La Chine imagine un turboréacteur d’avion qui n’a besoin que d’air et d’électricité

Science

Par Felix Gouty le

Des chercheurs et ingénieurs de la tristement célèbre ville de Wuhan ont mis au point un turboréacteur non-polluant dont la propulsion se base sur le plasma. Cette invention prometteuse pourrait ouvrir la voie à un transport aérien neutre en carbone.

Crédits : PublicDomainArchive / Pixabay.

Lorsque le trafic aérien, actuellement réduit depuis plusieurs mois, reviendra à la normale, entamera-t-il le chemin de la neutralité carbone ouvert par cette nouvelle invention chinoise ? Une récente étude publiée dans la revue scientifique américaine, AIP Advances, pourrait y apporter une réponse. Des chercheurs et ingénieurs de l’Institut des sciences technologiques de l’université de Wuhan, désormais tristement célèbre foyer pandémique du COVID-19, affirment avoir mis au point un turboréacteur capable de propulser un aéronef, comme un avion, sans recourir à un carburant polluant et issu de l’énergie fossile. Le plus souvent, un avion est propulsé par un turboréacteur qui mélange l’air et un carburant comme le kérosène et les brûle. Cette combustion génère, comme dans un moteur à explosion d’une voiture conventionnelle, de l’énergie cinétique qui fait avancer l’engin.

Plasma : l’avenir de la propulsion aérienne ?

Le turboréacteur imaginé par ces chercheurs ne se base pas sur la combustion mais sur la ionisation des particules grâce à de l’électricité. Leur invention comprime l’air à très haute pression et l’amène dans une chambre d’ionisation à micro-ondes. L’air comprimé et ionisé se transforme en plasma, lequel finit éjecté pour produire l’effet de propulsion souhaité. Le prototype fabriqué par les ingénieurs chinois de Wuhan a permis de soulever et de propulser dans les airs une bille d’acier d’un kilogramme, grâce à des tuyères (conduits de propulsion d’un moteur ou réacteur) de 2,4 cm de diamètre. A l’échelle d’un avion grandeur nature, la poussée du prototype serait comparable à celle réalisée par un turboréacteur classique. Autrement dit, ce propulseur à plasma pourrait remplacer les moteurs polluants des avions actuels et réduire considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre. En effet, en 2015, une étude statistique soutenait que le transport aérien était à l’origine de 1,5% des émissions totales de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Cette invention prometteuse mérite néanmoins d’être reproduite et testée à grande échelle, pour prouver son efficacité à taille réelle.

L'Histoire de l'Aviation
  • 160 Pages - 12/05/2019 (Publication Date) - Grund (Publisher)