’imaginer le pauvre Geralt rentrer avec toute sa clique dans une petite cartouche. Pas de rebondissement, ni de twist farceur, tout cela reste difficile à imaginer même une fois devant le jeu.

Le pire ennemi que vous allez rencontrer en jouant à The Witcher 3 n’est pas la sanguinaire Chasse Sauvage, ni le diabolique Master of Mirrors, mais le dock de la Switch. Autant désamorcer l’attente de suite, le jeu devient une bouillie une fois la console reliée à son support. Plus qu’une foire à l’aliasing, c’est un festival de modèles 3D en basse résolution associé à un flou désagréable – appliqué à l’ensemble pour faire passer la pilule. Si le titre reste plus ou moins stable en terme de fps (images par seconde), sans dépasser les 30 ne rêvons pas, le rendu de l’ensemble est plus que décevant. Surtout dans le cas d’un jeu dont l’une des forces est de proposer un univers aux panoramas saisissants, pétri d’une volonté manifeste de générer une immersion constante.

Ici, il est compliqué de se sentir exister dans un monde aussi mal défini et baveux, où la distance d’affichage se montre des plus faiblarde. Les chose se déroulent un peu mieux en mode portable, où le quota effet d’escalier/scintillement se fait plus discret ainsi que le flou omniprésent en docké. Attention toutefois, le jeu n’est pas “propre” pour autant, et tous les soucis liés à l’irruption de végétation à 20 mètres devant le cheval en pleine course sont encore d’actualité.

D’autant que s’il est vraiment agréable de parcourir le monde de The Witcher 3 au fond de son lit, il est important de signaler que la lisibilité n’est pas toujours optimale, du fait du grand nombre de détails. Se diffuse également ce sentiment étrange d’être engoncé dans un univers qui ne demande qu’à s’étendre, un peu comme si le jeu était parcouru derrière un hublot. Enfin, gourmand comme une goule en temps de guerre, Witcher 3 pompe allègrement la batterie de la console, ce qui limite les sessions extérieures sous peine de déconvenues. Surtout que la construction de l’aventure ne se prête pas vraiment aux courtes sessions.

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Le sort se meurt

Autant d’éléments qui font de cette version Switch l’édition la moins recommandable de The Witcher 3. Oui, pouvoir se permettre de pratiquer des jeux aussi ambitieux n’importe où est une force, mais le confort est important. Dragon’s Dogma, sans être un modèle d’adaptation s’en sort par exemple autrement mieux et conserve son intérêt sur la console de Nintendo, si tant est que ne l’ayez jamais acheté lors des innombrables promotions dont il a fait l’objet. Son avantage, outre un moteur moins avancé et un monde moins ouvert et qu’il ne cherche pas à proposer une épopée. The Witcher 3, une nouvelle fois, table sur ses étendues, se veut un jeu-monde, tout comme le récent Red Dead Redemption 2. Il doit s’étendre pour vivre, faire ressentir son poids. Ce qui n’est que très rarement le cas sur cette version Switch. En l’état, si vous avez une PS4, une Xbox One ou un PC de moins de 6-7 ans correct, il n’y a aucune raison d’acheter cette édition, sauf besoin de libérer la télé du salon ou envie expresse d’y jouer aux toilettes. En revanche si vous ne disposez que d’une Switch, vous vivrez assurément une aventure fantastique, mais dépouillée de certains de ses atours. Un peu comme une version remontée par un studio face à la director’s cut. The Witcher 3 conserve toutefois sa force d’écriture, ses personnages fascinants, sa BO inoubliable et l’une des scènes de romance les plus juste aperçues dans un jeu vidéo. Reste à savoir si vous acceptez ce genre de pacte avec le démon. Si vous avez joué à Heart of Stone vous savez très bien qu’il vaut mieux éviter.

Notre avis

La question est simple, la réponse s’en rapproche. Faut-il acheter The Witcher 3 sur Switch ? Jamais de la vie si vous le possédez ou pouvez le récupérer sur une autre machine, oui si vous n’avez qu’une Switch. En effet, s’il est toujours aussi impressionnant en terme d’écriture et de construction, le jeu de CD Projekt souffre de limites dans son adaptation. Étouffé, perdant beaucoup de sa superbe, il laisse sur le bord du chemin le sentiment de grandeur qu’imposait son univers pour devenir l’ombre de lui-même. Une ombre sacrément importante dans le paysage du jeu vidéo, mais qui fait un peu mal au coeur. Loin ici l’envie de glorifier la 4K et le 60 FPS, simplement, en l’état, le jeu ne rend pas hommage à ses ambitions et à celles de ses concepteurs.

6 / 10
Les plus
Les moins
  • Une aventure toujours aussi riche
  • Certains panoramas qui marchent encore
  • Une qualité d’écriture rare
  • Un monde organique
  • Une bande-son originale et magnifique
  • Tous les apports des derniers DLC
  • Plutôt stable
  • Aliasing très marqué et flou à la pelle en docké
  • Soucis de lisibilité en portable
  • Clipping
  • Gourmand pour la batterie
  • Sentiment d’enfermement en portable
  • Système de combat toujours un peu limité