Pendant des mois, les grandes maisons de disques ont multiplié les attaques contre les start-ups de musique générée par IA, accusées de piller leurs catalogues pour entraîner leurs algorithmes. Udio et Suno, deux des plus connues, ont ainsi été poursuivies par Universal Music Group (UMG), Sony et Warner pour violation du droit d’auteur.
Les fans vont pouvoir créer légalement des chansons avec l’IA
Mais le vent tourne. UMG a choisi la voie de la conciliation avec Udio, ouvrant la porte à une nouvelle forme de collaboration entre l’industrie musicale et les créateurs d’IA. L’accord met fin aux poursuites et prévoit le lancement, en 2026, d’une plateforme en ligne où les utilisateurs pourront composer ou remixer des morceaux à partir d’œuvres sous licence.
Les chansons du catalogue d’Universal — qui compte entre autres Taylor Swift, Kendrick Lamar, Billie Eilish et Lady Gaga — pourront être exploitées par l’IA, à condition que les artistes concernés donnent leur feu vert. Les créations des utilisateurs, quant à elles, ne quitteront pas l’écosystème Udio : elles resteront confinées à la plateforme, ce qui évitera toute diffusion non autorisée.
Universal insiste : cette ouverture à l’intelligence artificielle ne se fera pas au détriment des artistes. « Ce produit permet aux fans d’utiliser l’IA pour interagir plus profondément avec la musique et les artistes », explique Michael Nash, vice-président d’UMG. La major promet que les musiciens seront rémunérés à deux niveaux : d’une part pour l’entraînement du modèle sur leurs morceaux, d’autre part lorsque leurs titres serviront à générer de nouvelles œuvres.
Du côté d’Udio, le ton est tout aussi mesuré. Son CEO, Andrew Sanchez, assure que le futur service inclura une dimension sociale — possibilité d’écouter et de partager ses créations — tout en préservant les droits des artistes : « Nous parlons de chansons célèbres, d’artistes reconnus ; il est essentiel de maîtriser cet environnement ».
D’ici au lancement, la version actuelle du service Udio restera accessible, mais sera progressivement ajustée pour intégrer des systèmes d’empreintes numériques et des filtres de reconnaissance sonore. L’objectif est d’identifier toute utilisation non autorisée de morceaux protégés.
Cet accord marque une étape importante pour une industrie musicale en pleine transformation. Les majors, qui ne veulent pas revivre un cauchemar similaire aux années Naspter, et les start-ups commencent à trouver un terrain d’entente. L’industrie du disque a tout intérêt à faire contre mauvaise fortune bon cœur, dans l’espoir qu’émerge un nouveau modèle économique. Et si l’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, elle pourrait bien en devenir un nouvel instrument.
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