Après le 11 novembre et son Single Day, le compte à rebours est lancé avant le Black Friday. La période de soldes la plus agressive de l’année marque le début des hostilités avant Noël, mais attention aux offres trop belles pour être vraies. Comme avec les sites de dropshipping, qui promettent de fleurir en masse dans les jours qui viennent, on vous conseille aussi de prendre garde aux promotions trop alléchantes, et de sélectionner avec soin les sites sur lesquels vous passez commande.
Temu : trop beau pour être vrai ?
Vous n’avez pas pu passer à côté, Temu est LE site le plus populaire du moment. Avec ses offres ultra-agressives et ses produits parfois gratuits (vous ne payez que les frais de port), la plateforme qui s’impose comme une cousine éloignée d’AliExpress s’apprête à frapper très fort pour le Black Friday. Au programme, des promotions délirantes et un trafic record, assez pour attirer 13 millions de visiteurs mensuels uniques, rapporte Médiamétrie, juste devant AliExpress (12,9 millions de visiteurs uniques mensuels), et juste derrière Shein (13,8 millions de visiteurs uniques mensuels), un autre géant chinois dédié au prêt-à-porter.
Reste que derrière les comptes à rebours et les promotions exceptionnelles, Temu inquiète. Plusieurs études d’autorités de protection des consommateurs (l’Association suisse des jouets, l’association belge TestAchats, ou encore la DGCCRF française pour ne citer qu’elles) dénoncent la qualité et la non-conformité des produits vendus, tandis que les défenseurs de la vie privée s’inquiètent des données potentiellement aspirées par l’application, sans le consentement des internautes. On vous explique pourquoi vous devriez faire attention avant de commander sur la nouvelle plateforme chinoise.
Attention à la qualité
Première source d’inquiétude pour les consommateurs à l’approche du Black Friday : les produits vendus sur Temu sont à bas prix, mais ils sont aussi de piètre qualité. C’est en tout cas la conclusion de l’association TestsAchats, l’équivalent belge de notre UFC-Que Choisir. Après avoir analysé 28 produits parmi lesquels des jouets pour enfants, des produits high-tech ou encore des produits cosmétiques, aucun ne répondait aux normes de qualité exigées par l’Union européenne. En cause, une non-conformité avec le standard CE, mais aussi des défauts de sécurité potentiellement dangereux sur les jouets à destination des jeunes enfants.
Vos données en danger ?
Derrière ses prix bas, on rappelle que Temu inquiète surtout pour la position opaque de son modèle économique. Selon une enquête menée par TF1, l’entreprise est loin d’être rentable, puisqu’elle perdrait environ 30€ par commande. Une situation problématique sur le plan légal en Europe, où il est interdit de vendre à perte, qui pose aussi de nombreuses questions pratiques : si Temu ne gagne pas d’argent sur ses commandes, c’est que son intérêt est potentiellement ailleurs. Et cet ailleurs pourrait se trouver du côté de nos données personnelles. On sait notamment que l’équivalent chinois de Temu, Pinduoduo, a déjà été interdit aux États-Unis pour des raisons similaires. Dans un droit de réponse envoyé à la rédaction, le nouveau géant du e-commerce réfute tout lien dans la gestion des deux entités : “Temu et Pinduoduo sont des sociétés sœurs gérées indépendamment l’une de l’autre. Elles appartiennent toutes deux à PDD Holdings. Son retrait de Google Market n’a pas d’impact sur le business de Temu“.
Quelques mois après la mise en ligne de la plateforme, le cabinet d’analyse Grizzly Research a publié un rapport accusant Temu d’utiliser un “logiciel malveillant, espion et dangereux“. Des allégations fermement contestées par la plateforme. Dans un droit de réponse envoyé à la rédaction après la publication de nos précédents articles, elle assure : “chez Temu, des mesures strictes ont été mises en place pour protéger la vie privée des utilisateurs et aucune donnée de quelque nature que ce soit n’est vendue“.