Malgré la contestation des syndicats, notamment de la CFE-CGC, la justice française maintient sa décision. Consulté, le conseil d’État vient de donner raison à Amazon Leo. Le syndicat reprochait une « consultation publique insuffisante » mais aussi «des atteintes à l’emploi, à la sécurité publique, à la concurrence loyale et à l’environnement ».
Après étude de ces inquiétudes, le conseil d’État a néanmoins maintenu sa décision. Amazon Leo pourra bien arriver en France. Le système d’internet par satellite viendra faire concurrence à Starlink, solution la plus populaire dans l’hexagone aujourd’hui.

Avec ses quelques 10 000 satellites, Starlink est l’offre d’internet par satellite la plus complète au monde. Mais l’entreprise d’Elon Musk voit d’un mauvais oeil la naissance d’un concurrent, avec des finances très solides. Le projet Leo, anciennement Kuiper, dispose des fonds d’Amazon pour se développer.
Aujourd’hui 390 satellites ont déjà été envoyés en orbite, c’est encore très loin de faire de l’ombre à la constellation de Starlink, mais suffisant pour offrir une première connexion à internet à ses clients.
Amazon Leo : la meilleure connexion des deux ?
Du côté d’Amazon on sait que la bataille face à Starlink et SpaceX sera compliquée. Mais l’entreprise nord-américaine a de solides arguments. Elle assure notamment pouvoir offrir une excellente vitesse de connexion, atteignant les 1 Gbit/s. Très loin devant Starlink et ses 400 Mb/s au mieux.
Pour réussir une telle prouesse technique, Amazon Leo compte utiliser AWS, autre filiale du géant américain. Loin d’être de la poudre aux yeux, le projet a déjà séduit plusieurs entreprises de premier ordre comme les compagnies aériennes Delta et Jet Blue.
L’Europe met son grain de sel
Mais l’affaire est loin d’être joué. Le marché de l’internet par satellite est une question très politique et la Commission européenne ne compte pas laisser deux géants américains des nouvelles technologies se partager le vieux continent.
Pour assurer un «équilibre» sur ce marché naissant, la commission a ainsi réservé plusieurs bandes de fréquences aux acteurs européens. Eutelsat, leader de l’internet par satellite depuis l’Europe s’est évidemment réjoui de cette décision.
De son coté Starlink bouillonne et l’entreprise d’Elon Musk a même menacé de «couper ses satellites» si la mesure venait à être pérennisée par Bruxelles. Amazon Leo enfin n’a pas encore réagi mais le fait que sa bataille contre Starlink soit limité à une faible bande de fréquence sur le marché européen n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour l’entreprise.
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