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TikTok passe (en partie) aux mains des Américains, et évite de peu l’interdiction

TikTok vient d’annoncer la finalisation d’un accord majeur avec des investisseurs US pour créer une entité contrôlée à 80,1% par des Américains.

TikTok semble (enfin) sorti d’affaires. Depuis août 2020, l’application chinoise faisait l’objet de soupçons récurrents sur la sécurité nationale, accusée de pouvoir transmettre des données sensibles au Parti communiste chinois via ByteDance, sa maison-mère. Donald Trump, réélu en 2024 et investi en janvier 2025, avait tenté en vain de la bannir lors de son premier mandat, avant de finalement retourner sa veste et de se poser en défenseur de la plateforme.

Entre-temps, une loi américaine avait imposé à ByteDance de céder ses opérations américaine d’ici janvier 2025, sous peine d’interdiction totale sur le territoire de l’Oncle Sam. Trump a prolongé les délais via un décret prononcé du 25 septembre 2025, mais la menace pesait toujours sur les 200 millions d’utilisateurs et 7,5 millions d’entreprises dépendants de la plateforme. Les batailles juridiques ont multiplié les reports, mais la pression montait à mesure que l’échéance du 23 janvier 2026 approchait. L’accord annoncé ce jeudi 22 janvier 2026, marque la fin d’années d’incertitude, transformant un risque de black-out en opportunité de restructuration.

TikTok passe aux mains des USA

Au cœur de cet accord, TikTok va passer aux mains des Américains, au moins sur les données qui concernent le pays. ByteDance conserve 19,9% des parts, et les investisseurs américains et internationaux détiennent désormais 80,1% de la firme : Oracle, Silver Lake et MGX se taillent la part du lion, avec un conseil d’administration à majorité américaine.

Dans un mémo interne partagé par Reuteurs, Shou Zi Chew, PDG de TikTok, a qualifié l’accord de “fantastique nouvelle”, soulignant la continuité pour les créateurs, qui ne seront pas impactés par le changement de direction. Les utilisateurs américains accéderont toujours à la même application, mais avec des garde-fous, comme l’isolation des données sur Oracle Cloud, une modération de contenu accrue et des audits indépendants. ByteDance garde un pied dans les opérations, mais se contentera de gérer l’algorithme, sous supervision stricte des États-Unis.

Un sauvetage in extremis

Économiquement, c’est un sauvetage. TikTok pèse des milliards en publicité, et influence largement la culture américaine. Un ban définitif aurait eu l’effet d’une bombe dans le pays. Pour ByteDance, c’est une retraite stratégique plus qu’un aveu de faiblesse. Pour les nouveaux investisseurs comme Oracle qui entrent dans l’écosystème, c’est le jackpot.

À court terme, rien ne change pour les internautes, mais l’horizon reste flou. Le gouvernement chinois n’a pas encore commenté officiellement l’affaire, et des défis réglementaires pourraient surgir. Trump pourrait serrer la vis si les audits révèlent des failles. En Europe, la DSA pourrait quant à lui s’inspirer de cet accord pour imaginer un modèle similaire.

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