En 2004, les moustiques tigres ne s’étaient implantés que dans un seul département français. Vingt-deux ans plus tard, il en occupe 81, soit 84 % du territoire métropolitain. La progression a été rapide et exponentielle, pour le plus grand malheur des vacanciers. Au 1er janvier 2026, l’ANSES rendait un état des lieux pessimiste de la situation.
Le moustique tigre est partout
Le moustique tigre a gagné. Trois millimètres de rayures noires et blanches, une piqûre qui fait mal, des pics d’activité en matinée et en fin d’après-midi, et surtout un silence total, à l’inverse du moustique commun qui vous prévient de son arrivée à coup de bourdonnement insupportable. Contrairement à son cousin, le moustique tigre n’a pas besoin de marécage : une soucoupe de pot de fleurs, un fond de gouttière ou un seau oublié au fond du jardin lui suffisent.
L’Île-de-France est particulièrement touchée : les huit départements franciliens sont colonisés, et Paris n’échappe pas à la règle, dopée par l’effet d’îlot de chaleur urbain qui prolonge la saison et multiplie points d’incubation. Les rares poches encore épargnées se comptent au nord et à l’ouest, dans la Creuse, la Manche, le Finistère, les Ardennes, ainsi que dans quelques départements normands. Le problème, c’est que la bestiole prolifère, et qu’elle ne se limite pas à quelques piqûres.
Des risques de maladies bien réelles
Le bilan de Santé publique France est inquiétant : en 2025, 809 cas autochtones de chikungunya ont été recensés en métropole. C’est plus de dix fois plus qu’en 2022, où le record s’établissait à seulement 65 cas.
C’est d’autant plus préoccupant que le chikungunya n’est pas la seule maladie dont les cas explosent avec la prolifération des moustiques tigres : 30 cas autochtones de dengue et 57 cas de virus West Nile ont complété le tableau, confirmant que la France hexagonale est devenue, selon la formule de Santé publique France, écologiquement compétente pour plusieurs arbovirus à la fois.
Où partir en vacances ?
Face à une situation définitivement incontrôlable, le principal geste à retenir est de supprimer tous les points d’eau stagnante. Le reste suit logiquement, en installant des moustiquaires aux fenêtres, en utilisant des répulsifs, et en portant des vêtements couvrants aux heures les plus exposées. Dans tous les cas, mieux vaut prévenir que guérir en évitant de créer aux moustiques des clusters de reproduction.
Les régions les moins touchées
Au 1er janvier 2026, l’ANSES recense 81 départements colonisés sur 96. Une petite quinzaine tient encore, essentiellement une bande nord, la Normandie de l’ouest et la pointe bretonne.
- Nord (59)
- Pas-de-Calais (62)
- Ardennes (08)
- Meuse (55)
- Vosges (88)
- Manche (50)
- Calvados (14)
- Orne (61)
- Côtes-d’Armor (22)
- Creuse (23)
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