[Android] Google (encore) soupçonné d’abus de position dominante aux États-Unis

culture geek

Par Elodie le

La FTC, le régulateur du commerce américain, soupçonne Google d’abus de position dominante sur Android. Le géant californien privilégierait ainsi ses services sur son système d’exploitation au détriment de la concurrence.

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Après la Russie, les États-Unis, mère patrie de Google qui, décidément, ne bénéficie d’aucun répit. La FTC (Federal Trade Commission) et le ministère de la Justice se sont entendus pour ouvrir une enquête antitrust à l’encontre de Google.

Le régulateur soupçonne la firme de Mountain View d’abus de position dominante avec les mêmes griefs que ceux exprimés par le service fédéral anti-monopole (FAS), soit l’autorité de régulation anti-monopole russe : en pré installant nombre de ses services sur les terminaux Android, mais également en mettant ses apps en avant dans le menu général des terminaux, Google se rendrait coupable de pratique anticoncurrentielle.
Les détenteurs d’un OS Android, qui se voient proposer ces services par défaut, tels Gmail ou Maps, ne vont pas chercher les applications similaires de la concurrence. Les portes d’Android sont donc difficiles à franchir pour les app et services rivaux.

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Cette pratique se voit pourtant communément sur les autres OS. Ainsi Apple, propose Plans, Santé ou iTunes qu’il est impossible de supprimer du Menu. Mais Android représente 82,8% des OS présents sur les smartphones dans le monde (59,3% aux États-Unis selon IDC), lui conférant un avantage non négligeable par rapport à ses concurrents et donc une place de choix pour mettre un avant ses propres services.

Si Android équipe autant de smartphones (Huawei, Xiaomi et ZTE notamment) c’est aussi parce que son OS n’est pas rattaché à un téléphone/terminal maison, comme iOS avec Apple qui n’est présent que sur les terminaux de la firme à la pomme. Microsoft équipe les smartphones HTC, Samsung, Acer et les Lumia avec son OS (Windows 10) par exemple.

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Pour le moment, l’enquête n’en est qu’à ses balbutiements, les premières auditions des entreprises plaignantes ont eu lieu sous couvert d’anonymat, et elle pourrait se terminer sans qu’aucune plainte ne soit déposée, précise Bloomberg Business.

La FTC ne relâche pas la pression. En 2013, la commission avait déjà mené une enquête antitrust contre Google qui s’était soldée, à la surprise générale, par un accord (secret), et ce, sans prononcer la moindre sanction. Une déception pour les entreprises qui espéraient voir les pratiques de Google remises en cause.

La publication par erreur, en mars dernier, d’un rapport confidentiel de la FTC jeta le trouble : dans ses conclusions, les membres de la FTC estimaient que le géant américain avait bien abusé de sa position dominante. Le Sénat avait alors lancé une enquête pour comprendre les raisons d’un tel revirement et s’assurer que les bonnes relations entre Google et la Maison Blanche n’avaient pas contribué à clore l’affaire. Le Wall Street Journal évoquant de multiples réunions entre l’administration Obama et la firme, qui fut l’un des plus gros pourvoyeurs de fonds de la campagne Obama 1 et 2, alors qu’Eric Schmidt fut notamment conseiller du candidat lors de sa campagne en 2008 et nommé conseiller scientifique et technologique de la Maison-Blanche après sa victoire.

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La Commission européenne n’est pas en reste, en avril elle a ouvert une enquête concernant des faits de distorsion de concurrence pour son système d’exploitation mobile Android.

« Pour obtenir le droit d’installer ces applications et services sur leurs appareils Android, les fabricants doivent conclure divers accords avec Google. » La commission cherche donc à déterminer si certaines de ces conditions « enfreignent les règles de l’UE en matière d’ententes et d’abus de position dominante. »

Par ailleurs, elle l’a formellement accusé d’abus de position dominante concernant ses résultats de recherche (pour son comparateur de prix Google Shopping), mais Google ne lâche rien.

Pour combien de temps encore ?