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Decathlon crée une combinaison spatiale révolutionnaire : la surprise française de la décennie

Notre industrie nationale essuie souvent les plâtres et les critiques, mais quand on voit ce que vient de réaliser Decathlon, on se rappelle que la France n’a pas encore perdu tout son génie.

Qui l’eût cru ? Decathlon, entreprise née au bord des parkings de Villeneuve-d’Ascq avant de devenir un mastodonte mondial des sports, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un partenariat inédit. L’entreprise du Nord s’est alliée au CNES (Centre national d’études spatiales), à la start-up Spartan Space et au MEDES (Institut de Médecine et Physiologie Spatiales) pour concevoir la toute première combinaison spatiale intravéhiculaire européenne (IVA).

Rien ne prédestinait cette marque populaire à flirter avec l’orbite basse, sinon une qualité devenue rare dans l’industrie : son excellence dans l’ergonomie. Le CNES cherchait une combinaison rapide à enfiler pour les astronautes et résistante aux conditions des vols habités, c’est pourquoi il avait besoin de réunir ce trio d’acteurs aux expertises différentes, mais complémentaires. Spartan Space a élaboré le concept opérationnel de la combinaison (formes, volumes, contraintes d’usage, posture de sécurité, etc.), le MEDES a fixé les critères biomédicaux indispensables, pour que Decathlon puisse transformer tout cela en un vêtement respectant ces exigences.

Decathlon, l’enfant du Nord qui rêvait d’espace

Tout a commencé en 2023, lorsque le CNES s’est mis à la recherche d’un partenaire pour concevoir une IVA, un vêtement indispensable aux vols spatiaux, que les astronautes portent durant les décollages de fusées ou les amarrages (sur l’ISS, par exemple).

Pour un tel projet, le cahier des charges était nécessairement drastique, puisque l’IVA doit aussi servir en cas de dépressurisation d’urgence : étanchéité totale, résistance au feu, capteurs biométriques intégrés, et surtout la possibilité de l’enfiler seul, rapidement, en gravité quasi nulle.

Le sous-directeur Exploration et vols habités au CNES, Sébastien Barde, a expliqué à Franceinfo : « Notre objectif était de concevoir une combinaison qui s’enfile vite, en moins de deux minutes. C’est de là qu’on a pensé à Decathlon ». En vérité, le CNES a agi de manière très utilitariste : plutôt que de demander au secteur spatial de réinventer un savoir-faire textile qu’il ne possède pas, il est allé chercher une entreprise qui en a la maîtrise depuis presque quarante ans.

Cette combinaison est aussi un mouvement souverain, prouvant que l’Europe peut toujours gagner en autonomie dans le secteur aérospatial face aux titans comme SpaceX ou Blue Origin (Amazon). Barde le rappelle sous un angle plus politique : « Depuis l’élection de Donald Trump, les Européens ont l’ambition d’être plus autonomes sur les vols habités à long terme ».

Si Spartan Space assure la direction technique du projet, c’est bien Decathlon qui met « les mains dans le tissu ». Grâce à son pôle R&D de Lille et à ses ingénieurs talentueux, l’entreprise a ainsi pu produire le premier prototype. « C’est un projet extraordinaire, qui a généré beaucoup de fierté », souligne Sébastien Haquet, qui dirige le service Advanced Innovation chez Decathlon.

En dix mois, quarante personnes ont travaillé avec acharnement pour donner naissance à cette combinaison, baptisée sobrement Eurosuit. Un délai de production remarquable pour une entreprise qui n’avait jamais travaillé dans ce secteur.

Eurosuit
L’esthétique de la combinaison est très réussie ; elle rappelle un peu celles de Mass Effect. © Decathlon

L’Eurosuit sera mise à l’épreuve début 2026 dans l’ISS par la Française Sophie Adenot, seule personne en mesure de confirmer si la combinaison s’enfile réellement en deux minutes en microgravité. Pour préparer ce test, elle était déjà venue à Lille en amont pour un scanner corporel complet et un premier essayage avec les équipes de Decathlon. Si cet essai orbital confirme le confort et la rapidité d’enfilage, le consortium pourra passer à l’étape suivante : intégrer les capteurs, le casque et le bloc respiratoire pour proposer un prototype « démonstrateur sol », plus avancé, autour de 2026-2027. L’objectif ultime étant que l’Eurosuit soit choisie par un futur constructeur européen de cargos pour les vols habités : croisons les doigts !

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