SpaceX a validé le 11ᵉ vol d’essai de son Starship de manière brillante, montrant que le lanceur continue de gagner en maturité alors que la troisième version va bientôt faire ses grands débuts.
Le décollage, survenu dans la nuit de lundi à mardi depuis la Starbase, dans le sud du Texas, s’est parfaitement déroulé. L’engin s’est élevé conformément au plan, sans le moindre incident notable, jusqu’à la séparation des deux étages — le Starship en lui-même et le booster Super Heavy. Cette étape, toujours délicate, s’est très bien passée, et le booster a pu reprendre le chemin de la Terre en toute sérénité, malgré le changement de configuration du système de propulsion (cinq moteurs Raptor au lieu de trois habituellement). Il a fini sa course par un amerrissage en douceur dans le golfe du Mexique, à quelques encablures de la Starbase, comme prévu.
Tous les tests validés sans problème
Pendant ce temps, le deuxième étage empruntait une trajectoire suborbitale qui lui a permis de déployer huit simulateurs Starlink (des masses inertes représentant les satellites web de SpaceX) pour la deuxième fois consécutive, suggérant que ce sous-système crucial est désormais mature et fonctionnel.
Quelques minutes plus tard, il a procédé à un second test très important : la remise à feu d’un de ses moteurs Raptor dans l’espace, cette fois pour la troisième fois d’affilée. Là encore, c’est une excellente nouvelle, car il s’agit d’une fonctionnalité cruciale pour les missions ambitieuses que le Starship devra entreprendre dans les prochaines années.
Enfin, le Starship a parfaitement négocié sa rentrée atmosphérique dans des conditions pourtant difficiles. En effet, SpaceX avait retiré plusieurs tuiles de protection thermique à des endroits stratégiques pour tester la vulnérabilité de la structure en cas de pépin. L’entreprise lui a aussi imposé une trajectoire différente, en prévision des futurs vols où le Starship devra revenir à la base pour être capturé par les mâchoires d’acier de son immense tour de lancement — comme le Super Heavy l’a déjà fait quelques mois auparavant.
En résumé, SpaceX a donc réalisé un vol exemplaire où tous les tests ont été validés sans problème technique, confirmant la fin de la longue série noire qui avait conduit à trois échecs consécutifs lors des 7ᵉ, 8ᵉ et 9ᵉ vols.
La torisième version arrive
Mais cela ne signifie pas que les ingénieurs vont pouvoir se reposer sur leurs lauriers, loin de là. En effet, un nouveau défi technique majeur les attend dès le prochain vol, qui sera marqué par l’introduction de la troisième génération du Starship.
https://x.com/SpaceX/status/1977925739979612203
Ce nouveau modèle aura droit à plusieurs modifications importantes par rapport à la version actuelle, à commencer par une augmentation substantielle de sa taille. Ses réservoirs vont être allongés d’environ 18 mètres, ce qui lui permettra d’embarquer 800 tonnes d’ergols liquides supplémentaires. Il sera aussi doté d’un port d’amarrage flambant neuf qui lui permettra notamment d’être ravitaillé en orbite en prévision de missions de longue durée. En outre, il sera équipé d’une nouvelle génération de moteurs Raptor V3. Ils devraient offrir 20 à 30 % de poussée supplémentaire par rapport aux Raptor V2 utilisés sur le Block 2, avec un gain significatif de capacité de charge utile à la clé.
L’entrée en scène de cette troisième version sera un moment très important pour l’entreprise, et pour cause : c’est ce véhicule que SpaceX prévoit d’utiliser pour toutes ses prochaines missions majeures. Ce programme comprend notamment un atterrissage sur la Lune, grâce à un modèle modifié pour embarquer l’équipage humain de la mission Artemis 3. En d’autres termes, SpaceX va aborder la dernière ligne droite qui devrait mener son véhicule révolutionnaire vers la maturité technique.
À l’heure actuelle, cette mission cruciale est prévue pour 2027, notamment à cause de plusieurs reports motivés en grande partie par les retards que le Starship a accumulés jusqu’à présent. Autant dire que cette troisième version sera attendue au tournant. SpaceX devra impérativement faire en sorte que le Starship V3 démarre son cycle de vie dans de bonnes conditions, contrairement à son prédécesseur qui a donné bien des maux de tête aux équipes techniques.
La date du 12ᵉ vol d’essai, qui marquera le baptême de l’air du nouveau modèle, n’a pas encore été annoncée. Mais on peut s’attendre à ce que SpaceX le planifie dans un délai relativement court, à la fois pour surfer sur sa bonne dynamique actuelle et pour prouver à ses partenaires industriels que les galères de ces derniers mois ne sont plus qu’un mauvais souvenir.
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