[Orange] Stéphane Richard valide l’offensive contre Google et tacle (encore) la neutralité du net

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Par Elodie le

Le patron d’Orange, Stéphane Richard, a réagi à l’accusation portée par la Commission européenne contre Google et sa volonté d’encadrer les activités du géant américain. Il en a également profité pour tacler la neutralité du net, « ennemi de l’innovation des opérateurs ».

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La rengaine n’est pas nouvelle, mais cette fois-ci Stéphane Richard se voit conforté dans ses dires. Invité à réagir sur BFM à la « communication de griefs » délivrée à Google par la Commission européenne pour abus de position dominante, le patron du groupe Orange, Stéphane Richard, s’est félicité du « signal très important pour tout l’écosystème numérique ». Estimant que c’« est une grande victoire morale et intellectuelle ».

Il précise ainsi que cela fait « des années que l’on avait l’impression de prêcher un peu dans le désert à Bruxelles en disant : ‘vous ne vous intéressez qu’aux problèmes de concurrence entre les opérateurs’, ‘vous persécutez continuellement’ » les opérateurs souhaitant réaliser des rapprochements.

L’hégémonie de Google en question : « Et pendant ce temps on a des géants qui écrasent tout en utilisant des positions qui sont ultradominantes et contre lesquels vous ne faites rien ». Hégémonie qu’il ne conteste pas, son groupe ne faisant pas le poids face à une entreprise qui a « une position ultradominante dans un service essentiel sur internet », la recherche en ligne.
« Comment voulez-vous qu’un opérateur établisse un rapport de force avec Google, c’est impossible » a-t-il ainsi martelé. Il rejoint ainsi Emmanuel Macron sur la nécessité d’une action européenne pour contrer le géant américain.

« C’est un sujet européen. Le bon niveau ce n’est pas le niveau national. Dans quelques semaines, on va proposer un texte pour une stratégie numérique franco-allemande. C’est la bonne méthode pour avancer », a ainsi déclaré le ministre de l’Économie en marge de l’adoption d’un amendement anti-Google.

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Des propos qu’il avait déjà exprimés il y a deux mois au micro du Grand Jury RTL, il s’interrogeait alors :

« Où est le problème concurrentiel ? S’il y a un problème de neutralité du net, est-ce qu’il est du côté des 100 opérateurs européens ou pas plutôt du côté de Google ? »

Au chapitre de la neutralité du net, il persiste et signe. Invité à clarifier sa nouvelle option « Débit confort » proposant un débit mobile prioritaire, à la question « Est-ce l’internet mobile à deux vitesses ? », il a répondu « oui ».

Un choix qu’il assume parfaitement : « Un internet à deux vitesses ne pose pas de problème à partir du moment où le standard est accessible à tout le monde ».
Et ensuite de dérouler sa diatribe, « C’est un concept attrape-tout qui se fait toujours sur le dos des opérateurs », a-t-il ainsi déploré.

« Moi aussi, j’aimerais bien qu’internet soit gratuit dans le monde entier. Mais ça n’est possible que dans les rêves […] Il faut donner aux opérateurs les armes et les moyens d’innover. Et la neutralité du net est l’ennemie de l’innovation des opérateurs. »

Pour le patron d’Orange, le principe de la neutralité du net est donc un principe, certes beau, mais qui se heurte violemment à la réalité des opérateurs et du marché.

Si la neutralité du Net a été consacrée aux États-Unis il y a un mois, elle est toujours en débat en Europe où les avis divergent sur la question. La Commission européenne et le Conseil européen tablant pour une neutralité du Net assortie d’exception, rejoignant la vision des principaux opérateurs européens, quand le Parlement souhaite adopter un texte garantissant pleinement et formellement le principe.

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