Poutine annonce que la Russie a développé le premier vaccin anti-Covid-19

Science

Par Antoine Gautherie le

Vladimir Poutine a annoncé lors d’une conférence de presse que l’un laboratoire russe avait achevé le développement d’un vaccin contre le coronavirus. Très confiant, le président affirme même que sa fille se l’est fait inoculer. Reste à voir ce dont est capable ce vaccin, dont les conditions de développement ont largement fait jaser.

© Angelo Esslinger / whitesession – Pixabay

Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le Covid-19 a été enregistré”. Cette phrase ne provient pas d’un laboratoire de recherche, ni de Didier Raoult, ni même de l’OMS : elle a été prononcée par… Vladimir Poutine. Le président russe persiste et signe même, en assurant qu’il offrait une “immunité durable” et que sa propre fille se l’était fait inoculer. « Elle a participé à l’expérience« , a-t-il précisé, expliquant qu’elle n’avait eu qu’un petit peu de fièvre. Le ministre de la Santé russe Mikhail Murashko, également présent lors de l’annonce, explique que le vaccin aurait passé “tous les contrôles nécessaires”. Il affirme que les volontaires auraient développé “un nombre élevé d’anticorps anti-Covid-19”, et qu’ “”aucun d’entre eux n’a eu de graves complications”. Il estime également qu’elle pourrait durer “deux ans”.

Des tests concluants mais une méthodologie obscure

Cette annonce intervient à peine quatre mois après l’annonce de l’existence de ces vaccins expérimentaux. En effet, développer un vaccin est un processus très long, mais dont la durée est justifiée par un très grand nombre de précautions en matière santé publique. A l’époque, ils avaient fait réagir à cause de la rapidité exceptionnelle  et des méthodes de la procédure, jugées préoccupante par la communauté scientifique. Par exemple, les scientifiques du centre Nikola Gamaleïa qui a mis au point ce vaccin ont fait grand bruit en mai dernier. Plusieurs d’entre eux se seraient injectés personnellement le vaccin afin de le tester sur eux-mêmes, une pratique controversée et en rupture avec tous les protocoles habituels. Toutefois, Murashko affirme que sa priorité est la “sécurité inconditionnelle quant au recours à ce vaccin et quant à son efficacité”.

Ces inquiétudes surgissent donc aujourd’hui, mais qu’importe pour Poutine : d’après différentes agences de presse russes relayées par France Info, le vaccin sera lancé dès le premier janvier 2021.  “Plusieurs millions de doses” devraient ainsi être mises en circulation à cette date. Mais d’ici-là, il faudra bien du courage à ceux qui souhaiteraient avoir accès au protocole expérimental initial ou aux essais cliniques. Ce vaccin est en effet développé en collaboration étroite avec le Ministère de la Défense, et demeure pour l’instant la chasse gardée des russes… Il sera intéressant d’observer les réactions de la communauté scientifiques et les retours sur l’efficacité du vaccin.