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Trump ne voit pas d’un bon œil le rachat de Warner par Netflix

Le président des États-Unis a annoncé qu’il entendait “s’impliquer” dans le dossier, pour éviter un abus de position monopolistique.

Il fallait s’y attendre. Quelques jours après l’annonce surprise du potentiel rachat de Warner Bros Discovery par Netflix, l’industrie du divertissement s’est enflammée. Il faut dire que si le N rouge a gagné la guerre des enchères, et que les négociations finales sont en cours, rien n’est encore joué. À première vue, cette fusion soulève des questions antitrust majeures. Netflix, leader mondial incontesté avec environ 21 à 27% des parts de marché selon les régions, absorberait HBO Max et les mythiques studios Warner Bros. Le résultat pourrait être vertigineux, avec un catalogue incluant la nouvelle série Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, les héros DC comme Batman ou Superman, et plusieurs phénomènes internationaux comme Game of Thrones.

Trump veut mettre son grain de sel

C’est dans ce contexte de profond bouleversement du marché que Trump s’est mêlé de l’affaire. Le président américain a pris de cours l’industrie du streaming en déclarant publiquement ses doutes sur le pacte financier annoncé récemment entre les deux géants du divertissement. Lors d’une apparition au Kennedy Center de Washington le 7 décembre, il a pointé du doigt la domination déjà écrasante de Netflix sur le marché vidéo à la demande, indiquant qu’une fusion pourrait “poser problème”. L’homme politique prévoit désormais de s’impliquer dans le dossier pour jouer les juges de paix (ou mettre de l’huile sur le feu).

Il faut dire que les enjeux économiques sont colossaux. D’un côté, Netflix consoliderait sa position face à Disney+ et Amazon Prime Video dans une guerre du streaming où les abonnés fuient les hausses de prix et la saturation de contenus. De l’autre, Warner Bros Discovery récupérerait 83 milliards de dollars, et une sacrée force de frappe sur un marché où l’entreprise a de la peine à s’imposer. Reste que rien n’est encore acté : le feu vert des autorités reste incertain, car cette union pourrait créer un quasi-monopole, capable de dicter les prix sur l’ensemble du marché.

Trump, grand gagnant de l’affaire ?

L’intervention de Trump n’est pas anodine dans un secteur où politique et affaires s’entremêlent. Réélu en 2024, le Républicain incarne une administration libérale, trop peut-être. Reste que l’antitrust plane sur cette fusion. Avec ses 13% de croissance sur le premier trimestre, Netflix mise sur Warner pour booster ses abonnés et contrer la fragmentation du marché. Mais si Trump bloque, cela pourrait relancer les enchères ou forcer la révision du deal.

Au-delà des États-Unis, l’Europe et la France pourraient ressentir l’onde de choc d’un tel rachat. Avec un catalogue enrichi, Netflix renforcerait sa présence sur les marchés locaux, où il domine déjà au Royaume-Uni (27%) ou au Canada (24%).

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