Passer au contenu

Le chocolat noir pourrait vous aider à vivre plus longtemps et en meilleure santé, selon une étude

Ce n’est pas une raison pour vous en enfiler quatre tablettes par jour, mais avouez qu’il y a pire comme remède anti-âge, non ?

Parmi tous les types de chocolats existant, le chocolat noir est celui qui est le plus régulièrement mis en avant dans la littérature scientifique pour la richesse de ses bienfaits nutritionnels. Consommé raisonnablement, c’est un excellent cardioprotecteur et il calme les états inflammatoires, mais jamais il n’avait été sérieusement étudié pour son impact potentiel sur la vitesse du vieillissement.

Une étude assez récente, publiée le 11 novembre dans la revue Aging, vient de mettre en évidence que certains composés naturellement présents dans le chocolat noir semblent associés à un décalage favorable entre l’âge chronologique et l’âge biologique. Attentionb, n’y voyez pas non plus un élixir de jouvence, inutile donc d’en stocker des palettes pour plus tard !

Le cacao et votre ADN : une relation très intime

Le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde végétal naturellement présent dans le cacao. Ses concentrations sont logiquement plus élevées dans le chocolat noir, car celui-ci contient plus de cacao que ses homologues, lui conférant ce goût amer si apprécié des amateurs. C’est d’ailleurs cette molécule qui est responsable de sa toxicité pour les chiens et les chats (entre autres), car, contrairement à eux, nous sommes l’une des rares espèces animales capables de la métaboliser efficacement.

Les chercheurs à l’origine de cette étude ont démontré que les personnes avec davantage de théobromine dans le sang présentent des marqueurs biologiques indiquant que leur corps vieillit moins vite que leur âge réel.

Comment expliquer ce lien ? Pour mieux comprendre, il faut nous plonger dans les mécanismes internes de nos cellules. Les composés végétaux comme la théobromine peuvent interagir avec notre machinerie cellulaire, notamment avec l’épigénome (l’ensemble des marques chimiques qui régulent l’activité de nos gènes sans modifier l’ADN lui-même). En modulant l’expression de certains gènes liés à la longévité ou à la santé cardiovasculaire, la théobromine pourrait influer sur la vitesse à laquelle nos cellules vieillissent.

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a réuni plus de 2 000 participants, en analysant leur sang à l’aide de deux techniques. Ils ont d’abord mesuré les modifications chimiques de l’ADN, utilisées pour estimer le rythme du vieillissement biologique (horloges épigénétiques, basées sur la méthylation de l’ADN, un « interrupteur » réglant la lecture de nos gènes). Ensuite, ils se sont intéressés aux télomères, des petites structures protectrices situées à l’extrémité des chromosomes, dont la longueur diminue à mesure que nous vieillissons.

Quels que soient les indicateurs retenus après les analyses sanguines (épigénétiques ou télomériques), les individus dont le sang était plus chargé en théobromine présentaient un âge biologique inférieur à celui attendu pour leur âge chronologique.

Ramy Saad, chercheur principal de l’étude, est très enthousiaste quant à ces résultats : « C’est une découverte très stimulante. Les prochaines questions portent sur les mécanismes précis en jeu et sur la manière dont les métabolites alimentaires interagissent avec notre épigénome. Cette approche pourrait déboucher sur des avancées importantes dans l’étude du vieillissement, et même au-delà, pour des maladies courantes ou rares ».

L’équipe n’ose cependant pas trop s’avancer : il est possible que la théobromine ne soit pas la seule à agir. En effet, le chocolat noir contient aussi des polyphénols, connus pour leurs effets antioxydants, et l’hypothèse d’une action combinée est sérieusement envisagée. Si vous êtes fan de chocolat noir, le mot d’ordre reste : modération. Il reste un aliment gras et sucré, pas franchement nécessaires pour votre organisme, et l’UFC-Que Choisir a découvert plus tôt cette année que du cadmium se retrouvait dans les tablettes commercialisées. Un métal lourd très toxique pour le corps, qui achève de replacer cette étude à sa juste place : intéressante sur le plan biologique, mais insuffisante pour réhabiliter le chocolar comme un soi-disant allié santé.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode