La présence de plusieurs poupées sexuelles à caractère pédopornographique sur la plateforme Shein a créé une vague d’indignation inédite en France. Alors que l’entreprise chinoise faisait une arrivée remarquée au BHV Paris la semaine dernière, elle s’est finalement retrouvée au cœur d’une polémique nationale, sur fond de non-respect des normes européennes, et de commercialisation illégale.
Le problème, c’est que si Shein a été très largement pointé du doigt, le reste des plateformes en ligne, et notamment les sites de seconde main et d’artisanat en ligne ne font pas beaucoup mieux lorsqu’il s’agit de protéger l’intégrité des internautes. Vinted a été mis en cause récemment pour avoir laissé circuler des annonces redirigeant vers des contenus pornographiques payants. Désormais, c’est au tour d’Etsy et Leboncoin d’être épinglés pour des manquements similaires : certaines annonces renverraient vers des vidéos X, d’autres, largement plus illégaux, vers des contenus pédopornographiques, parfois généré par IA.
🔴👁️ ENQUÊTE #JT20h : des contenus porno accessibles sur Vinted ?
La plateforme de vente de seconde main est dans la tourmente après la découverte de liens vers des sites pornographiques. #Œildu20h pic.twitter.com/PtETjs4L4Q
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) November 17, 2025
Un phénomène inquiétant et bien rodé
L’enquête menée par France 2 met en lumière des pratiques alarmantes sur ces plateformes : des vendeurs publient des annonces qui, sous des couvertures anodines, dirigent en réalité les acheteurs vers des sites ou messageries pornographiques, généralement payantes. Sur la plateforme Etsy, spécialisée dans les productions artisanales, mais aussi depuis quelques années dans le dropshiping, il était ainsi possible d’accéder à des images d’enfants nus créées par IA en sélectionnant des annonces de lingerie ou de maillots de bain. Même chose sur Leboncoin, qui a retiré en urgence une annonce proposant en apparence des robes, mais redirigeant vers du contenu pornographique payant directement accessible depuis la plateforme, détaille l’enquête. Autant de révélations qui font écho à celle de Vinted, où des vendeurs utilisent notamment des messageries sécurisées comme Telegram pour proposer des contenus pornographiques aux utilisateurs, certains mineurs inclus, via un système de paiement.
Les sites porno sous surveillance, mais pas les plateformes de vente
Alors que la législation européenne et française impose une vérification stricte de l’âge des internautes sur les sites hébergeant du contenu pornographique, ces plateformes de vente en ligne échappent pour l’instant à ces contrôles. L’Arcom, autorité chargée de la régulation de la communication audiovisuelle et numérique, a été saisie et suivra de près ces dossiers. Il faut toutefois s’attendre à ce que la situation empire avec le temps. Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Protection de l’Enfance, a souligné la responsabilité directe de plateformes, alors même que la protection des mineurs en ligne devient un enjeu majeur.
Quelles protections sur les sites ?
Face aux critiques, certaines entreprises comme Vinted affirment disposer d’outils de détection proactive et d’une politique de tolérance zéro. Mais ces mesures peinent à convaincre les autorités et les associations. S’il parait compliqué pour ce type de plateformes grand public d’interdire leur accès aux plus jeunes, ou même de filtrer parfaitement les annonces problématiques, il devient urgent de trouver des solutions pérennes et efficaces pour éviter que des contenus illégaux ne circulent librement. Les entreprises, quant à elles, vont devoir assumer pleinement leur mission de protection des utilisateurs, en particulier des mineurs.
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