Avec 13 films et 11 séries, l’espace est-il encore l’ultime frontière de Star Trek ou a-t-on exploré et essoré tous les recoins de l’univers jusqu’à la moelle ? Alors que les soixante ans de la franchise vont pointer le bout de leur nez en septembre 2026, Star Trek : Starfleet Academy est autant un bond en avant qu’un retour aux sources, là où tout commence.
Nous sommes au 32e siècle, soit l’époque la plus lointaine jamais racontée jusqu’alors dans la franchise (Kirk a vécu au 23e siècle). Le brasier – événement destructeur raconté dans la saison 3 de Star Trek : Discovery – a provoqué l’effondrement de la Fédération et le retour à l’isolationnisme. Starfleet tente alors de se reconstruire et cela commence par la réouverture de l’académie et sa première promotion depuis plus de cent ans.

Alors, on mate ou on zappe ? On distribue les bons et les mauvais points des deux premiers épisodes mis en ligne sur Paramount+.
On mate : Star Trek continue de s’écrire, y compris auprès d’un nouveau public
Il n’est jamais facile de se renouveler quand on a déjà raconté plus de 800 épisodes d’histoires diverses et variées. Starfleet Academy parvient pourtant à être rafraîchissante en situant son action loin de l’espace (dès l’épisode 2), auprès d’une jeune génération inexpérimentée. Le meilleur moyen d’attirer un nouveau public dans les filets de la franchise qui n’auront pas besoin d’avoir de solides connaissances pour adhérer à l’histoire racontée.

“Le changement dans la continuité ?”. On vous conseille tout de même d’avoir quelques bases, notamment sur Star Trek : Discovery et sur les événements du brasier. Le casting secondaire comporte pas mal d’apparitions qui sauront ravir les fans et les thématiques chères à la saga sont bien présentes, comme l’appétit pour la connaissance, l’exploration, l’ouverture aux autres… En 2026, Star Trek est plus moderne que jamais.
On zappe : Beverly Hills 90210 du futur
Paradoxalement, la modernité de son propos se confronte à une manière assez archaïque d’expérimenter son genre. Dit autrement, Star Trek : Starfleet Academy est une série qui ne cherche pas à se prendre trop au sérieux et vise ouvertement un public adolescent, avec tout ce que ça comporte comme clichés.
Rien qu’en l’espace de deux épisodes, on a vite compris qu’on a face à nous un show où des lycéens stéréotypés vont faire du sport, vivre des amitiés, supporter les cours et les professeurs, voir leurs hormones sauter dans tous les sens… On a le sentiment d’être dans une version futuriste de Beverly Hills 90210 ou de Dawson, avec du maquillage et des effets spéciaux.

Il est encore trop tôt pour confirmer la direction prise par la série, mais en attendant, pour qui n’apprécie pas ce genre d’écriture, il faut se farcir l’adolescent rebelle, la jeune fille trop enthousiaste, la première de la classe, le beau gosse égocentrique… et, évidemment, des regards qui sentent le désir charnel sur des kilomètres. Si Starfleet Academy est originale dans l’univers Star Trek, dans celui des séries pour adolescents, c’est du vu et revu sans âme. Dans un style juvénile similaire, Lower Deck fait cent fois mieux, en moins de temps par épisode et en plus drôle.
On mate et on zappe : Holly Hunter et Paul Giamatti VS tous les autres
Le casting de nos étudiants ne nous a pas convaincus pour le moment, mais on est bien conscients qu’il s’agit surtout d’un problème d’écriture des personnages. Ils manquent clairement d’une marge de manœuvre suffisante. Surtout quand l’un d’eux bouffe, dans les épisodes vus, quasiment tout leur temps d’écran.
Il en est autrement pour les deux briscards de la distribution, dont la liberté leur permet d’occuper davantage l’espace : Holly Hunter et Paul Giamatti. Le second incarne le méchant de service dans une version assez comique et alien de Jack Sparrow, tout en tatouages et bijoux derrière le maquillage. S’il apparaît, pour le moment, assez peu, on sent qu’il va jouer l’antagoniste de la saison, cruel, imprévisible et un brin loufoque.

Quant à l’actrice oscarisée, elle vole chaque scène avec une nonchalance presque fanfaronne. Elle brille immédiatement en tant que capitaine, rien que dans sa façon de s’asseoir dans le célèbre fauteuil de commandement. Elle pétille et semble s’amuser comme une folle, consciente que rien de tout ceci n’est vraiment sérieux. On a connu des leaders peu soucieux du protocole dans Star Trek, Starfleet Academy parvient encore à nous en inventer un nouveau, différent, mais dans la continuité.
Verdict
Alors, au final, Star Trek : Starfleet Academy, on mate ou on zappe ? Disons que même si on apprécie de voir la facilité avec laquelle la franchise s’étend toujours plus et qu’elle ne lésine jamais sur le budget (la direction artistique et le design du nouveau vaisseau sont fous), on a du mal à adhérer à son intrigue pour l’instant extrêmement classique. Néanmoins, il est vrai aussi que nous ne sommes peut-être pas le public visé ici. Ce qui est, au final, représente bien l’essence de Star Trek : être ouvert à tout le monde.
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