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Après l’explosion d’un de ses satellites, SpaceX entreprend une manoeuvre inédite

SpaceX est l’un des premiers occupants de l’orbite basse terrestre. Une présence massive qui n’est pas sans danger.

Les temps sont durs pour SpaceX. L’entreprise spatiale, dirigée par Elon Musk depuis plus de 20 ans, se retrouve dans la tourmente. Fin décembre, un satellite de sa constellation Starlink (offrant une connexion à internet partout dans le monde) a subitement explosé.

Si SpaceX a longuement tenté de limiter la portée de cet incident, parlant d’un « problème mineur » à de nombreuses reprises, les conséquences de cette explosion sont elles inédites. C’est Michael Nicolls qui vient de les annoncer sur ses réseaux sociaux. Le vice-président de SpaceX en charge de l’ingénierie a publié un message clair ce 2 janvier.

4400 satellites de la constellation Starlink vont changer d’orbite. Actuellement, ils circulent à 550 kilomètres de la Terre. Dans quelques semaines, ils ne seront plus qu’à 480 kilomètres. Une descente de 70 bornes liée à un problème que SpaceX commence à toucher du doigt : la surpopulation orbitale.

Limiter les risques

En se rapprochant de la surface de la Terre, les satellites de la constellation Starlink libèrent une orbite stratégique. Ils permettent surtout de désengorger une fine tranche de l’espace, entre 550 et 650 kilomètres au-dessus de nos têtes. Depuis quelques années, les lancements dans ce fin espace se multiplient.

L’objectif pour Michael Nicolls et SpaceX est donc de limiter les risques d’un autre incident de ce type. Il faut dire qu’avec seulement deux explosions pour plus de 9000 satellites lancés en orbite, cette fin d’année 2025 fait tache dans l’agenda de l’entreprise.

La Chine accusée à demi-mot

Sans strictement la nommer, la Chine semble dans tous les esprits du côté de Boca Chica, la base opérationnelle de SpaceX. Les entreprises privées chinoises ont la fâcheuse tendance de lancer des satellites en orbite, sans prévenir leurs homologues américains.

Il y a quelques semaines, deux appareils en orbite se sont frôlés, passant à quelques mètres l’un de l’autre. Une situation inadmissible. Michael Nicolls avait fustigé ses confrères sur les réseaux sociaux. En ce début janvier, il s’est contenté de dire que ce changement d’orbite allait améliorer la sécurité de sa constellation « en particulier avec des risques tels que des manœuvres et des lancements non coordonnés par d’autres opérateurs de satellites. » 

Starlink : un monopole… plus pour longtemps ?

SpaceX a beau critiquer la récente course à l’espace, elle en est l’une des principales responsables. Avec sa constellation Starlink, ce sont près de 10 000 satellites qui volent en orbite tous les jours au-dessus de nos têtes. Surtout, la mise en place de ce service d’internet par satellite a ouvert la voie à d’autres entreprises.

L’Europe veut sa propre constellation, pour être souverain sur le marché des télécommunications, au moins sur son territoire. La Chine ne compte pas utiliser Starlink et développe sa propre technologie. La Russie avec un territoire immense et une couverture très coûteuse à mettre en place au sol surveille de près les constellations fonctionnelles. Moscou pourrait se rapprocher de Pékin dans les prochaines années pour utiliser un service commun.

Autant de projets qui nécessitent tous des centaines, voire des milliers de satellites en orbite. De quoi augmenter de façon exponentielle les risques d’une collision entre deux appareils ? Si un tel évènement se produit, il ouvrirait la porte à une réaction en chaîne difficilement contrôlable, avec des débris volant dans le vide de l’espace, prêt à détruire le moindre satellite présent sur la même trajectoire.

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