Exploitation d’enfants : Apple, Google et Tesla visés par une plainte

Apple

Par Remi Lou le

Un recours collectif vient d’être déposé aux États-Unis, et vise explicitement plusieurs géants de la Silicon Valley. Selon les plaignants, ces entreprises auraient utilisé du cobalt extrait par des enfants en République démocratique du Congo en connaissance de cause.

Crédits : @hangela via Pixabay

Plusieurs plaignants de la République démocratique du Congo (RDC) viennent de déposer un recours collectif aux États-Unis, et s’attaquent directement à plusieurs entreprises de la Silicon Valley. Apple, Google, Tesla, Microsoft ou encore Dell sont ainsi accusés d’avoir acheté du cobalt extrait par des enfants dans des mines de RDC. Le minerais est notamment utilisé dans la fabrication des batteries en lithium-ion. Et selon les plaignants, ces entreprises étaient au courant de la situation. Ils estiment donc qu’Apple, Google, Tesla et consorts ont été complices de ce trafic.

« Le cobalt est un composant clé de chaque batterie rechargeable au lithium-ion dans tous les gadgets produits par ces sociétés et toutes les autres sociétés technologiques et voitures électriques dans le monde, à tel point qu’ils ont conduit à une nouvelle vague d’exploitation cruelle alimentée par la cupidité , la corruption et l’indifférence envers une population de Congolais impuissants et affamés » précise le dossier déposé dans le district américain de Columbia, tout en mettant largement l’accent sur les conditions de travail de cette main-d’oeuvre illégale. « Les enfants qui extraient du cobalt pour les entreprises technologiques ne sont pas simplement contraints de travailler à plein temps, mais effectuent des travaux d’extraction extrêmement dangereux au détriment de leur éducation et de leur avenir. Ils sont régulièrement blessés et tués lors d’accidents tels que des effondrements de tunnels» Les plaignants réclament un procès ainsi que des dommages et intérêts. Le dossier invite également les entreprises visées à prendre en charge les soins médicaux des enfants qui ont travaillé dans ces mines.

Ce n’est pas la première fois que les entreprises de la Silicon Valley sont accusées de s’être approvisionnées, à un moment ou un autre, auprès de sociétés faisant travailler des enfants. En 2016, Amnesty International accusait déjà 16 entreprises dont Apple, Samsung, Microsoft ou encore Sony de ne pas avoir contrôlé les installations minières en République démocratique du Congo afin d’empêcher que des enfants y travaillent. Apple et Samsung avaient par la suite indiqué qu’ils ne parvenaient pas, en raison d’une chaîne d’approvisionnement mondiale, à retracer précisément l’origine du cobalt utilisé dans leurs produits.