Canal+ lance un ultimatum pour sauver le cinéma français des géants du streaming

Cinéma

Par Remi Lou le

Le boss du groupe Canal+ ne voit pas d’un très bon oeil la réforme visant à intégrer les plateformes de streaming dans le paysage de l’audiovisuel français.

© Canal+ - Felix Mooneeram / Unsplash

« Le cinéma français court tout droit à la catastrophe ». Dans une interview pour nos confrères du Figaro, Maxime Saada, actuel dirigeant du groupe Canal+, s’inquiète du futur du septième art dans l’Hexagone. Il explique que l’arrivée des plateformes de streaming comme Netflix, Disney+ et autres Prime Video dans la chronologie des médias n’est clairement pas une bonne nouvelle.

Pour rappel, la réforme de la chronologie des médias permettra aux plateformes de streaming de diffuser les films parus en salles 12 mois après leur sortie, contre 3 ans actuellement. En contrepartie, ces mêmes plateformes s’engagent à investir dans la production française. Le problème, c’est que cela mettrait Netflix et consorts à égalité, ou presque, avec la chaîne cryptée française, qui dispose quant à elle du droit de diffuser des films 6 à 8 mois après leur sortie en salles.

Pour Maxime Saada, « tout le monde sera perdant » avec cette réforme. Il explique que « si nos principaux avantages en matière de cinéma sont remis en question, il n’y aura plus de raison pour notre groupe d’investir autant dans ce domaine ». Il rappelle que le groupe a investi pas moins de 200 millions d’euros dans le cinéma français en 2018, et qu’avec cette reforme, les plateformes ne contribueraient qu’à hauteur de « 50 à 60 millions » d’euros.

Le boss de Canal+ en vient à la conclusion qu’il faudrait prévoir une exception pour Canal+, et ramener le délai de la diffusion sur les chaînes du groupe à 3 ou 4 mois après la sortie en salles. « Ce n’est pas parce que 5 millions d’abonnés à Canal+ sont en mesure de voir les films 3 ou 4 mois après leur sortie que cela nuira à la force d’attraction des salles » explique Maxime Saada pour légitimer cette proposition. Il s’agirait, selon lui, du « seul schéma viable pour Canal+ ».