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Tesla supprime l’Autopilot de série sur ses voitures pour que vous passiez à un abonnement hors de prix

Dans une évolution stratégique majeure, Tesla a officiellement retiré Autopilot, jusqu’ici livré de série avec ses voitures, du catalogue de fonctions incluses dans ses Model 3 et Model Y aux États-Unis et au Canada, bientôt en France ?

Désormais, l’assistance à la conduite avancée ne sera accessible qu’aux conducteurs qui souscrivent à l’offre Full Self-Driving (FSD), une fonctionnalité qui est passée récemment à un modèle exclusivement par abonnement mensuel de 99 $. Cette décision, confirmée dans la configuration en ligne des véhicules et par les déclarations du groupe, marque une rupture importante dans la manière dont Tesla monétise ses technologies d’assistance à la conduite.

Auparavant, chaque Tesla neuve était livrée avec Autopilot de base, comprenant notamment le régulateur de vitesse adaptatif (Traffic-Aware Cruise Control) et l’assistance de maintien dans la voie (Autosteer). À partir de cette semaine, seuls ces réglages de vitesse restent offerts de série. Pour obtenir des fonctions telles que le suivi automatique de la voie ou d’autres aides avancées, il faut désormais activer un abonnement au FSD, un service maintenant proposé en abonnement. Cette transformation rend explicite ce que beaucoup pressentaient depuis plusieurs mois, la conduite semi-autonome chez Tesla devient un service récurrent et non plus un avantage produit inclus dans le véhicule.

La bascule vers l’abonnement exclusif intervient en parallèle de l’annonce par Elon Musk que Tesla cessera de vendre le logiciel FSD en achat unique après le 14 février 2026, à partir de cette date, la seule option pour accéder à ces fonctions avancées sera le paiement mensuel. Ce changement de modèle économique reflète, selon la direction, une volonté de sécuriser un flux de revenus récurrents autour du logiciel plutôt que des ventes ponctuelles.

Une décision commerciale autant que technologique

Ce revirement intervient alors que les ventes de Tesla à travers le monde tournent au ralentit, en particulier en 2025, ainsi que de pression accrue des régulateurs et des autorités de sécurité routière. Le constructeur a récemment fait face à des critiques sévères pour la manière dont il a commercialisé ses fonctions d’assistance, accusé d’avoir présenté comme autonome un système qui exige toujours la supervision active du conducteur. Une décision de justice en Californie a ainsi estimé que Tesla avait trompé certains consommateurs avec le nom Autopilot, conduisant l’entreprise à modifier ses communications.

Il ne s’agit pas seulement d’une manœuvre marketing, les autorités américaines ont ouvert plusieurs enquêtes officielles sur la sécurité des systèmes Autopilot et FSD, en lien avec des cas où des véhicules équipés de ces technologies ont été impliqués dans des collisions ou des usages inappropriés. Cette surveillance accrue a influencé la perception publique et institutionnelle de ces technologies, et a pesé sur la stratégie commerciale du groupe.

Ce que le FSD offre réellement aujourd’hui

Malgré son nom suggestif, le Full Self-Driving, rebaptisé par Tesla FSD Supervised dans ses dernières versions, n’est pas un système de conduite totalement autonome de niveau 4 ou 5 selon les standards SAE. Il s’agit d’un assistant avancé à la conduite capable de gérer certaines situations en circulation (changement de voie, navigation sur autoroutes, réponses aux feux et stop, etc.), mais le conducteur doit rester vigilant et prêt à reprendre le contrôle en permanence.

Dans plusieurs pays, dont la France, ce système n’est toujours pas homologué, faute d’un cadre légal permettant l’utilisation de fonctions très avancées d’autonomie. Tesla espère toutefois obtenir des approbations progressives dans l’Union européenne, à commencer par les Pays-Bas.

Un modèle controversé

La suppression d’Autopilot gratuit et la mise en abonnement du FSD suscitent des réactions contrastées. Pour certains propriétaires et observateurs, cette décision aligne Tesla sur un modèle “software-as-a-service” qui valorise davantage la capacité de l’entreprise à générer des revenus récurrents qu’à offrir des technologies de sécurité de base. D’autres y voient une opportunité de rendre la conduite autonome plus flexible, plutôt que d’acheter à prix fort une option parfois sous-utilisée, certains conducteurs pourraient préférer une formule mensuelle qu’ils activent uniquement lorsqu’ils en ont besoin.

Les critiques pointent également que des constructeurs concurrents, y compris des marques généralistes comme Toyota ou Volkswagen, ont commencé à proposer des aides à la conduite sophistiquées (parfois similaires à Autosteer) sans coût additionnel sur certains modèles, ce qui pourrait affaiblir l’attrait de Tesla sur le plan fonctionnel.

Pour Tesla, l’enjeu est donc de faire du logiciel un centre de profit essentiel, capable de compenser la stagnation des marges sur le matériel (les voitures elles-mêmes) et de justifier les investissements massifs dans l’intelligence artificielle et la robotique. La montée de l’abonnement FSD s’inscrit dans une stratégie plus vaste qui inclut des visions ambitieuses de robotaxis sans pilote à terme, bien que ces derniers restent pour l’instant expérimentaux aux US.

Alors quelle place pour la conduite autonome dans un marché où les attentes des utilisateurs, la réglementation et les technologies ne sont pas encore alignées ? Tesla a choisi d’accélérer vers une offre logicielle monétisée, mais d’autres constructeurs pourraient privilégier une approche différente, plus centrée sur l’intégration sécurisée et standardisée de fonctions d’assistance sans surcoût.

En Europe, et donc en France, Tesla continue de proposer l’Autopilot (et les packs optionnels d’assistance qui lui sont liés) sur les véhicules, mais le système Full Self-Driving (FSD) supervisé n’est toujours pas homologué pour un usage client normal sur les routes françaises, la réglementation européenne ne permet pas encore à Tesla d’activer cette conduite autonome avancée, malgré des tests et démonstrations. Si ce logiciel devait être homologué à l’avenir (par exemple via une première approbation aux Pays-Bas en 2026 qui pourrait servir de précédent), il est probable que Tesla appliquera également en France et en Europe le modèle d’abonnement pour accéder à ces fonctions, comme annoncé aux US.

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