James Gunn est-il un homme qui a trop d’idées et pas assez de temps libre ? Depuis qu’il a été nommé à la tête de la branche DC de Warner, en compagnie de Peter Safran, afin de chapeauter le nouvel univers partagé (le DCU), le réalisateur / scénariste / producteur s’est montré particulièrement prolifique.
Loin de se contenter de jouer les marionnettistes à distance comme Kevin Feige chez la maison d’en face, il n’a pas arrêté de mettre la main à la pâte en écrivant le scénario de Créature Commandos, première série d’animation du DCU un poil discrète ; réalisant et écrivant son Superman, film donnant réellement le coup d’envoi de son univers partagé ; et quelques semaines plus tard, voici que débarque Peacemaker saison 2 sur la plateforme HBO Max.
Parce que oui, cette deuxième saison est bel et bien une brique du DCU là où la première s’inscrivait plutôt dans l’univers hérité de Zack Snyder. Tout comme The Suicide Squad, sorti en 2021, d’un certain… James Gunn. Bref, sur le papier, cela semble être un peu le foutoir entre ce que le bonhomme a décidé de conserver ou non de l’ancien monde au sein du nouveau. Mais Gunn l’assure, dans sa tête tout est clair. Et notre visionnage des cinq premiers épisodes de Peacemaker saison 2 tend effectivement à nous le prouver.

Après avoir sauvé le monde d’une invasion alien et s’être libéré de l’emprise de son père, Christopher Smith, alias Peacemaker, pensait enfin mériter sa place parmi les héros. Mais les choses ne sont pas si simples, surtout qu’Amanda Waller a quitté l’A.R.G.U.S. et que le nouveau directeur n’est autre que Rick Flag senior. Ce dernier entend bien profiter de la moindre occasion pour venger son fils, tué par Peacemaker. Le placard secret de Smith pourrait peut-être fournir aux deux hommes ce qu’ils désirent le plus…
Gunn dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit
Si Superman avait pour objectif de propulser le nouveau DCU, Peacemaker saison 2 peut davantage se voir comme une lettre d’intention de tous les propos que Gunn et Safran ont tenu depuis leur prise de poste. Sur tous les points. Qu’est-ce qui sera canon de l’ancien monde dans le nouveau ? On ne vous révélera rien, mais vous trouverez plusieurs réponses dans ces épisodes, y compris des surprenantes. Quand on a demandé au bonhomme si Black Adam pourrait l’être ? Il avait répondu que non puisqu’il ne l’aimait pas. Et sachez que ce qu’il n’aime pas, ou qui le dérange, il peut le réécrire. Regardez les deux premières minutes de l’épisode 1 pour comprendre.

De même, les deux patrons ont défendu l’idée qu’un univers partagé n’allait pas signifier pour autant que toutes les productions allaient se ressembler, laissant aux auteurs la main sur leurs œuvres. Là encore, bien que ce soit le même géniteur derrière, on ne peut pas dire que Peacemaker ressemble à Superman. Certes, il y a beaucoup de similitudes, mais dans les propos abordés, on est passé de la Pat’Patrouille à South Park. Personnage différent, ambiance différente.
Lovemaker
Parce que maintenant que Gunn est aux commandes, il n’y a plus personne pour filtrer ses envies. Bien que la première saison ne pouvait pas être considérée comme tout public, cette seconde fournée met la barre bien plus haute dans tous les domaines. Vous aimiez le générique dansé par le casting ? On change la musique et on rallonge la durée de la chorégraphie ! Vous aimiez le côté crue et ordurier des scènes ou des dialogues ? Une séquence nous rejoue l’Herogasm de The Boys, le côté super en moins. Tout est plus barré, plus violent, mais pas forcément plus léger.
Qu’on apprécie ou non sa filmographie ou toutes ses idées, le nouveau patron du DCU a toujours eu à cœur, même au sein de ses œuvres les plus imparfaites, de mettre l’accent sur les personnages. On peut reprocher beaucoup à son The Suicide Squad, son Superman, ses Gardiens… mais jamais de ne pas aimer ses protagonistes, constamment au cœur de son récit.

Peacemaker saison 2 ne déroge pas à la règle. Si la première saison tentait de placer Chris Smith au centre d’un complot alien, l’intrigue, ici, ne semble pas amener à quelque chose d’aussi grandiloquent (les épisodes restants peuvent créer la surprise), préférant davantage jouer sur la sphère intimiste.
Notre groupe a éclaté aussi bien sur le plan professionnel que personnel et à chacun désormais de trouver sa place. Une tâche d’autant plus difficile pour Smith dont les mauvaises décisions passées le rattrapent plus dur que jamais. Faut-il les affronter ou les fuir ? Quel est le fil rouge de Peacemaker saison 2 ? Peacemaker lui-même.
Un parti pris qu’une frange du public pourrait trouver trop faible pour tenir sur une saison entière, mais qui contribue à maintenir cette image d’un Gunn fidèle à ses envies, qu’importe les critiques. On ne peut nier que ça force le respect.

Peacemaker, what a joke
Évidemment, il y a plusieurs de ses mimiques qui peuvent finir par épuiser même le fan absolu. Oui, on se mange pas mal de séquences gratuites, malgré une durée d’épisodes fluctuante pour éviter les longueurs. L’humour n’est pas toujours bien dosé, surtout lorsque une même blague peut tenir jusqu’à ce que son auteur ne trouve plus ça drôle – sans se soucier de savoir si elle plaît au spectateur.
Toutefois, il y a une telle envie de donner de la lumière à chaque rôle, même le plus secondaire, qu’on pardonne presque tout. Et il faut admettre que John Cena tient le personnage sur ses larges épaules, cette saison 2 lui offrant plusieurs moments où il peut déployer des talents plus dramatiques.
Peacemaker nouvel univers reprend les forces de l’ancien, mais bénéficie d’une construction plus libérée sur tous les points. On y retrouve les mêmes failles, mais le plaisir pris par la troupe est communicatif et on finit par épouser les idées les plus absurdes de son créateur, bien conscient qu’il répond au “pourquoi?” par le “parce que”. Pourquoi il le fait ? Parce qu’il peut. Aussi bien au sein de la série que sur ce qu’elle sous-entend pour le DCU. À l’image de Créature Commandos, ce n’est pas un show essentiel à la compréhension de cet univers partagé, mais ce serait fort dommage de s’en priver.
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