Rappelons une chose importante : les vélos électriques sont légalement bridés à 25 kilomètres-heure. Sur le papier, il est impossible d’aller plus vite avec une bicyclette électrifiée. Mais en oubliant deux secondes les textes de loi, Van Rysel (la filiale cyclisme de Décathlon) vient de construire le vélo électrique ultime.
À l’occasion du salon des Vélofollies, elle vient de présenter FTP². Derrière de pari fou, un prototype. Ce vélo, qui ne finira jamais sur nos routes, est capable d’atteindre la vitesse de 150 kilomètres par heure (dans certaines conditions). De quoi être en infraction sur l’autoroute. Avec le FTP², Van Rysel veut théoriquement doubler la Functional Threshold Power (vitesse maximale qu’un cycliste peut tenir pendant une heure).
Un moteur de 850 watts
Pour arriver à une telle vitesse, Van Rysel a développé un moteur hors norme. La firme utilise le Mahle M40. Spécialisé développé pour ce projet, il délivre une puissance de 850 watts pour 105 Nm de couple. À titre de comparaison, un vélo électrique traditionnel offre 250 watts.
Dans des conditions de roulage classique, le vélo devrait atteindre les 70 à 80 kilomètres par heure. Sur une légère pente descendante, il serait capable de dépasser les 150 km/h. Les ingénieurs derrière ce prototype reconnaissent néanmoins que c’est « l’endurance humaine » qui sera le premier frein de ce prototype.
Un laboratoire technique pour l’avenir
En voyant un tel vélo électrique sur scène, on peut légitimement se demander l’utilité de ce concept. Il ne verra jamais nos routes et ne fera jamais plus que quelques kilomètres dans sa vie. Alors pourquoi Décathlon a dépensé du temps et de l’argent pour concevoir ce projet ?

Pour préparer l’avenir. En poussant toutes ses connaissances à leur maximum, la firme nordiste espère trouver des technologies novatrices, qui seront utilisées par le grand public dans les prochaines années. Avec le FTP², le point le plus intéressant n’est peut-être même pas le vélo.
Pour ce produit d’exception, Van Rysel a mis au point des chaussures spéciales. Depuis des décennies, les cyclistes utilisent déjà des chaussures particulières pour pédaler. Elles sont équipées d’une cale sous la semelle, un système qui présente de nombreux avantages.
Mais avec le FTP², Van Rysel réinvente cette solution. La marque propose une chaussure-pédale 2 en 1. Le moyeu est directement intégré à la plaque carbone de la semelle. Les pièces intermédiaires ont disparu, la chaussure à elle seule permet de pédaler. Une évolution technique majeure, qui ne présente aujourd’hui qu’un problème pratique.
Une fois visée au pédalier, la chaussure doit être dévissée. Il faut donc l’aide d’un tiers (et une bonne trentaine de secondes) pour monter et descendre du vélo en toute sécurité. Pas la solution la plus pratique. Van Rysel explique travailler sur ce sujet en particulier pour trouver une solution.
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