Passer au contenu

Critique Play Dirty : que vaut le Ocean’s Eleven du papa d’Iron Man 3 sur Prime Video ?

Absent de nos écrans depuis 2018, Shane Black fait son grand retour à la réalisation de Play Dirty, film de braquage pour Prime Vidéo, inspiré par les écrits de Donald E. Westlake. Voici ce que l’on en pense.

En attendant une suite à son The Nice Guys qui ne verra jamais le jour (l’espoir fait vivre), on aime toujours avoir des nouvelles de Shane Black. Il faut dire que son nom est souvent associé à des projets qu’on apprécie particulièrement. On parle du scénariste de L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain, Last Action Hero, réalisateur d’Iron Man 3 ou Kiss Kiss Bang Bang. Le bonhomme avait disparu des radars depuis l’échec de son The Predator en 2018. Échec qu’on aurait du mal à lui imputer entièrement puisqu’il avait connu bien des soucis de production, avec des parties retournées et un scénario plusieurs fois remonté.

Sept ans après ce terrible incident qui a failli enterré le Predator pour de bon (heureusement, Prey est arrivé), Black ressuscite loin d’une salle obscure puisque c’est pour Prime Video qu’il signe Play Dirty. Un projet en gestation depuis 2022, où le cinéaste s’était associé à la plateforme de streaming et à Robert Downey Jr. pour une nouvelle adaptation des romans de Donald E. Westlake, avec possibilité de franchise si le succès était au rendez-vous. Depuis, l’interprète d’Iron Man a renoncé au premier rôle au profit de Mark Wahlberg, mais est resté partenaire via sa société de production.

Critique Play Dirty : que vaut ce film de braquage sur Prime Video par le papa d'Iron Man 3 et The Nice Guys ?
© Prime Video

Parker est un voleur professionnel, méthodique et froid qui n’obéit qu’à deux règles : un partage équitable du butin et une confiance obligatoire entre les membres de l’équipe. Lorsqu’un casse tourne mal suite à une trahison, Parker et sa bande vont devoir mettre un autre plan en place pour commettre un vol spectaculaire. Se faisant, il va entrer dans le collimateur de l’Organisation, une mafia new-yorkaise extrêmement puissante.

Parker ne perd jamais

On se moque assez souvent ici de la proportion ahurissante de productions genrées action-espionnage sur Prime Video pour ne pas savoir apprécier un peu de nouveauté quand elle apparaît. En ce sens, Play Dirty a quelque chose de rafraîchissant en remettant le genre du braquage sur le devant de la scène. Wahlberg n’a aucun mal à être plus crédible que Downey dans la peau de ce personnage taciturne et calculateur qui ne laisse jamais l’émotion prendre le dessus. Il fait les choses parce qu’elles doivent être faites, non pas par conviction, mais parce que c’est la règle.

Shane Black a toujours su s’entourer et on apprécie la présence au casting de LaKeith Stanfield (Sorry to Bother You), Rosa Salazar (Alita : Battle Angel), Keegan-Michael Key (Wonka), Chukwudi Iwuji (Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3), Nat Wolff (Death Note), Thomas Jane (Peur Bleue) et Tony Shalhoub (Monk).

Critique Play Dirty : que vaut ce film de braquage sur Prime Video par le papa d'Iron Man 3 et The Nice Guys ?
© Prime Video

Le réalisateur aborde Play Dirty avec cet esprit de franchise en s’évitant les scènes d’exposition. Ce qui peut être un défaut tant on a l’impression d’être catapulté au sein d’une troupe que l’on ne connaît pas, avec peu de contexte pour nous aider à comprendre le rôle de chacun et leurs liens avec l’anti-héros. Lui-même assez peu développé au-delà de sa fonction de moteur à l’intrigue. Néanmoins, Black sait comment insérer ses éléments assez aisément et on accepte relativement rapidement chaque nouvelle tête, comme si elle avait toujours été là. L’humour glissé ici et là permet de maintenir un certain niveau bon enfant, nous laissant apprécier un divertissement rythmé qui se revendique de la comédie d’action.

Play Dirty se la joue trop gentil

Cependant, cette même appréciation peut être mise sur le compte d’un objet filmique ne faisant de mal à personne. En l’état, il n’y a, effectivement, aucune raison de détester le long-métrage qui n’a aucune intention de sortir du cadre qu’il s’est imposé. Même si celui-ci est au service minimum ?

Il faut reconnaître qu’on a connu Shane Black plus inspiré. The Predator avait beaucoup de défauts, mais avait au moins pour lui de retrouver cette écriture ciselée au niveau des personnages nous offrant des relents de buddy movie, notamment dans les dialogues de ses militaires pétés du casque. Un niveau que l’on ne retrouve pas dans Play Dirty. Oui, comme nous le disions, les personnages s’insèrent facilement dans le récit, sauf que leurs interactions restent peu naturelles, simplement parce que le protagoniste central ne s’y prête pas.

Critique Play Dirty : que vaut ce film de braquage sur Prime Video par le papa d'Iron Man 3 et The Nice Guys ?
© Prime Video

Dans les écrits de Westlake, Parker est constamment entouré, à l’image de ce Play Dirty. Malgré tout, ici, on a le sentiment que cohabitent mal deux registres. D’un côté, le voleur professionnel est d’un premier degré froid, assurant l’action. De l’autre, l’ensemble du casting joue le côté comique de la chose. Et si cela ne dénature pas l’atmosphère du film, les scènes de groupe se déroulent sur deux tempos différents. On ne croit pas à « l’amitié » unissant Parker et sa bande. Un comble quand ça a toujours été la force de Black.

Un problème qui touche également le jeu de Wahlberg, dont on sent l’envie de sortir de son personnage et de se joindre à la fête. Loin de l’incarnation de Jason Statham (dans le film Parker), dont l’absence d’expression faciale était finalement plus propice au caractère de l’anti-héros, Marky Mark a un visage bien plus humain. Pas tellement sa faute tant on sent que le scénario le pousse dans une direction et l’écriture de son rôle en particulier, dans une autre. Ce qui provoque régulièrement une contradiction entre sa volonté affichée et ses actes. Et cela malgré un petit twist.

Critique Play Dirty : que vaut ce film de braquage sur Prime Video par le papa d'Iron Man 3 et The Nice Guys ?
© Prime Video

Play Dirty est finalement à l’image de son titre où coexistent le jeu et le sale. Une coexistence où peine à s’élever l’un l’autre, préférant presque se neutraliser dans une forme de statu quo. Et c’est peut-être là où le film nous déçoit le plus, parce que l’alliance des genres est le point fort de Shane Black depuis ses débuts et que c’est bien la première fois où le réalisateur / scénariste ne paraît pas trouver la bonne formule.

Il se retrouve coincé dans un projet trop sage, trop lisse, trop numérique, où il fournit un travail correct, mais sans étincelle. On a l’habitude d’aimer un projet de Shane Black ou de détester (libre à chacun), mais c’est la première fois qu’il nous laisse complètement froid. Des talents, derrière ou devant la caméra, pour un résultat sans vague. Une formule de catalogue SVoD que l’on connaît malheureusement Parker.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Notre avis

Play Dirty est une comédie d'action sous fond de braquage qui sait divertir malgré son amour du fond vert. Une production SVoD qui n'a pas à rougir de ses camarades, mais dont le manque d'ambition frappe lorsque l'on regarde toutes les personnes impliquées. Shane Black nous avait habitué à tout, sauf à de l'oubliable.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 4 / 10

Mode