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Loin du Monstre Ed Gein, Disney+ se plante complètement avec cette nouvelle série

Puisqu’on n’est pas à un crime sordide près, on s’est lancé dans la nouvelle série de Disney+, surfant sur la vague du True Crime. Murdaugh Murders a failli nous tuer… d’ennui.

Le genre du True Crime, récit documentaire ou semi-fictionnel revenant sur des criminels ayant réellement existé, continue d’être ultra populaire et il est évident que les plateformes de streaming s’en sont emparés pour faire pleuvoir les programmes du style dans leurs catalogues. En tête, Netflix et Disney+ nous sortent un docu ou une série sur un fait réel sordide avec une régularité frôlant l’obsession. À partir de là, on ne sait pas ce qui est le plus impressionnant ; un Ryan Murphy toujours très inspiré par le genre ou le nombre incroyable de crimes susceptibles d’accoucher de ce genre de production aux États-Unis ?

Loin du Monstre Ed Gein, Disney+ se plante complètement avec cette nouvelle série
© Hulu

Bref, tout ça pour dire que très peu de temps après le Monstre : l’histoire d’Ed Gein sur Netflix, les abonnés Disney+ peuvent également avoir leur dose de drama finissant en meurtre avec Murdaugh Murders. Une série en huit épisodes basée sur un podcast éponyme de la journaliste Mandy Matney (incarnée dans le show par Brittany Snow). On a regardé les trois premiers épisodes et on l’a vite regretté.

L’histoire de Murdaugh Murders

La série s’ouvre sur le soir du 7 juin 2021, à Hampton, en Caroline du Sud, dans le domaine des Murdaugh. Alex, le patriarche (joué par Jason Clarke) découvre les corps sans vie de son fils Paul (Johnny Berchtold) et sa femme Maggie (Patricia Arquette). Il appelle la police.

Loin du Monstre Ed Gein, Disney+ se plante complètement avec cette nouvelle série
© Hulu

Puis on revient deux ans auparavant, en février 2019, alors que la famille Murdaugh vit dans l’opulence et le sentiment d’impunité. Alors qu’une soirée se prépare en l’honneur du père d’Alex, Randolph (Gerald McRaney), Paul part en virée en bateau avec ses amis et beaucoup d’alcool. Un accident va venir bouleverser le destin de cette dynastie.

Une série aussi plate que la Gironde

On a rien contre les Bordelais, c’est factuel. Concernant Murdaugh Murders, les passionnés de True Crime connaissent déjà sûrement le qui et le comment de l’affaire, notamment par sa proximité temporelle. D’autant que cela a fait l’objet de deux séries docu, Murdaugh Murders : A Southern Scandal sur Netflix et Low Country : The Murdaugh Dynasty sur HBO Max.

Pour les autres, on se gardera bien de révéler les éléments véritables, histoire de vous laisser la non surprise si vous décidez d’aller jusqu’au bout. On parlera bien de non surprise, car il ne faut pas attendre la fin du premier épisode pour comprendre ce qui ne tourne pas rond dans cette famille. Partant du principe que l’épilogue est connu, la série conçue par Michael D. Fuller et Erin Lee Carr pour Hulu va s’attacher davantage à nous expliquer le pourquoi.

Loin du Monstre Ed Gein, Disney+ se plante complètement avec cette nouvelle série
© Hulu

Bien que cela nous fasse du mal de l’avouer, car on peste assez sur son voyeurisme et son aveuglement narcissique, Murdaugh Murders nous permet de comprendre a contrario ce qui rend les productions de Ryan Murphy si captivantes. Parce que le bonhomme sait comment offrir du rythme à ses récits, notamment avec une narration sur plusieurs temporalité. Soit l’inverse de ce nouveau show Disney+.

Avec une absence de folie, l’intrigue va rester dans sa chronologie et sa torpeur, cherchant juste à bousculer le spectateur constamment dans les cinq dernières minutes, comme s’il fallait le réveiller pour l’obliger à lancer l’épisode suivant. On a le sentiment que la série cherche à nous prouver la théorie de la relativité en parvenant à passer cinquante minutes sur la préparation d’une fête, puis cinquante autres en vacances, etc. Sans avoir besoin d’aller au bout des huit épisodes, on comprend que le drame des Murdaugh n’a absolument pas la capacité de tenir autant de temps.

Le True Crime peut fonctionner sur deux conditions. Soit un faiseur à la barre qui va parvenir à rendre l’inintéressant intéressant, soit un fait divers assez costaud pour tenir tout seul. Murdaugh Murders n’a ni l’un, ni l’autre. Qu’est-ce qui rend ces meurtres si particuliers ? Qu’ils se déroulent au sein d’une famille de riches blancs magouilleurs sur les bords ? Rien de vraiment original.

Malgré l’implication des acteurs, aucun personnage n’est assez captivant pour attirer sympathie, animosité ou curiosité. Même la matriarche, presque la plus nuancée, n’est jamais trop coupable, jamais trop victime, de sorte qu’elle indiffère aussi rapidement que les autres. Et la perruque et les prothèses de Jason Clarke sont presque plus gênantes à voir que le comportement du chef de famille lui-même.

Dès lors, on peut aisément faire le tour des raisons de regarder Murdaugh Murders. Pour son meurtre pseudo sordide classico-classique ? Pour cette famille de privilégiés dysfonctionnelle, soit le sujet d’un million de shows précédents ? Aucune raison. Cette nouvelle production Hulu / Disney+ n’a aucune saveur et ne semble avoir pour objectif que de draguer lourdement les fans d’un genre jamais rassasiés. Si plusieurs séries True Crime nous ont questionnés sur notre goût pour ce genre de récit, celle-ci nous permet surtout de voir que ce même goût à ses limites.

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