Incendies en Amazonie : La classe politique s’empare de l’affaire

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Cela fait presque deux mois que la forêt amazonienne est le théâtre de très nombreux départs de feu. La classe politique, très discrète lors des premières semaines de l’incident, commence à s’emparer de l’affaire. Cela génère quelques frictions, notamment du côté du Brésil ou le président Bolsonaro n’apprécie pas que l’on discute de son pays.

Depuis début juillet, la forêt amazonienne brûle. Des images terribles font le tour des chaînes de télévision et des réseaux sociaux, pendant que le public s’indigne et s’étonne de sa progression. Chacun cherche des responsables, notamment au Brésil dont le territoire est particulièrement touché. Ce lundi, la ville de São Paulo était plongée dans la pénombre en pleine après-midi à cause des épaisses fumées qui voyagent sur des milliers de kilomètres. Comme on pouvait s’y attendre, l’une des principales cibles de critiques n’est autre que Jair Bolsoaro, président du Brésil. Si sa politique climatosceptique et son penchant pour la déforestation à marche forcée sont connus depuis bien avant son élection, la catastrophe environnementale en cours a remis sur la table les négligences du gouvernement.

Marina Silva, militante écologiste et ministre de l’environnement sous le gouvernement Lula, a expliqué à l’AFP qu’ il n’y a pas de risque que la forêt soit entièrement rasée : ces incendies prendront fin aussi vite qu’ils ont démarré dès le retour des premières pluies. Mais elle déplore l’attentisme du gouvernement en la matière,  et surtout sa politique insensée d’un point de vue du développement durable.

Le Brésil sait, et a la technologie pour contrôler la situation. Le problème, c’est que le gouvernement a abandonné ces politiques (..) et se méfie des scientifiques du secteur environnemental, des écologistes…(…) Il y a toujours eu de la déforestation et des feux au Brésil, mais jamais un gouvernement n’avait fait l’apologie de l’illégalité.

Emmanuel Macron a de son côté invité les pays membre du G7 à mettre le sujet sur la table lors de leur sommet demain, à Biarritz.

Bolsonaro n’a pas apprécié le message. Il accuse Macron d’instrumentaliser la crise pour son “bénéfice politique personnel”. Il lui reproche aussi d’avoir utilisé une photographie datée pour illustrer son propos (précisons qu’il ne l’a pas présentée comme actuelle, et que de nombreux autres relais ont fait de même par manque d’image, pour illustrer le propos). Il semble également mal supporter le fait que la question puisse être abordée au G7 en son absence (le Brésil n’y siège pas). « Le ton sensationnaliste avec lequel il (ndrl Macron) fait référence à l’Amazonie (jusqu’à faire usage de fausses photos) ne fait rien pour résoudre le problème. (…) La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée. » indique ainsi Jair Bolsonaro dans un tweet

Le “problème” dont parle Bolsonaro est principalement du à sa politique de déforestation et aux habitudes des locaux qui bravent l’interdiction d’effectuer des brûlis en cette période sèche, d’après de nombreux observateurs. Le président brésilien a cependant préféré insinué que ces incendies avaient été déclenchés par des ONG de protection de l’environnement elles-même afin de nuire à l’image de son gouvernement : « Il peut y avoir, mais je ne l’affirme pas, une action criminelle de ces ONG afin de me nuire, de nuire au gouvernement brésilien » a t-il notamment déclaré sans apporter de preuves à ces graves accusations. Un discours qui souffle sur les braises du complotisme et n’incite pas à l’optimisme pour l’écologie au Brésil.