[Itinérance] Bouygues Telecom attaque Free et Orange

Business

Par Elodie le

Déjà échaudé par l’accord d’itinérance conclu entre l’opérateur historique et Free, Bouygues goûte peu sa prolongation décidée il y a peu. L’opérateur contre-attaque.

bouygues-attaque-free-orange-itinérance

Free et Orange sous pression

En mai dernier, après un premier coup de semonce porté en début d’année et stoppé par les négociations autour du mariage avorté entre Orange et Bouygues Télécom, l’ARCEP (le régulateur des télécoms) mettait la pression sur les opérateurs pour mettre fin à leurs différents contrats d’itinérance.

En ligne de mire ? Le contrat d’itinérance conclu entre Orange et Free dont l’échéance est prévue en 2020 pour le réseau 3G et 2022 pour le réseau 2G. SFR et Bouygues Télécoms ont également le leur. Le premier bénéficie de la 4G du second sur une partie du territoire grâce à un contrat d’itinérance et de mutualisation.

L’ARCEP plus souple que Bouygues Télécom

L’ARCEP faisait toutefois preuve de souplesse, bien consciente qu’un tel calendrier pouvait être difficile à respecter, sauf à priver les millions d’abonnés Free d’une couverture réseau suffisante.

En juin dernier pourtant, les deux opérateurs signaient un avenant à leur contrat d’itinérance actant le désengagement progressif de la filiale d’Iliad. Depuis septembre, les abonnés ont pu constater une première limitation des débits maximum en 3G en itinérance sur le réseau d’orange.

De 21 Mb/s en download et de 11,5 Mb/s en upload en itinérance, ces débits passent désormais à 5 Mb/s en réception et 448 kb/s en émission. Une nouvelle limitation aura lieu dès janvier 2017 et se poursuivra en 2018 jusqu’en 2020 avec 384 kb/s en download et en upload.

Cet avenant ne concerne que les abonnés Free utilisant le réseau 3G d’Orange en itinérance. Disposition acceptée par l’ARCEP… mais certainement pas par Bouygues Télécom qui s’est toujours senti lésé par cet accord, rapporte L’Express. La filiale du groupe de BTP attaque tous azimuts, aussi bien l’ARCEP pour abus de pouvoir, que les deux opérateurs pour « entente ».

Depuis 2012, Bouygues Télécom mène la lutte

Dès le mois de juillet, Bouygues Telecom a ainsi déposé deux recours devant le Conseil d’État. L’un visant le gendarme des télécoms qui « aurait dû demander de réduire la durée du contrat et de modifier les conditions d’extinctions de l’itinérance » indique L’Express. L’autre cible quant à lui les directives émises par l’ARCEP concernant le partage des réseaux mobiles.

L’autorité de la concurrence a été saisie fin juillet pour faire condamner Orange et Free pour entente et mettre immédiatement fin à leur contrat d’itinérance.

Ces attaques de Bouygues Télécom ne sont pas nouvelles. En 2012 déjà Bouygues Telecom décochait ses premières flèches, ou, plus récemment en 2015 : l’opérateur s’en était pris à l’ARCEP dans une lettre envoyée au Premier ministre Manuel Valls dans laquelle il estimait qu’« En s’abstenant illégalement d’encadrer cette itinérance nationale […], l’Arcep a permis le développement d’une situation concurrentielle gravement déséquilibrée au profit de Free Mobile et au détriment, principalement, de Bouygues Telecom. »

Source: Source