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Test Tineco Floor One S9 Artist : quand l’aspirateur laveur se prend pour une œuvre d’art

Le marché des aspirateurs laveurs connaît une effervescence remarquable. Entre Dreame, MOVA, Roborock et Rowenta qui multiplient les innovations, Tineco tente de se démarquer avec une approche radicalement différente. Avec son Floor One S9 Artist, le constructeur ne se contente pas de proposer un énième balai hybride — il transforme l’aspirateur laveur en objet de désir esthétique.

Imaginez un appareil qui s’allonge complètement à plat pour glisser sous vos meubles, s’illumine de couleurs dignes d’une aurore boréale, et pulvérise littéralement les saletés avec une puissance d’aspiration de 22 000 Pa. Ajoutez à cela un système d’auto-nettoyage express en 5 minutes avec de l’eau chauffée à 85°C, un mode automatique intelligent et vous commencez à comprendre pourquoi le S9 Artist mérite qu’on s’y attarde. D’autant que son prix a drastiquement baissé depuis son lancement, passant de près de 900€ à environ 600€.

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Face à ses rivaux directs comme le Dreame H15 Pro ou le Rowenta X-Clean 10 vendus dans la même gamme tarifaire, le S9 Artist mise tout sur son design distinctif et son équilibre entre performances et praticité. Sur le papier, cet aspirateur laveur semble cocher toutes les bonnes cases. Mais qu’en est-il dans la réalité quotidienne d’un intérieur avec animaux, taches tenaces et recoins inaccessibles ? Nous avons mis le Floor One S9 Artist à l’épreuve pendant plusieurs semaines pour déterminer s’il tient vraiment ses promesses artistiques.

Tineco Floor One S9 Artist (2)
© JDG

Design et ergonomie

Tineco n’a pas choisi le nom “Artist” par hasard. Dès le déballage, on comprend que ce S9 joue dans une autre cour esthétique. Son architecture longiligne, sa façade plate grise épurée et surtout cette bande LED qui traverse le sommet du châssis – Tineco parle pompeusement de “Cristal IMD” inspiré des aurores boréales – ne laissent pas indifférent.

Ce design tape-à-l’œil n’est heureusement pas qu’une coquetterie marketing. Le S9 Artist intègre une fonctionnalité que beaucoup d’utilisateurs attendaient : la capacité de s’allonger complètement, jusqu’à 180°. Avec une épaisseur de seulement 12,85 cm dans cette position, il glisse sous la plupart des meubles bas – tables basses, commodes, lits – pour nettoyer ces zones habituellement négligées. Un vrai plus dans la vraie vie, même si on aurait apprécié une articulation de la tête de lavage un peu plus souple pour optimiser la maniabilité dans cette configuration. Les jeux de lumières ne sont pas uniquement décoratifs. Ils communiquent intelligemment l’état de l’appareil : bleu pendant l’aspiration normale, rouge lorsqu’une saleté importante est détectée ou qu’une intervention est nécessaire (réservoir vide, collecteur plein), vert en charge. Ces codes couleurs sont doublés par des icônes à l’écran et des annonces vocales, que l’on peut désactiver si on trouve cela envahissant, mais qui s’avèrent précieuses lors des premières utilisations.

Tineco Floor One S9 Artist (1)
© JDG

L’écran couleur est d’une taille confortable et parfaitement lisible. Les commandes se limitent à deux boutons : démarrer/arrêter (le simple fait de relever le manche stoppe également le nettoyage) et sélectionner le mode parmi trois options — Auto, Max et Succion pour absorber les liquides. Une approche minimaliste qui favorise une prise en main instantanée.
Mais parlons du point qui fâche : le poids. Avec près de 6,5 kg réservoir plein, le S9 Artist n’est clairement pas un poids plume. Propriétaire d’une épagneul breton dont la mission quotidienne consiste à recouvrir notre intérieur de poils, nos sessions de nettoyage peuvent se prolonger. Heureusement, Tineco a prévu le système SmoothDrive : des roues motorisées dans les deux sens qui détectent les virages et adaptent automatiquement la vitesse de rotation de chaque roue indépendamment. En pratique, c’est diablement efficace pour longer les pieds de meubles ou négocier les virages serrés malgré une tête de lavage pas franchement souple.

Le réservoir d’eau propre d’un litre trône sur la partie supérieure de la tête de lavage – un choix astucieux qui déporte le poids vers le sol et, selon Tineco, applique davantage de pression pour améliorer l’efficacité du lavage. Le remplissage s’effectue par une ouverture latérale que j’aurais aimée un peu plus large. Seul petit bémol : quelques gouttes s’échappent parfois lorsqu’on déplace l’appareil d’une pièce à l’autre, un défaut qu’on avait déjà constaté sur d’autres modèles à l’architecture similaire.

Tineco Floor One S9 Artist (7)
© JDG

Le S9 Artist se connecte au WiFi sans difficulté. L’application Tineco n’est pas indispensable au quotidien, mais elle permet d’accéder à l’historique des sessions et surtout d’effectuer des réglages fins : ajuster le degré d’assistance des roues motorisées, personnaliser la puissance d’aspiration en mode Max, ou encore activer une légère humidification du rouleau en mode Succion. Si le design du Floor One S9 Artist peut diviser – certains y verront un chef-d’œuvre de modernité, d’autres un gadget clinquant, ses innovations ergonomiques comme la position à plat et les roues motorisées intelligentes constituent de véritables atouts pratiques. Son poids reste le principal frein à une expérience totalement convaincante.

Performances d’aspiration et de lavage

C’est évidemment le nerf de la guerre. Avec sa puissance d’aspiration annoncée de 22 000 Pa, le Tineco S9 Artist se positionne dans le haut du panier des aspirateurs laveurs. Et les promesses sont tenues : l’appareil dévore littéralement les saletés du quotidien. Poussière, cheveux, poils d’animaux, croquettes, litière minérale — tout passe à la trappe avec un enthousiasme déconcertant.

Petit détail pratique : en position allongée à plat, la puissance d’aspiration diminue naturellement, mais reste amplement suffisante pour des résultats satisfaisants. Le mode Auto s’impose comme le choix par défaut : aussi efficace que le mode Max sur les sols copieusement sales, il consomme moins d’énergie et génère moins de bruit. Une équation gagnante.

Mais le système iLoop qui pilote ce mode automatique nous aura laissés perplexes. En théorie, il détecte le niveau de saleté et ajuste automatiquement la puissance d’aspiration ainsi que le débit d’eau pulvérisée. En pratique, ses réactions sont parfois erratiques : il arrive qu’il s’emballe sur des zones visiblement propres tout en ignorant superbement de petits amas de débris bien visibles. Pire encore, lors de nos tests sur des taches de ketchup (fraîches puis séchées), le capteur n’a jamais semblé les détecter, ne modifiant ni la puissance ni l’humidification du rouleau. Ce n’est malheureusement pas la première fois que la technologie iLoop de Tineco nous laisse dubitatif.

Tineco Floor One S9 Artist (3)
© JDG

Le système anti-enchevêtrement DualBlock mérite par contre une standing ovation. Le S9 Artist gère les poils d’animaux avec une élégance déconcertante grâce à ses racleurs à double couche qui capturent et empêchent le blocage de la brosse. Une révélation pour les propriétaires d’animaux.

Côté lavage, les résultats dépendent fortement de l’utilisation ou non du détergent Tineco. Avec de l’eau pure en mode Auto, nous avons certes réussi à éliminer totalement des traces de ketchup séché, mais au prix de très nombreux passages répétés. Avec le mélange eau + détergent (un bouchon pour un réservoir plein, à préparer manuellement – dommage qu’il n’y ait pas de dosage automatique à ce tarif), une dizaine de passages suffisent pour un résultat impeccable. Le carrelage ressort brillant sans être poisseux, et le rouleau assure un nettoyage quasi bord à bord en laissant à peine quelques millimètres le long des plinthes.

Tineco Floor One S9 Artist (6)
© JDG

L’absence de lavage à l’eau chaude constitue une déception à ce niveau de prix. Certains concurrents proposent cette fonctionnalité qui dissout plus efficacement les graisses et résidus tenaces. Ici, Tineco réserve l’eau chaude uniquement à l’auto-nettoyage de la machine, un choix stratégique discutable.

Côté pollution sonore, le S9 Artist se situe dans une honnête moyenne :

  • Mode Auto : 69 dB (équivalent à une conversation normale)
  • Mode Max : 73 dB (comparable à un aspirateur classique)
  • Mode Succion : 73 dB également

La phase de nettoyage automatique est plus bruyante, notamment le séchage express de 5 minutes qui dépasse les 70 dB. Mais c’est le prix à payer pour un système FlashDry ultra-rapide qui assèche parfaitement le rouleau.

Autonomie et entretien

Avec une autonomie annoncée de 50 minutes, le S9 Artist promet sur le papier de couvrir des surfaces confortables. En pratique, nos tests en mode Auto sur un sol relativement propre ont donné environ 38 minutes d’utilisation continue, largement suffisant pour 70 m² avec une maniabilité qui compense cette endurance moyenne. Le réservoir d’eau propre d’un litre et le collecteur de 0,75 L permettent de tenir toute la durée sans interruption, à condition de ne pas aspirer de liquides supplémentaires. En mode Max, l’autonomie chute logiquement à environ 27 minutes, avec deux vidanges d’eau sale nécessaires. La charge complète de la batterie demande près de 4 heures. Un temps conséquent qu’il faut anticiper.

L’entretien constitue le point d’achoppement de nombreux aspirateurs laveurs, et le S9 Artist présente un bilan contrasté. Commençons par le positif : le système d’auto-nettoyage FlashDry est remarquablement efficace. Après chaque session, on pose l’appareil sur sa station, on lance le cycle, et 5 minutes plus tard le rouleau est non seulement propre mais parfaitement sec. L’eau est chauffée par de l’air à 85°C, et le nettoyage concerne toutes les parties de l’appareil : rouleau, tube, filtre sec placé sur le collecteur. La technologie anti-enchevêtrement fonctionne si bien qu’on retrouve très peu de poils enroulés autour de la brosse, et le nettoyage automatique les supprime tous (ou presque, quelques paquets subsistent parfois sur le racloir).

Tineco Floor One S9 Artist (4)
© JDG

Important : pour permettre ce séchage express, le circuit est parfaitement étanche. Il est donc impératif de vider et rincer le collecteur immédiatement après chaque utilisation, sous peine de voir les odeurs se développer à vitesse grand V. Une annonce vocale le rappelle opportunément. Notez également que si la batterie est totalement vide, il faut attendre environ 15 minutes de charge (7% de batterie) avant de pouvoir lancer le cycle d’auto-nettoyage.

Maintenant, le point noir : le collecteur d’eau sale. Si la poignée mobile permet de l’ouvrir facilement sans se salir les mains, c’est en sortant le bloc central que le bât blesse. La grille supposée filtrer les déchets épais laisse ceux-ci stagner sur le large rebord incliné du réservoir. Poussière, cheveux et poils s’y déposent, et il faut les déloger manuellement – pas très ragoûtant. Pire encore, la grille ne filtre pas tout : pas mal de saletés stagnent également dans le fond du bac. Attention donc à ne pas le vider n’importe où pour éviter de boucher votre évier. Une conception qui mériterait clairement d’être repensée.

Tineco Floor One S9 Artist (5)
© JDG

Prix et disponibilité

Le tarif d’environ 600€ (contre près de 900 au lancement) rend le Tineco Floor One S9 Artist beaucoup plus abordable et cohérent avec ses spécifications. Certes, il fait l’impasse sur certaines fonctionnalités premium comme le lavage des sols à l’eau chaude ou le dosage automatique de détergent. Mais il compense avec un auto-nettoyage FlashDry ultra-rapide, une aspiration puissante de 22 000 Pa et un système anti-enchevêtrement qui libère enfin les propriétaires d’animaux de la corvée de démêlage.

Face aux Dreame H15 Pro et Rowenta X-Clean 10, le S9 Artist se distingue par son parti pris esthétique assumé et son équilibre entre performances et praticité. Plus qu’un simple appareil ménager, Tineco a tenté d’en faire un objet de désir – mission partiellement accomplie. Pour les foyers avec animaux cherchant un balai laveur efficace sans prise de tête, le S9 Artist représente un excellent compromis, à condition d’accepter son gabarit et quelques concessions ergonomiques.

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Notre avis

Après plusieurs semaines à manier quotidiennement le Tineco Floor One S9 Artist, le verdict est nuancé. Ce balai laveur hybride tient largement ses promesses esthétiques et ergonomiques : son design distinctif ne laisse pas indifférent, sa capacité à s'allonger à plat révolutionne le nettoyage sous les meubles, et ses roues motorisées compensent intelligemment son poids conséquent. Les défauts sont réels - poids notable, mode automatique iLoop perfectible, collecteur d'eau sale mal conçu, absence de lavage à chaud. Mais ces limitations pèsent peu face à l'efficacité globale du système et à la qualité de nettoyage obtenue, particulièrement avec le détergent.
Note : 8  /  10

Les plus

  • Design distinctif avec éclairages LED communicants
  • Position allongée à 180° pour nettoyer sous les meubles (12,85 cm)
  • Puissance d'aspiration de 22 000 Pa remarquablement efficace
  • Système anti-enchevêtrement DualBlock excellent avec les poils d'animaux
  • Auto-nettoyage FlashDry express en 5 minutes avec séchage à 85°C

Les moins

  • Poids conséquent de 6,5 kg réservoir plein
  • Absence de lavage des sols à l'eau chaude
  • Pas de dosage automatique du détergent
  • Mode Auto iLoop parfois erratique dans la détection des saletés
  • Collecteur d'eau sale mal conçu nécessitant nettoyage manuel

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