Daech dispose d’un « centre d’aide » en ligne pour assister les djihadistes dans le chiffrement des communications

Sur le web

Par Elodie le

L’organisation État islamique (OIE) disposerait d’un centre d’aide accessible 24h/24 pour aider ses partisans à communiquer sans risque d’être détecté.

daech_centre_aide_chiffrement_communications

Plus que les autres organisations terroristes anciennes ou actuelles, Daech est très présente sur Internet, elle use et abuse des outils disponibles pour communiquer et diffuser sa propagande : Twitter, Telegram et Facebook se sont que quelques-unes des plateformes utilisées.

Si Twitter suspend régulièrement des comptes liés aux mouvement terroriste, dont ceux signalés par Anonymous qui lui a déclaré la guerre, que Telegram s’est enfin décidé à faire le ménage sur sa plateforme en supprimant plus de 70 chaines djihadistes – 164 à ce jour – (des salons publics pouvant réunir jusqu’à 200 personnes) et que le gouvernement français demande à Facebook de censurer le contenu faisant l’apologie du terrorisme, l’OEI n’en a pas moins pignon sur rue.

Lorsque l’organisation a répondu à la « déclaration de guerre » d’Anonymous sur l’application de messagerie chiffrée Telegram, elle en a profité pour livrer quelques conseils à ses affidés afin d’éviter qu’ils se fassent hacker bêtement.

Aujourd’hui, NBC va plus loin et assure que l’OEI est pourvue d’un « Help Desk djihadiste » ouvert 24h/24 créé dans le but d’aider ses partisans à communiquer dans un environnement où la surveillance est très prégnante.

Ainsi, ils pourront diffuser leurs messages et propagandes, recruter des adeptes et ourdir des attaques à l’étranger sans craindre d’être interceptés.
Selon NBC, qui tient ses informations d’analystes anti-terroristes travaillant avec l’armée US, la cellule d’aide, composée d’une demi-douzaine d’experts techniques hauts placés dans l’organisation, a été créée spécifiquement pour aider les djihadistes à utiliser les applications de messagerie chiffrée et autres outils leur permettant de ne pas être détectés par les agences de sécurité et de renseignement.

D’autres sympathisants opérant à travers le monde comme administrateur viennent en aide au « centre d’aide » pour que le service puisse fonctionner de jour comme de nuit.
Cette cellule se renseigne sur les dernières nouveautés en matière de chiffrement ou de logiciels de sécurité et produit ensuite du contenu pour inciter les autres membres du mouvement à les utiliser.

daech_help_desk_chiffremenr_communications

Le Army Combating Terrorism Center (CTC) a ainsi obtenu près de 300 pages de documents qui montrent comment le support en ligne forme l’ensemble de ses partisans. Du novice aux plus expérimentés et hauts gradés en matière de sécurité numérique.

L’OEI utiliserait notamment les réseaux sociaux pour diffuser leur « manuel ». L’un d’eux a été intercepté par le groupe de hacker GhostSecPI (affilié à #OpISIS) qui l’a ensuite publié sur Twitter.

On peut y lire tout un tas de conseils :
— Ne pas cliquer sur un lien dont on ne connait pas la source
— Utilisation d’un VPN et changer régulièrement d’adresse IP. Téléphone et Ordinateur
— Ne pas parler aux inconnus sur Twitter et Telegram, les bloquer au besoin
— Ne pas utiliser les DM Twitter pour communiquer
— Ne pas utiliser son identifiant Twitter comme adresse email

Les agents du Renseignement ont remarqué une formation croissante des terroristes ces dernières années aux méthodes de communication chiffrée en ligne. Une situation que le monde du renseignement juge alarmante. Il s’est d’ailleurs mis en branle peu après les attentats de Paris du vendredi 13 novembre, dénonçant le chiffrement des communications tout en pointant la responsabilité d’Edward Snowden dans cet état de fait.

Nombre d’experts sont pourtant venus nuancer ce propos. Les organisations terroristes utilisent toutes sortes de méthodes de chiffrement depuis plus de 15 ans. Cependant, c’est peut-être la première fois qu’une cellule est spécialement constituée pour les aider à mettre en œuvre ces pratiques de façon régulière.

« Ils ont développé une série de plates-formes dans lesquelles ils peuvent former d’autres personnes à la sécurité numérique, dans le but d’éviter la surveillance des agences de renseignement dans le but de faciliter le recrutement, la propagande et la planification de leurs opérations », explique ainsi Aaron F. Brantly, analyste du CTC. « Les terroristes opèrent désormais à la vitesse du cyberespace, plutôt qu’à la vitesse d’une communication de personne à personne. »