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Des astronomes ont capté un cataclysme stellaire si violent qu’il pourrait anéantir une planète entière

Pour la première fois, une équipe internationale a observé une tempête magnétique sur une étoile autre que le Soleil. Elle a été si violente qu’aucune planète voisine n’aurait pu y survivre.

Il arrive régulièrement que des tempêtes solaires frappent la Terre, provoquant de splendides aurores boréales et, si elles sont plus intenses (comme celle de 2023), des surtensions de nos réseaux électriques. Notre Soleil, comme toutes les étoiles, est capricieux, mais ses frasques sont dérisoires au regard de l’explosion radio que des astronomes européens ont retrouvée dans les archives de LOFAR, un gigantesque réseau de radiotélescopes répartis dans toute l’Europe.

Une éruption cataclysmique sur une petite naine rouge située à 133 années-lumière de la Terre, qui s’est étendue sur une minute entière. Un événement « au moins 10 000 fois plus violent que les tempêtes solaires connues », explique l’astronome Cyril Tasse. Une découverte remettant profondément en question nos certitudes sur l’habitabilité des exoplanètes qui se trouvent dans la zone tempérée de ces étoiles, car les naines rouges ont un comportement beaucoup plus erratique et violent que notre Soleil.

Une explosion stellaire hors catégorie

En reprenant les données de 2016 captées par LOFAR, les chercheurs sont tombés sur un pic radio abrupt, provenant d’une petite naine rouge baptisée StKM 1-1262. Malgré son gabarit, son activité magnétique est marquée par des fluctuations rapides, caractéristiques des naines rouges les plus turbulentes.

Après avoir analysé le pic radio, l’équipe a confirmé qu’il s’agissait bien d’une éjection de masse coronale (EMC), un phénomène que l’on n’avait jamais observé hors de notre Système solaire.

En plus d’être inédite, cette EMC a été si brutale qu’elle a probablement libéré en 60 secondes une énergie électromagnétique équivalente à plusieurs milliers de nos tempêtes solaires réunies. Un flux de particules ionisées suffisamment puissant pour arracher, couche par couche, l’atmosphère d’une planète située en orbite proche.

Même si StKM 1-1262 n’est entourée, d’après les informations dont nous disposons, d’aucune voisine galactique, elle nous offre un nouveau cadre d’analyse pour mieux cerner les exoplanètes. En effet, cette explosion extrasolaire forcera les astronomes à revoir les critères de ces mondes « potentiellement habitables », dont beaucoup orbitent autour de naines rouges capables de produire des phénomènes similaires.

Pour Philippe Zarka, directeur de recherche à l’Observatoire de Paris, cette détection « inaugure une nouvelle ère pour la météorologie spatiale appliquée aux autres systèmes stellaires ». Selon lui, ce champ d’étude ouvre « des perspectives majeures sur la manière dont l’activité magnétique des étoiles influence la vie potentielle des planètes qui les entourent ». Nous avions peut-être sous-estimé la dynamique de ces explosions dans notre quête pour la vie extraterrestre, alors qu’en les étudiant de plus près, nous pourrions justement classer plus précisément les planètes qui nous paraissent les plus prometteuses. Un progrès qui nous mettra peut-être sur la bonne voie, celle qui nous mènera enfin vers le premier oasis de vie extrasolaire.

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