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Va-t-on vraiment bientôt avoir droit à des “Netflix du jeu vidéo” ?

Jeux-Video

Par Mathieu le

Netflix a révolutionné notre consommation de séries et de films. Le service de SVoD n’a pas seulement conquis le marché américain, mais a su trouver les arguments nécessaires pour convaincre d’autres marchés, parfois moins sensibles aux formules d’abonnements. Cette nouvelle façon de regarder shows télévisés et longs-métrages a fini par se démocratiser et à s’étendre même à d’autres domaines. Pas étonnant donc que l’industrie du jeu vidéo s’intéresse de très près à l’avenir de ces formules.

Xbox Game Pass, EA Access, PlayStation Now et le méconnu Utomik tentent le coup. Pour moins de dix euros par mois, il est possible d’accéder à des centaines de titres et d’y jouer en quelques clics. Forcément, l’offre parait alléchante, mais n’en est aujourd’hui qu’à ses prémices. Bien que les consommateurs s’intéressent de près à ces services, leur préférence va toujours à l’achat, physique ou non, de jeux vidéo à l’unité. Peut-on dès lors parler d’avenir pour ces formules d’abonnements ?

Parier sur l’avenir

La réponse est oui, forcément oui. Il va arriver un jour où les solutions comme Shadow, le premier PC haut de gamme qui vit dans le cloud, seront légion. Le tout physique va finir par disparaître, laissant la place à des services qui ne jureront que par la dématérialisation. « Cette édition de l’E3 (2018, NDLR) aura été étonnamment dominée par l’idée de transformer ce qui était autrefois une industrie de biens physiques en un service plus proche de Netflix », constataient nos confrères de Variety en juin dernier. Et c’est une réalité.

Le fait que les débits internet soient de plus en plus puissants ouvre de nouvelles perspectives. Avec un téléchargement possible jusqu’à 1 Gb/seconde, pourquoi ne pas imaginer du streaming de titres 4K en 60 images par seconde sans la moindre latence ? C’est tout à fait possible, encore faut-il populariser la fibre optique et la 5G. Mais quand ce sera le cas, il y a fort à parier que l’on verra beaucoup plus de solutions « streaming » concernant le jeu vidéo.

Et si elles finissaient par ne plus exister ces consoles ?

« Je pense qu’avec le temps, le streaming va devenir de plus en plus accessible à un grand nombre de joueurs et qu’il ne sera plus nécessaire de posséder une console à la maison. » déclarait  d’ailleurs Yves Guillemot, PDG d’Ubisoft, il y a quelques mois. Les grands studios pensent donc déjà à l’avenir. Parce que la console de jeu, cette coque faite de plastique dans laquelle on retrouve divers éléments informatiques spécifiques, pourrait être amenée à disparaître. En tout cas dans sa forme actuelle.

La fin de la console ?

Dans dix ans, pourquoi ne pas imaginer de simples petits boîtiers, raccordés à un téléviseur et connectés au net. Ils proposeraient alors plusieurs services de jeux vidéo, indépendants les uns des autres, comme le sont actuellement Amazon Prime Video, Netflix, CanalPlay et le futur Disney+. Mieux même, peut-être qu’il sera possible de s’abonner directement via nos téléviseurs connectés en téléchargeant simplement un client et en se connectant à notre compte personnel.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle façon de voir le jeu vidéo évolue et dans le bon sens qui plus est. Phil Spencer, responsable du département Xbox chez Microsoft affirmait d’ailleurs récemment : « Nous remarquons une très forte croissance du côté du Game Pass et nous avons aujourd’hui des millions d’abonnés. […] Les titres qui rejoignent le Game Pass ont une forte augmentation en termes d’audience, vous avez donc des joueurs qui essaient des titres très variés au niveau des genres. C’est positif pour nous, mais aussi pour l’industrie. Lorsqu’un genre ou un type de jeu suscite l’attention, c’est excellent pour la créativité ! ».

Xbox comme référence

Il faut avouer que l’offre de Microsoft, qui pourrait prochainement être disponible sur PC (seule la Xbox One bénéficie du catalogue actuel), est de plus en plus convaincante. Aux États-Unis, il est par exemple possible de souscrire au Xbox-All-Access qui permet de récupérer une Xbox One S (1 To) ou une Xbox One X et d’y jouer directement grâce au Xbox Live et au Game Pass. Il faut alors payer de 22 dollars (19 euros) à 35 dollars (30 euros) par mois selon la machine choisie. Et pour ce tarif, pas besoin d’acheter le moindre jeu puisqu’avec le service de streaming de Microsoft, il est possible d’avoir accès à plus de 100 titres parus sur Xbox 360 et Xbox One.

Des jeux multi-plateformes, comme BioShock Infinite, Mad Max ou Saints Row, mais aussi des exclusivités comme Sea of Thieves, State of Decay 2 ou le futur Crackdown 3. Alors, oui, certaines limites criantes sont encore à déplorer (la bibliothèque de jeux n’est pas encore suffisamment vaste et exhaustive, il faut télécharger les titres en amont et il ne s’agit pas de véritable streaming, etc.), mais le constructeur américain semble avoir trouvé une formule adéquate. Désormais, seul l’avenir nous dira si le « Netflix du jeu vidéo » est une réalité ou s’il s’agit simplement d’une chimère, séduisante, mais peu crédible.

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