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Cette vignette va devenir obligatoire sur les voitures d’ici quelques mois, et elle va coûter cher

La Belgique, longtemps épargnée par les péages, s’apprête à faire payer tous les automobilistes qui empruntent ses autoroutes. Pour les nombreux Français qui traversent le pays, la facture pourrait grimper dès le mois de mai 2027.

Rouler gratuitement en Belgique, c’est terminé. Dès le 1er mai 2027, tout véhicule de moins de 3,5 tonnes circulant sur les autoroutes et routes régionales belges devra être muni d’une vignette numérique, sous peine d’amende. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, personne n’aura à coller quoi que ce soit sur son pare-brise.

Un système commun… et payant

L’accord a été scellé le 10 juillet 2026 par les gouvernements flamand, wallon et bruxellois, après plus de 20 ans de tergiversations. La vignette sera entièrement dématérialisée et rattachée directement à la plaque d’immatriculation du véhicule, via une plateforme numérique commune aux trois régions. Il faudra donc l’acheter en ligne avant de prendre la route, sans autocollant à apposer.

Le montant dépendra des émissions de CO2 du véhicule. Une voiture électrique paierait 90 € par an, contre 125 € pour les modèles les plus polluants, notamment ceux immatriculés avant 2005. Pour les trajets ponctuels, des formules à la journée sont annoncées, avec un tarif de départ autour de 9 €. Les motos, les tracteurs agricoles, les autocars et les véhicules d’urgence échapperont à l’obligation, tout comme les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, déjà soumis à une redevance kilométrique depuis plusieurs années.

Le contrôle, lui, sera automatisé. Des caméras de lecture de plaques, couplées à des équipes mobiles, traqueront les véhicules non enregistrés. L’amende en cas d’infraction s’élèvera à 70 €. En cas de récidive, la note pourra grimper jusqu’à 210 €. Autant dire qu’oublier de payer sa vignette avant un aller-retour à Bruxelles risque de coûter nettement plus cher que la vignette elle-même.

Pourquoi la Belgique s’y met ?

Derrière la mesure, le constat est pragmatique : environ 30 millions de véhicules immatriculés à l’étranger empruntent chaque année le réseau routier belge sans jamais contribuer à son entretien, pendant que la Wallonie y consacre à elle seule 700 millions d’euros par an. Les trois régions ont choisi de faire payer tout le monde, résidents comme visiteurs, plutôt que de continuer à financer un réseau gratuit pour une partie de ses usagers.

Officiellement, l’opération doit rester neutre pour les automobilistes belges, une baisse d’autres taxes automobiles devant compenser l’arrivée de la vignette. Rien de tel n’est prévu pour les Français, qui n’ont donc aucune raison d’espérer un geste compensatoire. Et ils sont nombreux à être concernés. Les habitants des Hauts-de-France traversent régulièrement la frontière pour le travail, les courses ou le carburant, sans oublier tous ceux qui empruntent le réseau belge pour rejoindre les Pays-Bas ou l’Allemagne. Pour un simple aller-retour dans la journée, il faudra désormais compter environ 9 €, ce qui, sur une année de trajets réguliers, finit par représenter une somme non négligeable.

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