Après deux très bons opus (en 2002 avec Mafia The City Of Lost Heaven et en 2010 avec Mafia II), les équipes de 2K Games et 2K Czech ont laissé le flambeau au jeune studio Hangar 13 qui s’est occupé du développement de Mafia III. Hélas, ce ne fut pas la plus grande des réussites avec un jeu dépassé graphiquement et techniquement. En optant pour le choix de l’open-world, Mafia III n’offrait clairement pas la meilleure expérience narrative, proposant des missions très répétitives et sans grand intérêt. Ce troisième jeu n’était pas une catastrophe absolue, mais il avait beaucoup trop de défauts, en plus d’une optimisation désastreuse avec énormément de bugs.
Neuf ans plus tard, le studio Hangar 13 a bien plus d’expérience et a disposé de plus de temps pour ce nouvel opus. Mafia The Old Country est un préquel de la saga, se déroulant au début des années 1900, bien avant les événements de Mafia The City Of Lost Heaven. Avec cet épisode, le studio américain opte pour un véritable retour aux sources, abandonnant le côté open-world pour un jeu très linéaire, narratif, qui nous plonge en Sicile, pour découvrir les origines des premières familles mafieuses.
Ces choix seront-ils payants ? Ce quatrième jeu Mafia parviendra-t-il à redorer le blason de la licence ? On fait le point tout de suite.
Mafia The Old Country : un retour aux origines qui fait du bien

Avec Mafia The Old Country, le studio Hangar 13 nous propose non pas un, mais bien deux retours aux sources. Le premier, c’est dans la construction du jeu. Oubliez l’open-world extrêmement mal conçu de Mafia III. Ce The Old Country nous propose un jeu très linéaire et narratif, où les chapitres du jeu s’enchaînent sans la moindre pause. Comme Mafia The City Of Lost Heaven (2002) et Mafia II (2010), nous sommes dans un titre avec une histoire bien construite où vous allez avoir le loisir de vous déplacer librement dans une grande MAP, mais cette dernière ne sert que de décor pour servir la narration.
Le second retour aux sources, c’est dans le contexte du jeu. Oubliez la fin des années 60. Mafia The Old Country se déroule au début des années 1900 dans la région de San Celeste, une ville fictive de la Sicile. Le jeu nous propose de découvrir les origines des premières familles mafieuses et des premières vendettas entre le Don Torrisi et d’autres familles mafieuses de la région.
Dans cet opus, nous contrôlons Enzo Favara, un jeune garçon qui a été laissé pour mort par son père et qui a dû grandir livré à lui même. Enzo travaille dans les mines non loin de San Celeste, avec un seul objectif en tête : fuir cette région pour partir en Amérique. Hélas, tout ne va pas se dérouler comme prévu et il va se retrouver à travailler pour le Don Torrisi, pour qui il va prêter allégeance et se donner corps et âme pour se montrer digne de faire partie de la famille.

Bien entendu, pour des raisons évidentes de spoils, nous n’en détaillerons pas plus sur l’histoire du jeu. Nous pouvons seulement dire que le scénario est plutôt solide, avec des premières heures de jeu assez calmes, qui posent le contexte et une montée en puissance au fil des chapitres assez intéressante. Mention spéciale aux quatre/cinq derniers chapitres qui sont vraiment bons.
Avec l’histoire de Mafia The Old Country, les équipes de Hangar 13 proposent une vision différente de la Mafia et surtout de l’évolution d’un jeune garçon qui rejoint le monde du crime organisé. Enzo va faire face à des situations et des rencontres qui vont le pousser à se questionner pour reprendre en main son destin.
La fin du jeu divisera. Certains trouveront les choix du studio cohérents et logiques, tandis que d’autres seront assez frustrés. De notre côté, nous avons plutôt apprécié les choix scénaristiques avec une fin ouverte qui laisse d’ores et déjà entrevoir une suite qui pourrait s’annoncer très prometteuse.

Avec l’abandon du côté open-world, pour se concentrer sur l’histoire, la narration et le récit, Mafia The Old Country propose une durée de vie semblable aux deux premiers opus. Comptez 12h en moyenne pour en venir à bout de la trame principale. Sachant qu’il fallait 15h pour le premier Mafia et 11h pour Mafia II. Si vous souhaitez faire les 100%, en récoltant tous les collectibles et en réalisant tous les trophées/succès du jeu, il faudra compter une bonne vingtaine d’heures de jeu.
L’avantage, c’est que Mafia The Old Country va à l’essentiel. Terminé les missions inutiles et terriblement ennuyeuses et redondantes de Mafia III. Chaque chapitre du titre nous propose une mission ambitieuse, très scénarisée avec parfois de belles mises en scène, et surtout avec de la variété. Course poursuite, filature, intrusion dans un opéra, assassinat, ou course de cheval, vous n’allez pas vous contenter de refaire toujours la même chose au fil de l’aventure. Bien que, souvent, l’issue finale est la même avec un affrontement face à une famille mafieuse adverse.
On regrettera tout de même les différents « combats de boss ». Ces derniers doivent tous s’effectuer au couteau. Sur le principe, c’est assez intéressant et les duels sont plutôt agréables. Le souci, c’est que cela arrive bien trop souvent au cours de l’aventure, rendant l’idée assez redondante et sans grand intérêt. Dommage.
Un gameplay classique qui ne révolutionne rien

La partie gameplay a toujours été le souci de la licence Mafia. Très classique, rigide, assez dépassé, les jeux de la licence de 2K Games n’ont jamais brillé par leur gameplay. Force est de constater que ce The Old Country n’échappe pas à la règle. Le gameplay est toujours rigide, il ne révolutionne rien et ne marquera pas votre esprit de joueur.
C’est loin d’être catastrophique et il y a tout de même du mieux par rapport aux trois premiers jeux. C’est essentiellement dans le déplacement et les mouvements du personnage que le titre est (très) limité. Au niveau des gunfights, il y a tout de même une nette amélioration, avec des séquences de tirs assez agréables une fois que vous prenez le coup de main.
Mafia The Old Country se déroulant entre 1900 et 1910, le titre vous proposera des séquences à cheval et en voiture. Là encore, la conduite des véhicules est plutôt correcte. Celle des chevaux n’est pas mal non plus, assez similaire à des titres comme Assassin’s Creed Shadow ou encore Ghost of Tsushima.
Une ambiance incroyable

Si la saga n’a jamais époustouflé les joueurs avec son gameplay, elle a toujours brillé grâce à son ambiance. Et, là encore, The Old Country ne se loupe pas, bien au contraire. En nous plongeant dans la Sicile des années 1900, Hangar 13 nous offre un cadre vraiment exceptionnel. Le jeu est disponible en VF intégrale (doublage compris), mais également en VO Sicilien, sous-titré en français. Et, clairement, cela nous permet d’avoir une très bonne immersion. C’est d’ailleurs la version que l’on vous recommande.
La carte de la région de San Celeste est très plaisante et nous donne envie de voyager pour découvrir cette île italienne (bien que les lieux soient largement inspirés de la Sicile, ils sont tous fictifs). Pour ceux qui souhaitent parcourir la carte, les équipes de Hangar 13 proposent un mode exploration, dans lequel vous pouvez vous balader librement et visiter l’immense terrain de jeu. Attention cependant, le jeu n’est pas pensé pour être un open-world, vous n’aurez donc aucune activité à faire, si ce n’est visiter les alentours.

Mention spéciale au casting et au charisme des personnages, aussi bien principaux que secondaires. Nous avons vraiment quelque chose de très qualitatif. Que ce soit Don Torrisi, Luca, Isabella ou encore Enzo, le doublage est réussi et le travail sur les personnages l’est tout autant. Un vrai plaisir.
La musique est malheureusement un peu en retrait. C’est dommage, car les quelques thèmes et sonorités qui sont proposés rajoutent un gros plus aux différentes scènes. On aurait apprécié en avoir un peu plus.
Graphiquement très joli, techniquement acceptable

Avec Mafia The Old Country, Hangar 13 a fait le choix de l’Unreal Engine 5 et ça se ressent. La direction artistique et les graphismes du jeu sont vraiment bons et nous plongent encore un peu plus dans l’ambiance de la Sicile. Au cours de votre aventure, vous en prendrez plein les yeux avec de sublimes panoramas, des montages, en passant par les villes avec de très belles structures, aux villages du bord de mer. Là encore, les décors sont assez diversifiés et la carte de San Celeste et sa région regorge de lieux très sympas à découvrir.
Techniquement, le jeu est plutôt solide sur PS5 standard en mode performance. Nous avons eu seulement deux ou trois moments avec une légère baisse de framerates et trois ou quatre cinématiques qui ont eu le droit à un peu de popping lors de leur lancement. Hormis cela, aucun bug, aucun crash, aucun souci d’objectifs qui ne se débloquent pas. C’est clairement le jour et la nuit par rapport à l’optimisation de Mafia III qui, neuf ans plus tard, malgré la sortie d’une Définitive Edition en 2020, reste toujours très buggué.

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