Passer au contenu

Voiture électrique : Hertz fait machine arrière et revend 20 000 véhicules verts

2 min
2 commentaires
Partagez

Hertz avait fait de grandes annonces en 2023 sur sa neutralité carbone à venir. Mais rattrapée par la réalité des faits, l’entreprise revient aux moteurs essence.

Le groupe de location de véhicules Hertz vient d’annoncer le début d’une grande vente de voitures électriques. Sa flotte, qui est composée de 60 000 modèles électriques, devrait donc être réduite d’un tiers. Principalement composée de voitures Tesla, cette flotte de voitures électriques était trop importante pour répondre à une demande “limitée” selon les dires de la société.

Avec une partie des revenus tirés de ces ventes, Hertz devrait racheter des voitures thermiques, qui correspondent plus aux demandes de ses clients. Selon la société, ce calcul serait financièrement intéressant, les voitures électriques ayant un coût d’entretien bien plus élevé que leurs consœurs thermiques, la faute à des batteries hors de prix.

La vente des voitures électriques faisant partie de la flotte de Hertz a commencé en décembre 2023 et devrait se poursuivre tout au long de cette année. Repérées par certains blogs automobiles américains, ces voitures sont de vraies bonnes affaires, car vendues à prix réduit par le groupe de location.

Dans un document financier consulté par TechCrunch (article disponible en source), la société a reconnu qu’elle avait encore “245 millions de dollars de frais d’amortissements supplémentaires”, à cause de cette vente prématurée.  Hertz a assuré dans une discussion avec ses actionnaires qu’elle pourrait compenser cette perte exceptionnelle dans les prochaines années.

Une mauvaise nouvelle pour la planète ?

L’annonce de Hertz de ne plus privilégier les voitures électriques au profit de modèles thermiques est un triste aveu des manques encore immenses dans le monde de la voiture électrique. Pour s’imposer dans un marché de l’automobile très exigeant, la voiture électrique doit devenir plus simple (en entretien) mais également moins complexe à l’utilisation de tous les jours.

Pour y arriver, c’est un effort de tous. En effet, les voitures électriques ont besoin d’une organisation routière pensée autour d’elles, comme ce fût le cas il y a 70 ans avec les voitures thermiques. À la place des stations services, il y aura donc, dans ce monde idéal, des bornes de recharge. Il sera possible de laisser sa voiture branchée en faisant ses courses ou encore lors d’une longue journée de travail.

En plus de ces efforts essentiels sur l’organisation routière dans son ensemble, les constructeurs doivent élever le niveau. Les voitures électriques de demain doivent être moins chères, plus endurantes et plus rapides à recharger. Trois défis techniques immenses, qui sont essentiels pour que le grand public adopte cette technologie.

La voiture électrique, un passage obligatoire ?

Les études scientifiques sont unanimes, le passage à la voiture électrique est indispensable pour le monde de demain. En effet, bien qu’elles polluent lors de leur construction, l’empreinte écologique d’une voiture électrique est bien plus faible in fine que pour une voiture thermique. Ses émissions ne sont pas nulles (notamment à cause de sa fabrication polluante) mais c’est un vrai bond en avant dans la lutte contre le réchauffement climatique.

En somme, l’annonce de Hertz va dans le sens contraire de toutes les évolutions de ces dernières. Loin d’être à contre-temps, elle démontre que malgré les ambitions politiques environnementales, la demande pour les voitures électriques à grande échelle n’existe pas encore.

Articles sauvegardés