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La mégalopole lunaire d’Elon Musk prend l’eau

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Elon Musk imagine une ville lunaire capable de se développer toute seule en moins de dix ans. Une nouvelle étude rappelle toutefois un point assez terre à terre : avant de bâtir en grand, il faudra voir si la Lune a assez d’eau.

Une ville sur la Lune, c’est une idée qui fait travailler l’imagination. Mais pour y vivre, il ne suffit pas d’envoyer des fusées et quelques habitats futuristes. Il faut boire, se laver, cultiver de quoi manger, faire fonctionner des toilettes. Bref, il faut de l’eau. Et c’est précisément là que les choses se compliquent.

Beaucoup d’ambition, pas forcément beaucoup d’eau

Selon les estimations actuelles, la Lune pourrait abriter environ 600 millions de tonnes d’eau glacée, cachée dans des régions plongées en permanence dans l’ombre, près des pôles. Ces réserves se trouveraient notamment au fond de cratères que le Soleil n’atteint jamais. L’eau aurait été déposée il y a très longtemps, possiblement par des astéroïdes riches en glace, avant de rester piégée dans ce froid permanent.

Le problème, c’est que personne ne sait encore exactement combien d’eau s’y trouve. Dans une étude publiée dans Frontiers in Space Technologies, des chercheurs ont même retenu une hypothèse plus généreuse, avec un milliard de tonnes. Mais ils rappellent que la quantité réelle pourrait être 20 à 30 fois plus faible. Autrement dit, la marge d’erreur est assez large pour calmer les discours trop enthousiastes.

Martin Elvis, astronome au Smithsonian Astrophysical Observatory et coauteur de l’étude, souligne pourtant l’importance de cette ressource. « La présence d’eau aux pôles lunaires change tout pour les visites humaines sur la Lune », écrit-il. Avec elle, un « village lunaire » devient envisageable sans devoir importer chaque goutte depuis la Terre.

L’étude compare les ressources lunaires avec les besoins d’une ville d’un million d’habitants. Et le résultat n’est pas vraiment celui d’une brochure immobilière. Sans recyclage très poussé, une telle population épuiserait l’eau estimée sur la Lune en un peu plus de… deux ans.

Les chercheurs ont ensuite imaginé un scénario plus raisonnable, avec un système de recyclage aussi efficace que celui de la Station spatiale internationale, capable de récupérer 98 % de l’eau. Même là, la ville tiendrait seulement un peu plus d’un siècle avant d’avoir vidé les réserves. Pour une installation censée durer et grandir, c’est court.

Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à toute présence humaine sur la Lune. L’étude est plutôt un rappel d’échelle. Un habitat plus modeste, de 1.000 à 10.000 personnes, pourrait fonctionner pendant plusieurs siècles. Ce serait déjà énorme pour la recherche scientifique, l’exploration et la préparation de missions plus lointaines.

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