Les ordres de la Maison-Blanche, bien qu’il n’aient jamais été officialisées ainsi, sont clairs : la NASA doit renvoyer des hommes sur la Lune avant 2029, date de la fin de mandat de Donald Trump. Avant l’investiture de son successeur, dans moins de trois ans, l’agence spatiale américaine devra donc réaliser l’impensable : envoyer des hommes sur la Lune.
Avec la mission Artemis II plus tôt cette année, l’agence avait marqué de gros point dans sa course à distance avec la Chine (qui ambitionne elle aussi de se rendre sur la Lune et vise 2029, pour les 80 ans de la République Populaire de Chine). Mais ce 29 mai, lors d’un essai au sol, l’entreprise privée de Jeff Bezos (le fondateur d’Amazon), Blue Origin a vu sa fusée New Glenn exploser. Revenons en détail sur cet échec et les conséquences de ce dernier.
Un nouvel échec
Blue Origin devait réaliser d’importants tests statiques avec sa fusée New Glenn ce 29 mai. La fusée ne devait pas quitter le pas de tir de Cap Canaveral, mais ses moteurs allaient être mis à contribution, comme pour simuler un lancement. Une pratique courante dans le monde spatial, qui n’avait d’ailleurs pas attiré l’attention outre mesure.
Après un premier lancement en avril compliqué (et un satellite qui n’a pas réussi à rejoindre l’orbite), cette explosion au sol, beaucoup plus spectaculaire, est un revers de plus pour Blue Origin. Si dans un message sur les réseaux sociaux, Jeff Bezos a assuré que «tout le personnel était en sécurité» le fondateur d’Amazon est loin de passer la meilleure journée de sa vie.
Blue Origin fume, la NASA tousse
Alors que les cendres de la New Glenn sont encore chaudes, Blue Origin assure être déjà au travail pour comprendre les causes de cet accident. Si une fusée peut exploser lors d’un vol statique (cela avait été le cas du Starship de SpaceX par le passé), cela reste assez rare. En attendant de connaître les conclusions de cet incident, Blue Origin risque d’être coulé au sol par la FAA, la fédération américaine de l’aviation.
Une très mauvaise nouvelle pour l’entreprise, assurément, mais aussi pour la NASA. Nous en parlions plus haut mais l’agence spatiale américaine se livre une vraie course à la Lune avec la Chine. Or Blue Origin faisait partie de ses alliés de poids pour atteindre son objectif dans les temps. La fusée New Glenn devait notamment être utilisé pour transporter le HLS (Human Landing System), le module capable de descendre sur la Lune, s’y poser et redecoller en direction de l’orbite (ou il sera récupéré par le module de vie Orion, déjà testé avec Artemis II).
En faisant exploser sa fusée sous les yeux du monde, Blue Origin est loin de marquer des points auprès de la NASA. L’agence spatiale américaine se réserve le droit de son côté d’utiliser une autre fusée en guise de HLS. Le Starship de SpaceX est évidemment en pole position pour récupérer ce contrat historique. Elon Musk n’a d’ailleurs pas raté cet incident de son principal concurrent.
Le fondateur et PDG de SpaceX, connu pour son franc-parler, a simplement répondu à une vidéo de l’explosion sur les réseaux sociaux avec ce message :
Most unfortunate. Rockets are hard.
— Elon Musk (@elonmusk) May 29, 2026
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