Couvre-feu, StopCovid 2.0 : le résumé des mesures annoncées hier

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Par Felix Gouty le

Hier soir, le président Emmanuel Macron a délivré de nouvelles mesures restrictives de lutte contre la pandémie de COVID-19.

Crédits : Fran Boloni / Unsplash.

C’est officiel : la France combat désormais sa seconde vague de la pandémie de COVID-19. Le 10 octobre, plus de 25 000 nouveaux cas de contamination ont été relevés dans l’Hexagone en 24 heures – un chiffre qui rappelle les premières heures de la crise sanitaire. En conséquence, hier soir dans un entretien donné sur TF1 et France 2, le président de la République, Emmanuel Macron, a rétabli l’état d’urgence sanitaire. Il prendra effet à partir de samedi 17 octobre dès minuit et durera entre quatre et six semaines consécutives. Cette décision implique évidemment de nouvelles mesures pour enrayer la maladie. Mais contrairement à mars dernier, toutes ont été prises pour éviter un reconfinement général du pays.

Couvre-feu, pour éviter le confinement

En l’occurrence, comme dans d’autres pays du monde, un couvre-feu sera mis en œuvre dès samedi dans neuf zones d’alerte maximale : la région d’Île-de-France et les métropoles de Lyon, Saint-Étienne, Grenoble, Lille, Rouen, Toulouse, Montpellier et d’Aix-Marseille. Ce couvre-feu interdira à quiconque de se déplacer la nuit, à l’extérieur de son domicile, entre 21h et 6h du matin. Pour le contourner sans risquer de subir une amende de 135 euros, il faudra se munir d’une attestation dérogatoire de déplacement, dont c’est donc le grand retour. Par ailleurs, tous les cinémas, théâtres, bars et restaurants des zones concernées devront impérativement fermés chaque soir dès 21h. Évidemment, le port du masque restera non seulement de rigueur mais obligatoire dans ces établissements. Les déplacements, en dehors des heures de couvre-feu, et les transports ne seront pas limités.

StopCovid 2.0 et la « règle des 6 »

Emmanuel Macron a prévenu : « Nous en avons jusqu’à l’été 2021 au moins avec ce virus. » De ce fait, il a recommandé aux Français de suivre, dans la sphère privée, ce qu’il appelle « la règle des 6 ». Traduction : outre le cercle familial le plus restreint (notamment, pour les familles nombreuses), nous sommes invités à ne pas être plus de six personnes dans une même demeure ou une même table de restaurant, entre proches et amis. L’irrespect de cette règle, qui par nature touche donc à la vie privée, ne sera néanmoins pas puni. Le gouvernement recommande aussi d’installer, dès le 22 octobre prochain, la nouvelle mouture de son application mobile de « contact tracing« , Tous Anti-Covid. Cette mise à jour veut remettre l’application, anciennement connue sous le nom de StopCovid, au goût du jour. Pour rappel, elle n’a été téléchargée jusqu’ici que par moins de 5% des Français. Ce StopCovid 2.0 demandera désormais à chaque utilisateur de renseigner sa ville ou sa région pour améliorer le traçage. Cette information devra être précisée manuellement, l’app n’étant pas autorisée à géolocaliser automatiquement une personne. Tous Anti-Covid donnera aussi une « météo » de la pandémie, pour mieux suivre son évolution. Elle permettra, par ailleurs, de scanner un QR Code à l’entrée des restaurants ou cinémas pour renseigner automatiquement son passage et ainsi faciliter le traçage des cas contacts étant passés par là.

Plus de tests et moins de délais ?

Le président a aussi évoqué la faiblesse du gouvernement et des autorités de santé concernant la mise en place du dépistage ainsi que l’existence de délais trop longs, actuellement, entre les tests et leurs résultats. Il a promis que ces délais seront bientôt revus à la baisse mais il en a aussi profité pour indiquer le recours prochain à des « autotests » individuels. Ces tests salivaires ou sanguins seront à réaliser par soi-même, à son domicile, et à envoyer à un laboratoire. L’objectif est de désengorger les laboratoires de quartier. Plusieurs start-ups, comme Axiotis, pourraient être mobilisées pour ce faire. Enfin, Emmanuel Macron a parlé du sujet épineux du travail. Le président français n’invite pas les entreprises à recourir au télétravail obligatoire, mais les encourage à instaurer deux ou trois jours seulement de travail à domicile lorsque cela est possible. Par ailleurs, le chômage partiel sera rétabli pour les secteurs de l’hôtellerie, restauration, événementiel, tourisme et du sport, et des dispositifs de soutien financier supplémentaires seront mis en place.