Dans les récents films d’animation Disney particulièrement appréciés de la part du public, Vaiana a son mot à dire. Ses musiques, son ambiance et sa plongée dans la mythologie polynésienne avaient conquis son auditoire il y a dix ans, en 2016, année de sa sortie dans les salles obscures. Il lui avait même valu un Oscar, celui du meilleur film d’animation, ainsi qu’un Golden Globe pour la même catégorie. Avec un box-office mondial plus que solide, avec 600 millions de dollars, la princesse est un poids lourd de l’animation. Dix ans après, Vaiana revient et comme le veut la coutume et la force de l’habitude désormais chez Disney, c’est dans une version en prises de vue réelles que la jeune chef de tribu polynésienne fait son retour.

Forcément et ce sera la question jusqu’au bout de cette politique, on s’interrogera toujours sur la pertinence de ces remakes en live action. Encore plus quand le laps de temps entre le film d’animation et le nouveau projet n’ont que dix ans d’écart. À titre de comparaison, Lilo & Stitch film et live action ont… 23 ans d’écart d’âge. D’ailleurs, si on cite Lilo & Stitch, ce n’est pas pour rien, tant ce dernier a cartonné au printemps 2025, atteignant et dépassant le milliard de dollars de recettes au box-office. Forcément, un an après, la pression est considérable sur le suivant.
The Rock – Catherine Laga’aia, le ticket gagnant
Alors pour s’assurer que le public soit au rendez-vous, c’est Dwayne Johnson qui sort les muscles. L’ancien catcheur reconverti acteur était déjà de l’aventure animée, puisque c’est lui prêtait sa voix à Maui. Cette fois, The Rock a littéralement mouillé le maillot et enlevé le haut puisque c’est lui qui joue Maui, ce demi-dieu déchu après avoir volé le coeur de Te Fiti. Comme dans le film de 2016, c’est lui qui va aider Vaiana dans sa quête pour sauver son île, en perdition depuis que le cœur de la déesse a été perdu en mer. Retrouvé par Vaiana, ce dernier doit retourner auprès de sa propriétaire. Le prétexte pour un périple au-delà du récif, devenu dangereux et peuplé de monstres. L’occasion pour Vaiana de s’affirmer en tant que femme, chef de tribu et de renouer avec le passé de navigateur de ses ancêtres. Pour Maui, il s’agit de comprendre ce qu’est le rôle d’un dieu et la véritable place d’un héros, lui qui est fortement imbu de lui-même. En apparence du moins.

Déjà, en version animée, The Rock était exceptionnel. Mais en live action, l’acteur donne la pleine mesure de son talent. Qu’on l’aime ou pas, on ne peut lui enlever que ces rôles de showman, fort en muscles et en gueule, lui vont comme un gant. Non seulement ce dernier pousse la chansonnette – il le faisait déjà et avec brio il y a dix ans – mais en plus, il s’est totalement investi dans le rôle. Au-delà de la ressemblance physique, comme les cheveux longs et les tatouages, The Rock est vraiment incroyable dans le rôle. Il est Maui et surtout, il s’éclate à être Maui, ce qui rend son interprétation encore plus agréable. On le sait, quand ce dernier s’investit autant dans un personnage qu’il aime, le résultat est incroyable. C’était déjà le cas avec Black Adam. Si le film avait été un énorme flop, The Rock lui avait assuré le service après-vente. Et s’il est autant investi, c’est parce que son personnage a été inspiré de son grand-père, le grand chef Peter Maivia de Samoa.
C’est plutôt beau, très beau même, mais gare à la redite
La grande force de Vaiana, c’est lui. Lui et sa complicité totalement spontanée avec la jeune Catherine Laga’aia, particulièrement à l’aise pour lui donner la réplique, alors qu’il s’agit de sa toute première apparition dans un long-métrage, à 19 ans. Propulsée directement dans le rôle principal, cette dernière s’en sort remarquablement bien et arrive à retranscrire le caractère impétueux et jovial de Vaiana. L’exercice était d’autant plus difficile pour elle, qu’en plus de succéder à Auliʻi Cravalho dans le rôle, il lui fallait faire ses preuves au chant. Un défi brillamment relevé selon nous et nos oreilles par la jeune actrice australienne, retenue parmi les 32 000 candidates.
Le duo tient le film à bout de bras, un film qui bonifie beaucoup d’aspects de la version animée dans ce format live action. On pense à la vie de la tribu de Vaiana, les magnifiques lagons, les autres îles à perte de vue, le mode de vie à la polynésienne, présentée ici et là tout au long du film et porté par un casting majoritairement local (Nouvelle-Zélande, Samoa…). Les effets spéciaux ne sont pas en reste, notamment ceux pour matérialiser les pouvoirs de la mer, ou les divinités Te Fiti et Te Kā, avec un résultat particulièrement réussi, sublimant même la version animée. Malgré quelques fonds verts ici et là tout de même.

L’ennui, c’est que Vaiana souffre du même syndrome que Dragons. Il est une reprise trait pour trait et surtout, plan pour plan, du film qu’il rajeunit. Il lui donne un autre écrin, qui est forcément remarquable dans ce format, quand on connait les contraintes d’un live action. Mais, malgré quelques beaux plans, il ne sublime pas le produit de base. Même si l’idée est d’attirer un nouveau public auprès de Vaiana, on aurait aimé un peu de changement, suffisamment pour donner un vrai coup de neuf à la licence.
Lilo & Stitch avait su le faire, en revisitant un peu certains personnages et en offrant plus de profondeur à la grande sœur de Lilo, notamment. Du coup, l’intérêt de replonger dix ans après dans un univers déjà connu et qui a tant plus au public se pose forcément. Mais le succès de Lilo & Stitch prouve aussi que revoir ses personnages préférés, dans une production de belle facture, est aussi un argument gagnant. Alors, on ne peut pas dire qu’on ressort aussi convaincu qu’il y a un an, mais on ne peut que saluer le travail fourni sur cette adaptation de Vaiana.
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