Ces derniers jours, tous les regards étaient tournés vers le Starship, l’immense fusée expérimentale de SpaceX qui vient enfin de boucler un dixième vol d’essai très attendu. Mais ce n’est pas le seul engin à mériter des applaudissements : en toute discrétion, le Falcon 9 vient de s’adjuger un double record impressionnant.
Pour ceux qui ne seraient pas familiers du catalogue de SpaceX, le Falcon 9 est sans conteste l’une des bêtes de somme les plus efficaces de l’aérospatiale moderne. Depuis ses débuts en 2010, ce lanceur de calibre moyen partiellement réutilisable a décollé plus de 520 fois, un chiffre qui le place derrière le mythique Soyouz russe, avec plus de 1 900 missions à son actif.
Rien que cette année, il a déployé pas moins de 1 800 satellites Starlink en 74 missions, avec une régularité et une fiabilité remarquables. À l’heure où ces lignes sont écrites, le Falcon 9 affiche un taux de succès de 99,4 % et reste sur une série de 514 lancements réussis.
La réutilisation bat son plein
Ce mercredi, l’engin a encore enrichi son palmarès. La première ligne est arrivée avec la mission Starlink 10-11, qui a décollé cette nuit du Centre spatial Kennedy pour déployer 28 satellites Starlink V2. La particularité de ce Falcon 9, immatriculé B1067, est qu’il a déjà été recyclé à de nombreuses reprises : son booster a signé son 30ᵉ vol consécutif, ce qui constitue un nouveau record.

Moins de quatre heures plus tard, un autre Falcon 9, immatriculé B1095, a également eu droit à son heure de gloire. Au terme de sa mission, qui consistait à déployer des satellites Starlink, il a enregistré le 400ᵉ atterrissage sur l’une des trois barges de récupération de l’entreprise.
Ces chiffres illustrent la maturité de la technologie développée par SpaceX. À l’heure actuelle, elle est la seule entreprise à avoir intégré cette réutilisation partielle dans sa routine opérationnelle, ce qui lui confère un avantage compétitif énorme en termes de cadence et de coût de lancement. Cette approche est si efficace qu’elle est devenue un nouveau standard : toute l’industrie, de Blue Origin à ArianeGroup, cherche désormais à l’imiter. Mais aucun lanceur n’a encore atteint le niveau d’efficacité et de régularité du Falcon 9.
le Starship en embuscade
Pour SpaceX, tout l’enjeu sera de maintenir ce rythme et de reproduire ces exploits logistiques avec le Starship, le plus gros lanceur de la planète, qui doit devenir son nouveau fer de lance dans les prochaines années.

La route reste longue, comme en témoignent les débuts difficiles du nouveau modèle Block 2. Le récent succès du dixième vol d’essai montre cependant que la firme progresse ; il n’est probablement plus qu’une question de temps avant que ce mastodonte entièrement réutilisable puisse enchaîner les missions avec la même régularité que son aîné.
En attendant, SpaceX continuera de repousser les limites avec son Falcon 9 pour consolider sa mainmise sur l’industrie.
« Nous devons donc constamment nous surpasser pour atteindre des cadences de lancement plus élevées, une plus grande capacité de charge utile et des niveaux plus élevés de réutilisabilité rapide », a déclaré Jon Edwards, dirigeant de la division Falcon et Dragon. « Nos concurrents finiront par faire leur apparition, » reconnaît-il. « Mais lorsqu’ils le feront, nous devrons nous assurer qu’ils resteront loin derrière nous. »
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