Les bots qui génèrent du contenu similaire à ce qu’un humain pourrait produire mettent en danger de nombreux emplois, selon une étude de la banque d’investissements Goldman Sachs. L’établissement américain évalue que l’intelligence artificielle pourrait remplacer jusqu’à un quart de la force de travail aux États-Unis et en Europe ! C’est l’équivalent de 300 millions d’emplois à temps plein. Avant d’en arriver là, il faudra que l’IA investisse réellement les secteurs d’activité et sache se rendre vraiment utile.
Un impact majeur sur le marché de l’emploi
Mais quand (et si) ça sera le cas, alors l’impact sera très important dans les tâches administratives (46 % d’entre elles pourraient être remplacées par des algorithmes) et au sein des professions juridiques (44 %). L’étude relève que la perte d’emplois dans des secteurs comme la maintenance et la construction sera beaucoup plus faible : respectivement 4% et 6%. Autrement dit, ce sont surtout les « cols blancs » et les professions plus intellectuelles qui seront touchées.
Une étude de l’université de Pennsylvanie, réalisée avec Open Research et Research AI, dressait la liste des professions les plus exposées à l’intelligence artificielle. Les interprètes et les traducteurs, les spécialistes des relations publiques, les mathématiciens, les comptables chargés de remplir des feuilles d’impôts, les designers web, les analystes financiers et même les chroniqueurs judiciaires sont susceptibles de disparaitre ou tout du moins, de se faire beaucoup moins nombreux.
Il faut néanmoins relativiser. D’une part, tous ces emplois ne disparaitront pas du jour au lendemain. « La seule chose dont je suis sûr, c’est qu’il n’y a aucun moyen de savoir combien d’emplois seront remplacés par l’intelligence artificielle générative », explique Carl Benedikt Frey de l’Oxford Martin School à la BBC. Mais il n’exclut pas que certaines professions vont sans doute rencontrer des difficultés dans les prochaines années : « Ce que fait ChatGPT, par exemple, c’est de permettre à des gens ayant des compétences moyennes en écriture de produire des essais et des articles ». De fait, le secteur du journalisme risque bien d’être bouleversé par l’arrivée massive de ces bots.
De son côté, Goldman Sachs relativise la portée sociale de l’IA. Avec son apport, l’économie ferait des gains de productivité, tandis que le produit intérieur brut (PIB) mondial annuel pourrait croître de 7 %. Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer les capacités d’adaptation humaines : 60 % des travailleurs aujourd’hui occupent des emplois qui n’existaient pas en 1940. Le progrès génère ses propres besoins en termes d’emplois et créé de nouvelles professions. La période d’adaptation risque quand même d’être difficile pour des millions de personnes, si l’intelligence artificielle atteint son plein potentiel (ce qui est encore loin d’être fait).