Bien que la seconde partie de Stranger Things saison 5 ait frappé, le repas de fête pas encore digéré, c’est un autre programme Netflix qui a attiré notre attention sur ces derniers jours de 2026. La vague du film catastrophe coréen Submersion est venue s’abattre sur la plateforme de streaming en le plaçant en tête des visionnages. Vous nous connaissez, il n’en fallait pas plus pour activer notre radar et juger la température de l’eau. C’était soit ça, soit s’obliger à parler aux gens pendant le repas de famille de toute façon.
Profitez d’un bon film catastrophe
Pour la fiche technique, Submersion est signé par Kim Byung-woo, qui revient au film catastrophe dix ans après son The Terror Live. Le réalisateur n’est pas des plus prolifiques et sa rareté est déjà un appât pour notre curiosité. Au casting, la quasi-intégralité du récit est portée par Kim Da-mi, vue dans le diptyque The Witch, secondée par Park Hae-soo (Squid Game). Pour Netflix, on est clairement face à un long-métrage ambitieux chargé de conclure l’année en beauté.

L’histoire de Submersion
An-Na est une brillante spécialiste en IA qui vit seule avec son fils depuis le décès tragique de son mari. Ils se réveillent un matin dans leur appartement dans les étages d’une tour à Séoul avec les pieds dans l’eau. D’immenses vagues engloutissent le globe et le niveau de l’eau monte inexorablement. Bientôt, tout l’immeuble sera englouti. Pour se sortir de là, An-Na et son fils vont devoir compter sur un homme venu les exfiltrer. Mais le toit n’est peut-être pas la porte de sortie.

Un film audacieux faute de mieux
Il peut être délicat de trop en dire sur Submersion sans révéler des détails importants de l’intrigue. Sachez néanmoins que le film catastrophe n’est que la partie émergée de l’iceberg et qu’au bout d’une heure, le métrage entame sa mue. En résulte la sensation d’avoir deux œuvres en une qui ne cohabitent pas parfaitement. Difficile alors de nager entre deux eaux et chaque moitié va avoir ses défenseurs comme ses détracteurs. Néanmoins, cela peut être également mis au crédit d’une production qui se sera voulu ambitieuse et audacieuse en ne désirant pas se restreindre à un code, à un genre. Il faut savoir saluer la tentative.
Pour notre part, on a largement préféré le premier segment qui, malgré un usage du numérique prononcé, tient ses promesses. On nous vend la disparition inévitable de l’humanité et on y croit facilement. Il faut reconnaître que voir les acteurs lutter avec de l’eau jusqu’aux genoux ou se prendre des vagues successives dans la tronche amène une tension et une angoisse constance. De quoi passer sous silence toutes les situations invraisemblables pour mieux épouser la détresse de Kim Da-mi.

Pour le coup, l’actrice est investie de bout en bout. On sent toute l’émotion la submerger lorsqu’il s’agit de son fils ou face à la détresse de n’avoir aucune solution, tout comme elle se montre régulièrement physique dans sa lutte contre les éléments. Et c’est là où le twist de milieu de film a quelque chose de malin au fond, en venant nous expliquer pourquoi elle est le seul protagoniste attachant du récit (non parce que le gosse, on n’en pouvait plus).
Si Submersion ne révolutionne en rien le film catastrophe et enchaîne les poncifs du genre, la mise en pratique est plutôt efficace, généreuse dans son imagerie et la représentation de nos angoisses, et use autant que faire se peut de véritables effets techniques. On voit ce qu’on était venus voir.

Puis vint la seconde moitié. Comme s’il ne se sentait pas capable de tenir sur la noyade de l’être humain, Submersion décide de changer de tout au tout, même de genre, en partant sur un récit de science-fiction. C’est tout ce qu’on vous en dira concernant le contenu pour éviter de vous gâcher la surprise, pour mieux partir sur notre analyse de cet échec.
On a bien eu du mal à adhérer à ce parti-pris tant, si l’idée est plutôt bonne, l’exécution est des plus laborieuses. Là où l’image parlait d’elle-même auparavant, le film devient inutilement verbeux à l’excès, expliquant chaque phénomène, chaque action, chaque twist. Des explications cherchant à éclairer un spectateur peut-être légèrement pris pour un idiot (légèrement), mais qui, au final, ne font que rajouter des couches de confusion. Pas par un excès d’informations, mais par une mauvaise utilisation de ces dernières.
En l’état, on a surtout le sentiment que le film devient pompeux, laborieux, ennuyeux, répétitif… et qu’il sabote les qualités de sa première moitié. Soudain, les failles de l’histoire deviennent béantes – alors que, paradoxalement, elles désirent s’expliquer – et en voulant faire compliquer, Submersion oublie surtout de rester simple. De savoir rester simple. Un long-métrage plein de bonnes intentions, désireux d’être à la hauteur de son ambition et de sa production, qui finit par se noyer lui-même.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.