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Test Anno 117 : Pax Romana sur PS5 : elle était romaine, ma galère

Six ans après l’excellent Anno 1800, la célèbre licence de City Builder revient en faisant un bond dans le passé. Après plusieurs heures sur Anno 117 : Pax Romana sur Playstation 5, Veni, Vidi, Vici ?

Anno 117 : Pax Romana est le neuvième opus d’une franchise qui va bientôt atteindre les trente ans. Une franchise qui a longtemps été un modèle de City Builder avant d’aller voir dans le futur si l’herbe était plus verte. Spoiler, elle ne l’était pas, et les petits gars d’Ubisoft Mainz, la filière allemande du studio, sont revenus à la source avec Anno 1800. Résultat, depuis six ans, il reste l’un des meilleurs jeux vidéo du genre. Voilà pour le poids qui pèse sur les épaules de ce nouveau volet. Sans pression.

Pour ma part, j’admets ne pas avoir succombé à l’ouragan 1800, faute d’un PC assez puissant à l’époque. C’est donc dans un esprit de (re)découverte que j’ai lancé la galette Pax Romana, sur PlayStation 5. Pourquoi sur la console de Sony ? Parce que mon PC n’est toujours pas assez puissant. Et puis, quand on aime les défis, on teste un jeu de gestion à la manette. Clavier et souris, c’est tellement 2018 ; j’assume ma mauvaise foi.

Un peu d’amour dans ce monde de Brutus

Comme son nom l’indique, Anno 117 se passe… en 117. Soit le volet de la franchise le plus ancien au niveau de l’époque, en pleine « Paix Romaine » (il faut le dire vite). Le jeu me propose les bons vieux modes campagne ou bac à sable et, vu que le premier fera office de didacticiel, le choix est vite fait. Je peux incarner Marcia Tertia ou son frère Marius. Même si l’histoire n’a jamais été l’essentiel du plaisir dans un Anno, j’étais curieux de savoir ce qu’il allait me raconter sur la place d’une femme à l’époque romaine, alors va pour Marcia. Pour qui aurait d’autres curiosités, je vous rassure, la différence entre les deux va se jouer sur des détails du scénario, mais les grandes lignes resteront les mêmes.

Test Anno 117 : Pax Romana sur PS5 : elle était romaine, ma galère
© Le Journal du Geek

Néanmoins, je n’ai pas été déçu de ma sélection, car j’ai trouvé qu’il y avait une vraie intrigue autour de Marcia. Subissant les événements, obligée d’épouser un gouverneur cent fois plus vieux qu’elle, mais dont la maladie va pousser la jeune femme à gouverner à sa place… tout en préservant les apparences. Entre rabaissement d’un côté, sentiment de sororité de l’autre, j’admets avoir pris plaisir à démêler les fils de son destin. Le jeu a fait beaucoup d’efforts pour m’impliquer dans la politique romaine, y compris auprès de personnages secondaires et leurs conflits moraux.

Un scénario qui m’a fait progresser assez naturellement dans le didacticiel, découvrant d’abord le jeu autour d’une île chatoyante et paisible en Latium avant de m’envoyer en Albion. Royaume celte (ancienne Grande-Bretagne), le terrain est bien plus marécageux et les voisins plus inhospitalités. Bon, il a fallu se farcir quelques quêtes inutiles à base d’aller-retour en bateau au passage, mais, dans l’ensemble, l’expérience était ludique. On voit qu’Ubisoft Mainz n’a pas traité cet aspect, pourtant moins essentiel, par-dessus la jambe.

Anatomie d’une chute

Pour les petits nouveaux, cet Anno reprend les mêmes principes que ses prédécesseurs. L’objectif est de construire une cité et la faire prospérer ainsi que ses habitants. Concernant les mécaniques, il y a beaucoup de 1800 dans ce 117 et les habitués ne seront pas dépaysés. Rien d’étonnant puisque l’équipe n’a pas changé entre les deux et qu’il n’y a aucune raison de bouleverser une recette qui marche. Ils l’ont fait une fois, ils ont retenu leur erreur.

Test Anno 117 : Pax Romana sur PS5 : elle était romaine, ma galère
© Le Journal du Geek

De mon côté, je me suis d’abord familiarisé sur le tas sans parfaitement saisir le poids de mes décisions. Pour comprendre ma faute, revenons au début. Comme tout jeu de gestion, le contrôle des ressources et de sa population est essentiel. Population qui peut évoluer puisque nous commençons avec des Liberti, sorte d’esclaves affranchis, qu’il est possible de transformer en Plébéiens une fois leurs besoins essentiels remplis, puis en Praticiens. Chaque palier va débloquer de nouveaux bâtiments de production, de fabrication… et de nouveaux besoins. L’astuce, c’est que certains travaux ne peuvent être remplis que par une main-d’œuvre spécifique. Il ne faut donc pas changer tous ses Liberti sous peine de ne plus avoir personne pour bosser à la scierie.

Où est-ce que j’ai commencé à foirer alors ? Lorsque j’ai dû faire des choix. À chaque nouvelle étape d’évolution, on va débloquer deux nouveautés qui donneront différents avantages. Par exemple, une taverne améliorera le nombre d’habitants par maison à proximité, ainsi que leur bonheur, là où le marché remplacera le bonheur par de l’argent récolté supplémentaire. Alors, bien-être ou économie ? Gourmand, j’ai choisi de ne pas choisir et faire les deux dès le début. Cela m’a donc coûté deux fois plus de ressources, d’argent, et de main-d’œuvre. Vous voyez venir la douille ? Cherchant à aller trop vite et tout tester, il n’a pas fallu longtemps avant que ce soit la faillite.

Test Anno 117 : Pax Romana sur PS5 : elle était romaine, ma galère
© Le Journal du Geek

Pour couronner le tout, j’avais un peu placé mes bâtiments en jouant sur leur proximité, afin d’envisager ma cité comme un puzzle. L’idée étant de ne pas miser sur le physique du lieu, mais sur l’efficacité. Mal m’a pris puisque je n’avais pas pensé à la zone d’effet de mon industrialisation. Certaines constructions donnent des avantages ou des inconvénients passifs en fonction de leur placement et il va falloir décider du plus important. Par exemple, une boulangerie améliore les recettes d’impôts du quartier, mais, en contrepartie, les risques d’incendie augmentent. Voilà qui met à mal l’éternelle séparation habitation / production de matières premières / fabrication. Quant à ma première cité, l’Empereur était sur le point de me donner à manger aux lions pour gestion catastrophique. J’ai relancé une nouvelle partie.

Et sur PS5 alors ?

Ubisoft Mainz a fait un bon travail d’adaptation, il faut le reconnaître. Le titre est jouable à la manette, même si cela demande un certain temps pour bien comprendre la gymnastique des touches, et encore. Évidemment, le gameplay se veut moins rapide, puisqu’il faut annuler une action si on veut que le joystick puisse se diriger vers une autre partie de l’interface. Pour avoir essayé avec la souris, sans clavier (le jeu ne reconnaissant pas les deux à la fois sur PS5), je suis vite revenu à la manette, plus adaptée.

Cependant, tout n’est pas bien accessible, le manque de touches se faisant sentir. Il m’a fallu plusieurs essais pour parvenir parfois à prendre le coup de main sur le placement des bâtiments ou le déplacement rapide via la mini-carte. Surtout que le jeu me tend des pièges avec, parfois, une action dans un menu qui s’active avec R1, et avec R dans un autre menu. Certains défilements de texte ne sont pas accessibles, les joysticks servant déjà à la sélection de celui-ci. Bref, je vous conseille de préférer la version PC si vous avez le choix.

Pas d’pierre, pas d’construction. Pas d’construction, pas d’palais…

Puisque j’avais appris de mes erreurs, le deuxième épisode s’est bien mieux passé et j’ai pris conscience du poids de mes choix. Ce qui m’a permis d’explorer davantage les mécanismes du jeu pour en apprécier les subtilités. Là où je trouve que la franchise se démarque de la concurrence, c’est dans cette capacité à interconnecter tous les éléments.

Prenons le cas concret d’un élément qui fait son retour dans la saga, les batailles. Batailles terrestres dans l’exemple. Ces dernières font leur grand retour dans la saga. Ce qui est plutôt logique puisqu’on ne se voyait pas faire un Anno à l’époque romaine… sans nos légionnaires en jupette qui vont avec. Bref, pour obtenir une garnison selon le bon vieux principe du pierre-feuille-ciseaux (les lanciers battent la cavalerie qui bat les archers, etc.), il faut d’abord… des hommes. Le jeu de gestion ne se transforme pas en jeu de stratégie en temps réel et même l’armée nécessite une procédure minutieuse.

Test Anno 117 : Pax Romana sur PS5 : elle était romaine, ma galère
© Le Journal du Geek

Ainsi, une garnison de base va être composée de Liberti, il faut donc avoir assez de Liberti disponibles pour s’incorporer à l’armée. Soit assez d’habitations. Mais il faut également des armes, que l’on fabrique grâce à un atelier. Atelier qui a besoin de métaux transformés à la forge, métaux en provenance de la mine. Une garnison ne se crée pas en une pression de touche, mais en plusieurs.

Une dynamique commune pour tous les aspects de la cité. Pax Romana nous laisse la liberté de prendre les directions que l’on souhaite dans notre gouvernance. La religion et les connaissances sont tout autant des pistes exploitables, le premier vous donnant des bénéfices en fonction de votre niveau de croyance, le second libérera des arbres d’évolutions économiques, civiles ou militaires. Pour ma part, j’ai choisi d’accéder aux connaissances des latrines parce que les WC changeront la face du monde comme dit dans Hercule.

Test Anno 117 : Pax Romana sur PS5 : elle était romaine, ma galère
© Le Journal du Geek

Albion amène d’ailleurs un point intéressant. Car nous sommes sur une terre celte avec une culture propre. On peut donc décider d’opter pour une évolution de la société à la romaine, à la celte, ou romano celtique. Encore une fois, cela aura une incidence sur la cité, mais également sur les relations avec les gouverneurs des îles voisines. Il est plus facile de marchander avec un chef local quand celui-ci comprend qu’on n’est pas là pour remplacer la bière par le vin. Ce qui ne m’a pas empêché de taper du poing sur la table quand mes porteurs de moustache n’ont pas voulu décorer ma villa, j’ai mes limites.

Qu’elle est belle ma cité,

Il faut reconnaître qu’Anno 117 : Pax Romana est beau. Rien de révolutionnaire, mais chaque bâtiment a son architecture et ses détails, les rues vivent sans se montrer surpeuplées et j’ai apprécié pouvoir zoomer suffisamment pour voir les activités dans les lieux de loisir. Ubisoft a poussé le bouchon jusqu’à pouvoir personnaliser les navires, aussi bien d’un point de vue esthétique que pratique, avec la capacité de modifier un bateau en vaisseau de guerre ou de commerce.

Les décors ont bénéficié d’un travail soigné et le rendu de l’eau, du terrain et de sa topographie, donnent du cachet à l’ensemble. On a vraiment la sensation de pouvoir adapter sa cité à son environnement, notamment grâce à une nouveauté, l’usage des diagonales pour les routes ou les constructions pour une esthétique plus naturelle et moins quadrillée.

À ce stade, il me reste encore beaucoup à découvrir d’Anno 117 : Pax Romana, malgré plusieurs heures de jeu, tant j’ai envie d’en fouiller le moindre recoin, pousser mes connaissances, ma foi, ma puissance commerciale et militaire… Le jeu a accompli toutes ses promesses d’un jeu de gestion aux possibilités presque illimitées, en respectant un héritage déjà impressionnant. Et vous, vous serez plutôt sardines ou palourdes pour vos Liberti ?

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Notre avis

Après un épisode 1800 monstrueux, Ubisoft Mainz a repris tout ce qui avait marché, corrigé ce qui était corrigeable et fait des ajouts attendus. De quoi faire d'Anno 117 : Pax Romana une nouvelle référence du genre en poussant les joueurs à gérer leur cité, mais également leurs propres envies dans un univers de liberté, mais surtout de choix.
Note : 9  /  10

Les plus

  • L'époque romaine
  • L'aspect militaire
  • Les constructions diagonales
  • L'importance des choix
  • La beauté des décors

Les moins

  • Un portage PS5 pas des plus faciles à prendre en main
  • Des quêtes parfois répétitives

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