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Pornhub bientôt de retour en France ? Aylo annonce une collaboration inattendue avec l’Europe

Le propriétaire de Pornhub, Aylo, rejoint le pilote européen d’une application de vérification d’âge respectueuse de la vie privée.

C’est peut-être le début de la fin d’un bras de fer juridique qui a tenu le monde en haleine cette année. Aylo a confirmé qu’il participerait au programme pilote lancé par la Commission européenne autour de son application de vérification d’âge. Cette application, mise à disposition en juillet, devrait servir de référence technique pour aider les plateformes à se conformer aux obligations de protection des mineurs prévues par le Digital Services Act (DSA). Concrètement, il s’agit moins d’un produit fini que d’un modèle clés en main que les États ou les entreprises pourront adapter à leurs propres systèmes.​ Et la bonne nouvelle, c’est qu’il est présenté comme plus respectueux de la vie privée, point jusqu’à présent bloquant dans l’argumentaire avancé par Aylo.

Une application pour vérifier l’âge des internautes

Le pilote est déployé dans cinq États membres : le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie et l’Espagne. L’application s’appuie sur une architecture proche de celle du futur portefeuille d’identité numérique européen : l’idée est de permettre à un utilisateur de prouver qu’il est majeur, sans que le site pornographique ou la plateforme sociale ait directement accès à ses données d’identité. La Commission insiste sur des principes de non‑intrusivité et de minimisation des données, afin de ne transmettre au site qu’une information binaire (majeur/non majeur).

Pour Aylo, la participation au pilote marque un tournant encourageant, après une bataille juridique et médiatique qui s’éternise face aux régulateurs européens. Le groupe répète qu’il n’est pas hostile à la vérification d’âge en tant que telle, mais qu’il la juge inefficace ou dangereuse si elle repose sur des solutions fragmentées, pays par pays, ou sur des collectes de données sensibles. La promesse d’une application officielle, interopérable, centrée sur la protection de la vie privée, rend le modèle nettement plus acceptable. Aussi, cela permettrait à la solution d’être appliquée à grande échelle, adoptée par un nombre suffisant d’utilisateurs et soutenue par un cadre d’application cohérent dans l’Union européenne. En parallèle, l’entreprise pousse sa vision d’une vérification d’âge device‑based, qui s’appuierait sur l’écosystème des systèmes d’exploitation et des stores d’applications plutôt que sur des contrôles isolés à chaque site.

Aylo dans le viseur

Si l’annonce fait du bruit, c’est parce qu’Aylo s’est retrouvé en première ligne des régulations nationales sur la pornographie en Europe, et plus généralement dans le monde. Plusieurs États américains ont bloqué les plateformes du groupe, et en France, l’entreprise a préféré se retirer plutôt que de se conformer aux règles imposées. Une situation qui a logiquement fait chuter son audience en France.

En parallèle, la Commission européenne a annoncé une étude sur le respect du DSA par les grands sites pour adultes, dont Pornhub. Le message implicite est double : d’un côté, Bruxelles propose un outil standardisé pour simplifier la conformité technique. De l’autre, elle intensifie la surveillance et se réserve la possibilité de sanctionner les plateformes qui ne jouent pas le jeu. Pour Aylo, se positionner tôt dans le pilote d’une solution européenne harmonisée, permet à la fois de prouver sa bonne foi, et de faire peser ses arguments dans la définition du futur standard qui sera adopté.

Faut-il prouver son âge partout en ligne ?

Au‑delà du porno, le projet d’application de vérification d’âge s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’un Internet qui vérifiera systématiquement la majorité des inetrnauets pour accéder à certains contenus sensibles ou règlementés. Le DSA vise explicitement les risques pour les mineurs (addiction, harcèlement, exposition à des contenus violents ou sexuels), et la Commission place la vérification d’âge au centre de la réponse technique, qui pourrait s’appliquer non seulement aux sites X, mais aussi aux plateformes qui commercialisent de l’alcool et du tabac, ou même aux réseaux sociaux, avec une interdiction abaissée à 15 ans. Reste à savoir si les utilisateurs accepteront de multiplier ces contrôles, même avec des promesses de confidentialité, et si les solutions seront réellement interopérables entre réseaux sociaux, sites pour adultes et autres services sensibles.​

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