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Sandman : est-ce que la fin de la série Netflix est un naufrage complet ?

Il était une fin. Sandman vient de tirer sa révérence sur Netflix, non sans nous préparer un petit épisode spin-off tel un ultime rappel. On espérait juste que le rêve ne se termine pas en cauchemar…

L’oeuvre de Neil Gaiman était l’une des productions les plus ambitieuses (entendre coûteuses) de Netflix et ce n’est pas parce que l’homme n’est plus impliqué sur l’adaptation (à raison), qu’il fallait compter sur la plateforme pour couper les vivres à quelques épisodes de la fin. Oui, en apparence, deux saisons peuvent paraître bien faibles pour traduire les dix volumes – concernant l’histoire principale – de Sandman, mais l’important était surtout de ne pas sacrifier cette même fin. Non ?

Nous voilà donc devant les cinq derniers épisodes de cette saison 2 – six en comptant le hors-série qui apparaîtra sur le service SVoD à la toute fin juillet – et de la série, avec cette idée que le chemin fût quand même bien long pour qui n’était pas réceptif à la poésie de la série ou de l’œuvre originale. Pourtant, ces ultimes chapitres pourraient bien réconcilier tout le monde, même les plus sceptiques.

Sandman : est-ce que la fin de la série Netflix est un naufrage complet ?
© Netflix

Résumé des épisodes précédents

Rêve des Infinis se sent coupable pour ses actes passés et tente de les réparer. Il commence par vouloir libérer Nada, une humaine qu’il avait envoyé en enfer. Lucifer en profite pour abandonner son trône, confiant la clé à Rêve. Celui-ci doit désormais trouver quelqu’un pour reprendre en main le domaine et convoque de nombreux dieux en son palais. C’est là qu’il va conclure un pacte avec Loki, dieu nordique fourbe, enchaînant ce dernier à des obligations qui ne lui conviennent guère.

En quête de réponse, Morpheus va accompagner sa sœur Délire à la recherche de leur frère disparu, Destruction. Afin de le retrouver, l’Infini va demander l’aide de son fils, Orphée, qu’il avait refusé d’aider autrefois, le condamnant à un triste sort. En échange, Rêve lui accorde enfin la fin qu’il désire tant, versant ainsi le sang familial. Un acte puni de mort par les lois de l’univers et dont les Bienveillantes / les furies sont les garantes. La vie de l’Infini ne tient plus qu’à leur fil.

Sandman : est-ce que la fin de la série Netflix est un naufrage complet ?
© Netflix

La conclusion de Sandman est-elle satisfaisante ?

On ne le cache pas, on a été assez circonspects face à cette adaptation de Sandman jusqu’ici. L’onirisme des romans graphiques de Gaiman étant parfois mal perçu dans la série avec un sentiment de longueur et de frustration par intermittence. De l’émerveillement ? Oui. De l’ennui ? Aussi. D’autant que si l’interprétation de Tom Sturridge n’est pas à remettre en cause, il faut admettre que Rêve n’est pas un personnage toujours plaisant à suivre. Et ce découpage parfois brutal des intrigues n’aidait définitivement pas.

On entamait donc ces cinq derniers épisodes avec l’idée qu’il était peut-être bon d’en finir. On ne s’attendait pas à être si triste de la voir partir. Si, très souvent, la séparation en deux parties (voire plus) des saisons est un moyen pour Netflix de prolonger le business, elle n’a jamais semblé aussi pertinente ici. La première moitié prolongeait la saison 1 avec les actions de Rêve. Cette seconde partie est un véritable final en cinq chapitres où, cette fois, Rêve fait face aux conséquences. Une véritable tragédie shakespearienne.

Sandman : est-ce que la fin de la série Netflix est un naufrage complet ?
© Netflix

Une seule et même intrigue où la série montre toute son ambition aussi bien scénaristique que visuelle avec des tableaux à couper le souffle et des plans qui restent en tête – oui, même la partie ressemblant à un clip d’Evanescence. La série épouse toute la dimension tragique et poétique de son personnage principal avec un profond amour pour tout le reste du casting. Chacun a son moment, quitte à diverger du matériel de base, pour nous offrir des conclusions parfois infidèles, mais tellement satisfaisantes.

On ne gâchera aucune surprise, que vous ayez lu ou non l’œuvre originale, mais ce final n’oublie personne et permet à la distribution de prouver son excellence, y compris chez des protagonistes jusqu’alors oubliés ou sous-exploités. Les changements apportés sont impactant et font sens avec l’histoire, au point de parfois préférer la série aux écrits de Gaiman. Le dernier épisode parvient à nous atteindre émotionnellement à chaque scène, chaque dialogue, nous arrachant, à notre propre surprise, quelques larmes.

On finit Sandman avec ce sentiment particulier de nous dire qu’on ne peut pas conseiller la série à tout le monde puisque l’on peut comprendre la torpeur qui s’en ressentirait, voire une impression d’inachèvement. Surtout lorsque la mise en scène tend volontairement vers l’action pour voir le scénario faire aussitôt marche arrière. Mais rien que ces cinq derniers épisodes valaient tous ces détours, toutes ces séquences à rallonge, toutes les fois où on a envie de baffer Rêve.

Sandman aura été une série unique de bout en bout, avec ses qualités, ses défauts et ses soucis internes de production, criant son amour pour ses personnages et son modèle papier (on rappelle que Gaiman était impliqué dans le développement). Et, alors que nous nous étions convaincus du contraire, la fin nous fait réaliser que nous aurions bien aimé rêver un peu plus longtemps.

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