Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine a explicitement brandi la menace d’un conflit nucléaire à plusieurs reprises. Cette situation a mis en exergue le fait que la France manquerait cruellement d’abris antiatomiques si le pire finissait par arriver. Mais certains comptent bien y remédier; d’après BFM Immo, la situation aurait même fait émerger un marché du bunker privé dans l’Hexagone.
Le climat est évidemment très anxiogène; il suffit d’une courte visite sur le site Google Trends pour constater que les recherches sur les termes “Bunker” et “Abri antiatomique” ont explosé depuis février dernier. Et tous les pays ne sont effectivement pas logés à la même enseigne.

La Suisse au top, la France démunie
À ce petit jeu, les champions du monde toutes catégories sont incontestablement les Suisses. Jusqu’à il y a quelques années, la législation exigeait que tous les nouveaux logements soient construits avec leur propre abri antiatomique. La législation a été assouplie, mais le pays est aujourd’hui particulièrement bien équipé; en cas d’urgence, le pays dispose déjà de 300.000 à 400.000 bunkers privés. Une infrastructure antiatomique suffisante pour protéger plus de 8 millions d’individus, soit plus de 100% de la population helvète.
En comparaison, la France fait pâle figure. D’après un article publié dans Capital en 2017, le pays disposait d’environ 1000 abris antiatomiques à cette date; un chiffre qui n’a pas beaucoup bougé depuis. 600 d’entre eux sont des abris militaires. Le territoire compterait aussi 300 à 400 abris antiatomiques privés. Dans l’ensemble, cela représente un taux de protection famélique, proche de 0%.
C’ est d’autant plus étonnant que la France fait partie des grandes nations du nucléaire; en 2020, elle comptait 56 réacteurs en activité. Elle se plaçait ainsi en deuxième position mondiale. En tête, on trouvait déjà les 93 réacteurs américains; juste derrière, la Chine et ses 54 réacteurs attendaient en embuscade, et il n’est pas exclu que le pays de Xi Jinping ait raflé la seconde place depuis. Mais dans tous les cas, la France reste confortablement installée dans le trio de tête… alors qu’elle fait partie des plus mauvais élèves en termes de protection globale.

L’apparition d’un marché du bunker ?
Certains Français se sont empressés de contacter des entreprises spécialisées dans la construction de tels abris. On peut par exemple citer l’exemple d’Amesis, une entreprise interrogée par BFM Immo. Cette firme de BTP généraliste se distingue par son expérience en matière de construction de bunkers pour le compte de clients prestigieux.
Habituellement, il s’agit majoritairement d’institutions et de grandes entreprises; d’après BFM, Amesis a déjà collaboré avec des partenaires prestigieux tels que la Direction générale de l’Armement, Airbus et Engie. Mais en ce moment, ce sont bien les particuliers à qui l’entreprise a le plus affaire; la firme explique avoir reçu une “quinzaine de commandes” en quelques jours.
D’après BFM Immo, le modèle le plus en vogue serait un “abri de 14m² avec système d’aération, lits superposés et toilettes à sec en béton brut”. Ce cagibi basique et austère, mais potentiellement salvateur est facturé 79.000€. Mais théoriquement, “tout est possible”, dixit le PDG Enzo Petrone. Rien n’empêche les clients les plus fortunés de s’aménager un véritable loft souterrain à la pointe de la technologie, à la façon d’un Vault de la série Fallout.
Espérons simplement qu’aucune guerre ou accident nucléaire ne finira par donner corps à ce scénario catastrophe. Car malgré cet intérêt prononcé pour les abris antiatomiques, la France reste encore très mal équipée pour gérer un scénario de ce type…
