Pornhub est dans la sauce. Cette semaine, la justice américaine a autorisé la poursuite d’une enquête contre Visa. La plateforme de paiement est accusée d’avoir sciemment facilité la diffusion d’images pédopornographiques à travers le célèbre site pour adultes. Une situation évidemment réfutée par Visa, mais qui a eu de lourdes conséquences sur les accords commerciaux entre les deux partis. Selon le PDG de Visa, Alfred Kelly, la situation a créé “une nouvelle incertitude” sur le rôle de TrafficJunky et de sa maison-mère MindGeek (également propriétaire de Pornhub) dans l’industrie pédopornographique.
Si Visa conteste fermement la décision du juge, l’entreprise a toutefois décidé de prendre les devants, en suspendant tous ses services de paiement sur Pornhub. Elle a également indiqué qu’elle stoppait “jusqu’à nouvel ordre” toute relation commerciale avec Mind Geek. Une décision rapidement emboîtée par son concurrent Mastercard.
Une pression supplémentaire qui pourrait pousser le site X à prendre enfin ses responsabilités. “La politique de Visa est de respecter la loi de chaque pays dans lequel nous exerçons nos activités. Nous ne portons pas de jugements moraux sur les achats légaux effectués par les consommateurs” a fait savoir le PDG de la firme. “Visa ne peut être utilisée que sur des sites (…) qui emploient des acteurs professionnels adultes dans le cadre d’un divertissement légal”.
MindGeek se défend
Sans surprise, MindGeek a toujours défendu avoir propagé intentionnellement des vidéos pédopornographiques, et plus généralement tout contenu illégal comme du revenge porn, ou des agressions sexuelles. Dans un communiqué, le géant du X explique : “La réalité est que MindGeek a mis en place les protections les plus complètes de l’histoire de la plate-forme générée par les utilisateurs“. L’affaire devrait permettre de faire toute la lumière sur l’histoire, pour un dénouement que les deux partis espèrent en leur faveur.
Cette affaire ne repose pourtant pas sur de simples allégations. En 2020, une jeune femme avait porté plainte contre Visa après que son ancien petit ami ait partagé une vidéo de revenge porn d’elle, alors âgée de 13 ans. Visionnée plusieurs millions de fois, cette dernière s’est rapidement imposée comme le symbole de la lutte contre le CSAM (child sexual abuse material). Depuis, 34 autres femmes ont rejoint la plainte de Serena Fleites.
Rappelons qu’en France, Pornhub est aussi mal en point. L’Arcom menace depuis déjà plusieurs mois de bloquer les plateformes pornographiques dans le but de protéger les mineurs.