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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans : Meta supplie l’Australie de faire marche arrière

Après avoir supprimé plus de 544 000 comptes australiens, Meta demande un assouplissement des règles.

Le 10 décembre 2025, l’Australie marquait l’histoire en devenant le premier pays au monde à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux utilisateurs de moins de 16 ans. Cette mesure, adoptée fin novembre 2024 sous l’impulsion du Premier ministre Anthony Albanese, ciblait des géants comme Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Snapchat, Reddit, mais aussi Twitch, Kick, Threads et X. À l’heure où la France envisage de prendre des mesures similaires à travers l’instauration d’une majorité numérique, le pays est le premier a avoir fait le choix d’une interdiction radicale.

Meta veut une politique plus souple

Le problème, c’est que si Meta a annoncé avoir pris les dispositions nécessaires pour respecter la loi, elle exhorte désormais le pays à faire marche arrière. Le 12 janvier 2026, l’entreprise a publié un communiqué, en appelant Canberra à “collaborer constructivement avec l’industrie” pour des solutions plus nuancées. Plutôt qu’une interdiction générale, Meta plaide plutôt pour un relèvement collectif des standards de sécurité, avec la possibilité de proposer des expériences adaptées à l’âge.

La firme propose une alternative concrète : imposer une vérification d’âge et un consentement parental avant tout téléchargement d’apps pour les moins de 16 ans. Selon Meta, il s’agirait du seul rempart efficace contre le contournement par des plateformes émergentes et moins régulées. Car c’est bien sur ce point que joue l’entreprise de Mark Zuckerberg : comme Pornhub avant elle, Meta martèle que l’interdiction de ses réseaux sociaux est un risque pour les jeunes, qui seront plus tentés de migrer vers des espaces d’échanges sauvages.

Et en Europe ?

Cette offensive australienne fait des vagues internationales. En Europe, le Digital Services Act pousse déjà à plus de responsabilité, mais sans bannissement total. Aux États-Unis, certains comme la Floride flirtent avec les restrictions d’âge, sans s’y résoudre totalement. L’Australie est – pour le moment – le seul pays à avoir mis en place un modèle aussi radical. En marge des évidentes question de souveraineté des données utilisateurs, la loi pourrait inspirer le reste du monde – et la France – à sévir face aux pratiques de Meta, et des autres géants du web. Reste à voir si les chiffres autour de la santé mentale des ados s’améliorent – ou si les contournements explosent.

Car c’est tout l’objectif ​: dans une période compliquée pour la santé mentale, l’augmentation précoce du temps passé sur les réseaux est un facteur déterminant. Sur fond de cyberharcèlement et de représentations toxiques, l’Australie cherche des solutions concrètes.

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